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16 septembre 2008 2 16 /09 /septembre /2008 16:35

Culture-et-Croissance.jpgLa croissance et la culture maintiennent depuis fort longtemps une proximité solidement liée, cette remarque ne date pas de nos jours. Elle n'est pas nouvelle.

Déjà dans le passé nulle civilisation, nul empire, nulle nation n’a pu se déployer d’une manière durable sans qu’une ample et profonde coopération ne contribue à un échange cohérent entre la politique des arts et de la culture.

Plus récemment l’Unesco a reconnu solennellement, depuis les années 70, l’aptitude que possède le développement de la culture pour chaque société.

Lors de la conférence de Stockholm de 1998, l’institution rappelle l’impact de : « l’intégration des politiques culturelles dans les stratégies de développement humain aux niveaux international et national ».

Quarante ans plus tôt, plus exactement en 1959, cette exigence avait trouvé sa concrétisation dans la création même du Ministère des Affaires Culturelles en France, dont le décret fondateur définissait l’axe principal de sa mission : « Rendre accessibles les œuvres capitales de l’humanité et d’abord de la France, au plus grand nombre possible de Français, assurer la plus vaste audience à notre patrimoine culturel et favoriser la création des œuvres de l’art français dans le libre dialogue des cultures du monde ».

 

Depuis André Malraux, les politiques culturelles se sont transposées,  en France, de la fonction d’animation au concept d’action culturelle et correspondent mieux désormais à la nécessité de développement qui aujourd’hui se veut durable.

Dans les années qui ont suivi l’Etat à été l’acteur unique de cette évolution.

La mise en œuvre de politiques volontaristes et stimulantes a autorisé l’organisation territoriale d’abondants réseaux d’équipements culturels. Cet élan a permis ainsi à diminuer les tergiversations abyssales existant en France par rapport à d’autres pays européens.

Cette politique a favorisé aussi la création et le maillage de réseaux vigoureux et épais comme ceux des bibliothèques, des écoles de musique, ou encore des lieux de diffusion artistique.

Conjointement la constitution de l’Union Européenne, même si elle ne se traduit pas distinctement par la proposition d’une politique culturelle européenne commune, a néanmoins légitimé la croissance de partenariats incontestables entre acteurs culturels locaux, notamment grâce à sa politique de cohésion économique et sociale.

Cependant force est de constater que, nonobstant l’existence parfois de ces synergies locales, le bilan du développement culturel en France subsiste mitigé.

En effet cette amplification et cette hétérogénéité de l’offre culturelle aujourd’hui, dissimulent la chétive progression des pratiques culturelles des Français, ce qui pose à nouveau la problématique relative à la sensibilisation culturelle et artistique dès le plus jeune âge.

A cela il convient d’ajouter l’accroissement, ordinairement mal planifié, du vertige ressenti par la progression des coûts de fonctionnement des équipements culturels.

Ces lieux publics sont souvent sous-exploités en raison de leur surdimensionnement par rapport aux besoins tangibles de la population locale.

Un autre problème d’envergure réside dans le fait que majoritairement cette politique est orientée par les élus sur la seule construction d’équipements culturels manquant cruellement de toute programmation homogène, cohérente et harmonieuse.

Des choix couramment utilisés à des seuls fins de visibilité politique, ce qui contribue à favorise principalement, les grands centres urbains où l’offre culturelle est déjà satisfaisante au préjudice de la majorité des territoires ruraux.

Encore de nos jours il existe en France trop de « jachères » culturelles et qu’aucun des abondants schémas directeurs existant - et qui ambitionnent pourtant  à pallier ces disparités - n’a pu malencontreusement rectifier.

C’est ainsi que maintenant la croissance culturelle repose dramatiquement, pour une bonne quotité, sur la opiniâtreté locale et peut se retrouver, dans ces conjonctures, fragilisée par l’absence de résolutions politiques cohérentes, par une carence d’engagements à long terme et, surtout, par les phénomènes et les aléas des balancements politiques.

Cette réalité se trouve identiquement épaissie par le fait que la culture se montre encore et toujours aujourd’hui comme étant négligeable pour le développement individuel et collectif, d’où un déficit de crédibilité qui maintient l’actuelle sous-représentation de décideurs culturels avertis dans les instances stratégiques et essentielles au développement du territoire.

La persévérance, la continuité et l’exigence des politiques déployées en matière de culture dans le territoire, sont cependant une nécessité  pour la réussite du développement.

Les collectivités territoriales doivent aujourd’hui se saisir efficacement de ces procédés afin d’assoir leur crédibilité et de pouvoir accéder, enfin, aux  résultats attendus en matière de développement.

Une nécessité d’autant plus pressante qu’elle est désormais spécifiquement garantie par les trois partenaires primordiaux et complémentaires du développement culturel en France : l’Etat, les collectivités locales, l’espace communautaire qui, à l'avenir, doivent se résoudre à admettre l’idée, au-delà de tout  clivage politique,  d’une complémentarité distinctement indiquée et non d’une compétition vainement stérile, voir politicienne,  trouvant essor dans des idéologies singulières et dépassées.

Une triple circulation qui, bien pilotée, doit accepter d’installer dans la durée le développement local dans un contexte désormais universel et qui ambitionne, en outre, une harmonisation et une simplification et une clarification des mécanismes et des règlementations portant sur le : contrôle, l’expertise et la continuité de l’Etat, la capacité d’initiative et de développement des collectivités territoriales, l’ouverture à la fois sur la ville et sur le monde ainsi que sur  la circulation accrue des œuvres et des idées portées par l’Europe.

Une volonté claire doit ainsi émerger afin de favoriser le franchissement des frontières des préjugés dogmatiques qui tant pénalisent, fragilisent et nuisent  aujourd’hui à l’expérimentation de nouveaux modes de gestion et de programmation du service public culturel dans notre pays.

Certes, soyons sincères,  cela générera  des coûts, mais il serait bon identiquement de rappeler à tous ceux qui s’effarouchent du montant de la culture, à combien s’élèverait celui de notre ignorance.

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commentaires

Gari 02/02/2009 14:14

Bonjour  Mauro , c'est en revenant  te lire que j'ai vu ta réponse  à mon 1er commentaire ici , tout d'abord merci pour avoir répondu ;Sinon , pour l'évolution de mes projets , ont vient de me refuser  une salle d'expo connue gérée  par un peintre ,cette salle salle  est  mise à disposition de son association , par  la ville de Metz , donc tu vois , parfois meme avec un dossier bien ficelé cela ne suffit pas , faut des connaissances , des pistons , j'en ais , mais je me refuse de passer  par là , en fait ce qui me gènedans sa réponse par courrier , c'est  ce " non"  tres comment dire , " froid " , s'il m'avait répondu qu'il gardait ma candidature  pour une expo en 2010 ,j'aurais compris ce "non" , enfin, bref je ne baisse pas les bras pour autant ,  j'ai peut etre une expode trois  mois consécutif  sur Luxembourg -ville dans le quartier des arts, à 20m de la gallerie Ceysson , et du musée  des  arts ancien et modernes ,ceci pour la fin du printemps si toute fois  ont ne m'oublie pas , je compte beaucoup sur cette expo , qui pourrait m'aider à avancer  et neutraliser mes doutes ;pour l'instant  j'ai quelques oeuvres dans des restaurants en dépot-vente et dans une petite gallerie du coin , et je continue à chercher ;Voila  tu voulais des nouvelles , et  je te remercies  pour ton interet .bien à toi  Gari 

Sisyphe 05/02/2009 08:53



Il est possible que la salle d’exposition municipale et animée par ce peintre, soit une salle cédée par ta municipalité en régie
« indirecte » à cette personne via (son) association.


Il serait davantage préférable de prendre attache directement soit avec les services culturels municipaux, soit directement
avec l’élu de la culture de ta ville et de leur présenter, de vive voix, ton propre projet « artistique » bien ficelé : descriptif, objectif(s), délais, public(s) concerné(s),
critère(s) d’évaluation et, bien sur, budget … équilibré (dépenses / recettes).


Je reste à ta disposition si tu souhaites en savoir plus sur la méthodologie distinctive de ton projet.


Tout (bon) artiste se doit d’être polyvalent et en capacité de bien « expliciter »  les voies de la
création artistique qu’il aborde.


Bon courage donc et, bien sur, tiens moi au courant, si tu le veux.



gari 12/11/2008 09:16

bonjour , bien joli  tout ca , en attendant moi je galère  meme pour trouver une salle d'expo  pour 2009  , et je suis pas le seul ....amicalement

Sisyphe 12/11/2008 10:05



Bonjour. Tout d’abord merci pour ta visite et ton petit commentaire. En ce qui concerne la problématique, très fréquente, de la relative difficulté pour un artiste plasticien de trouver des lieux
susceptibles d’accueillir et exposer ses travaux, as-tu pensé de contacter les services culturels de ta ville ainsi que ceux de ton département ?
Très fréquemment les municipalités favorisent, dans le cadre de leur programmation culturelle et missions de service public,  des manifestations avec des artistes locaux. Pense donc à te
mettre en liaison avec tes services municipaux de proximité. Ils pourront aussi t’aider à mieux repérer dans ta région, les meilleurs « circuits » pour exposer tes réalisations. Pour les
galeries plus en « vue » et notamment celles de la capitale, il est rare qu’elles accueillent des artistes faiblement référencés.
Pour se référencer il faut avoir une « cote » et pour avoir une cote il faut … exposer.
J’ai eu l’occasion de visiter ton portail. Je suis certain que, depuis ta région de domicile, tu ne manqueras pas d’intéresser, avec un dossier bien ficelé, les opérateurs locaux de la culture.
Tiens-moi au courant de l’évolution de tes projets.
A bientôt.