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22 avril 2007 7 22 /04 /avril /2007 01:38

Culture & EconomieLes enjeux des spécificités de l’action culturelle aujourd’hui ressentent l’urgence d'élargir cette l’analyse à l'ensemble

des institutions culturelles avec trois interrogations principales : quelle est la légitimité économique de l'intervention des institutions publiques et de l’Etat dans ce domaine, quelles sont les conséquences de l'intervention publique sur les modes de gestion des organismes subventionnés, quelles méthodes permettent de mener nécessairement, l'évaluation des projets culturels.

Lisibilité, pédagogie, prudence

Pour les non-économistes, qui s'intéressent aux politiques culturelles, existent trois entrées formelles d’analyse d’un projet à l’échelle d’une approche économique pertinente : sa lisibilité, son approche pédagogique et la prudence de sa conception et de sa mise en œuvre.

Lisible tout d'abord, en évitant tout écueil d’hermétisme et d’impénétrabilité. Pédagogique ensuite, en s’efforçant de concrétiser  les théories de la genèse créatrice des  l’œuvres artistiques mais aussi leurs limites et les critiques qui sont faites à ces mêmes oeuvre ou créations artistiques. Enfin, cet ensemble (ou offre)  doit d’être induit avec prudence car l’action culturelle ne doit pas s’exonérer des servitudes économiques et financières.

 

Limites et intérêt :

 

Ce triangle vertueux doit aboutir  à une réelle modestie et mesure. Sagesse aussi. Une réalité sans doute inévitable tant, dans le domaine culturel, l'analyse économique semble trouver vite ses limites dans la génération  de tout projet culturel.

L'Etat impulse des orientations : aide à la création, démocratisation culturelle, défense d'une culture nationale... Or ces enjeux  n’ont  pas nécessairement des justifications économiques. Quel est donc l’impact sur les conséquences des financements publics ?

La compréhension des modes de gestion des entreprises culturelles subventionnées ne se limite cependant pas à la seule analyse de la relation entre les institutions qui subventionnent  et les structures subventionnées.

L'absence de but lucratif influe sur les stratégies et les opportunités choisies indépendamment d'un éventuel financement public.

Enfin, en matière d'évaluation, il est utile de souligner  les limites de l'approche économique (analyse coûts/avantages et études d'impact) car  le secteur culturel  est un secteur complexe où les variables qualitatives et les effets intangibles ont beaucoup d'importance.

Cependant, les limites de l'approche économique ne doivent pas  masquer l'intérêt de leur analyse. Ainsi, cette approche,  inaccoutumé, peut nous aide à mieux comprendre ce que sont les effets d'encombrement, les valeurs d'existence ou les rendements inter-générationnels de l’offre culturelle d’aujourd’hui.

Le soutien à la création est de nos jours renouvelé sous les traits de prime à l'incertitude (et à la prise de risque) et de maintien de l'outil de production.

C’est de ce fait que les rapports entre l'économie et la culture se téléscopent et s'affrontent  notamment sur deux points : les relations entre l'offre et la demande et le déclin de la politique de démocratisation au bénéfice d'une politique de « mécénat ».

Sur le premier point, le cas de la création musicale et celui de l'art dramatique sont éclairants : dans l'un et l'autre cas, les financements publics ont accentué le divorce entre une offre qui n'est plus sanctionnée par la réponse du public et une demande jugée triviale par les créateurs.

Le théâtre subventionné bâtit son image sur les metteurs en scène, le théâtre privé sur les acteurs.

L’évolution, de la part de l'Etat, d'une politique de démocratisation vers une politique de subvention ou de mécénat s'éfforce de réconcilier l'économie et les beaux-arts, la culture savante et la culture ludique, au détriment peut-être des objectifs sociaux . Les résultats de cette politique de démocratisation culturelle paraissent aujourd’hui comme décevants car ils accroissent les effets pervers des financements publics. Une sorte de  « redistribution négative » en faveur des couches financièrement et culturellement les plus favorisées.

Des choix qui  ouvrent ainsi la porte à la fois à la réhabilitation des secteurs jusque là marginalisés et « illégitimes ». Des résolutions instaurant   une politique de mécénat à excessif qui ne  valorise que l'image (grands travaux, commandes publiques).

Comme quoi l'analyse économique peut mener fort loin, surtout lorsqu'elle fait l’impasse  de ses limites.

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