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25 septembre 2008 4 25 /09 /septembre /2008 10:55

echarpes_de_maire.jpgPour mieux appréhender l’ensemble des laborieuses, complexes et parfois même, tumultueuses relations qui subsistent fréquemment entre l’élu  et son directeur missionné du développement de la culture municipale, il semble utile de se pencher un peu sur quelques portées historiques qui caractérisent, depuis plus de deux cent ans, cette liaison.
Une problématique d’ailleurs qui, posée immédiatement après l’observation des nombreux changements révélés dans les équipes municipales, revêt une portée et une actualité indiscutablement primordiale.
Pour les bibliothèques, par exemple, la relation entre élu et le bibliothécaire, trouve son essor dans la Révolution de 1789.

En effet nos bibliothèques actuelles sont les héritières ainsi que les bénéficiaires des confiscations révolutionnaires, confiées alors à la charge des communes.
Jusqu’à des périodes récentes la plupart des communes dans notre pays n’attribuaient aux bibliothèques municipales qu’un budget négligeable pour ne pas dire dérisoire.
De nos jours heureusement la situation a évolué et les communes sont conscientes de l’intérêt de la culture dans leur territoire.
En y délégant un élu spécifique,  l’exécutif politique local à pris conscience de l’importance que la culture revêt dans le domaine du développement éducatif, artistique et culturels de ses  administrés.
Aux bibliothécaires aujourd’hui, comme aux responsables culturels, de savoir se faire entendre d’eux.

Comment autoriser le succès de la relation
entre élu et l'agent administratif.

Quels sont ou quels doivent-être les bons ingrédients indispensables au bon fonctionnement du couple : élu et administratif ?
Le fait d’inscrire la lecture publique,  dans un cadre d’action qui la dépasse (projets éducatifs et artistiques à l’échelle de la ville, par exemple) et de la faire participer dans d’autres domaines, d’autres dossiers que ceux qui sont traditionnellement les siens, peut permettre de mieux faire comprendre aux élus l’utilité et les enjeux de la lecture publique occasionne dans leur commune.
De même que la dimension humaine de la relation humaine entre élu et administratif, semble avoir également une importance capitale : la volonté de travailler et de bâtir ensemble des projets, le partage d’une vision commune sur ce qu’est et représente un service public, la valorisation du dialogue et de la concertation, en sont les éléments-clés de la réussite de ce rapport à deux.
Enfin, des facteurs relevant moins de la pensée que de l’intuition, comme le  feeling entre personnes, représentent des ingrédients non négligeables d’un bon fonctionnement.
On assiste un peu partout aujourd’hui à une volonté politique forte d’inscrire  la vie culturelle au cœur du renouvellement urbain des villes.
Cette priorité souhaitée également au niveau de l’Etat, a  dû convaincre, pour une bonne partie,  une large majorité d’élus qui encore semblaient incertains, voir méfiants, face à cette mutation.
Souvent un audit, un diagnostic, un état des lieux, ou une simple étude ordonnée par la commune et réalisée par un cabinet extérieur permet fréquemment à l’équipe municipale de découvrir l’état précis de l’action culturelle existante dans  la commune.
Il n’est pas rare que ces études permettent aux élus de découvrir aussi, dans la plupart des cas, qu’après les efforts enthousiastes initiés dans le passé (souvent dans dissemblables conditions de gestion politique du territoire) et que, bien que très performante à son lancement d’alors, le projet culturel en cours ait été un peu négligé par la suite.
C’est alors que l’offre culturelle se trouve confronté à un tournant dans les choix impulsés par l’élu.
Soit les élus délibèrent de renouer le dialogue avec l’équipe administrative culturelle en l’incitant notamment à leur faire prendre conscience de la nécessite de redonner un nouveau souffle à l’action culturelle locale existante. Soit, découragé, l’élu abandonne. Renonçant, faute de moyens ou d’hardiesse, de renouveler le développement culturel dans sa ville.
De renoncer d’inclure et de développer l’effort dans le domaine de : l’art, du théâtre, de la musique, de la danse, des arts plastiques et de la lecture publique dans des projets plus larges, plus transversaux  et davantage innovants.
La problématique liée au relationnel entre l’élu et son responsable culturel existe tout particulièrement dans des communes de petite ou de taille moyenne, où souvent un adjoint au maire chargé de la culture locale a eu l’occasion de s’investir  individuellement et en profondeur dans un projet « d’investissement » voué à la création d’un équipement : médiathèque, théâtre, centre culturel pluridisciplinaire, etc.
Comment ne pas percevoir ses craintes ou ses appréhensions au moment de recruter un professionnel chargé ultérieurement de la gestion de ce(s) même(s) équipement(s) culturel(s) ?
Comment ne pas concevoir aussi toute gêne - parfaitement compréhensible - ressentie par cet élu à laisser à « quelqu’un autre » le dossier qu’il avait instruit pendant longtemps ?
Question de confiance, certes, mais aussi de « feeling » qui, s’il ne passe pas entre l’élu et son responsable culturel, ne favorisera guère des relations fondées sur la concertation, l’écoute et les respect d’objectifs fixés ensemble. Cela requiert aussi, de part et d’autre, également beaucoup de  loyauté. Ce qui n’est pas fréquemment le cas.
Lorsque cette mésentente subsiste  les professionnels de la culture locale regrettent,  à leur tour, l’excès de discrétion, quand ce ne pas de l’indifférence, de leur élus  eu égard de l’action culturelle qui se pratique  dans la ville.
Dans ce fossé qui se creuse alors dans ce « couple », il n’est pas rare alors que l’élu, mis parfois mis à l’écart, est tenté de reprocher à son responsable culturel ou à son bibliothécaire, un manque de transparence dans les actions menées.
Une faiblesse aussi à « rendre de comptes ». Une circonspection excessivement mesurée dans sa capacité d’impulsion d’un élan authentiquement plus  innovant et consentant un plus ample essor, une majeure qualité, une diversification  ainsi qu’une  plus grande visibilité des contenus et de la gestion des  équipements culturels qui subsistent dans la ville. 
D’où l’importance de l’existence d’un réel et profond climat de confiance entre élu et administratif et de l’effort commun visant la complémentarité car, pour essayer de conjuguer leurs temporalités différentes, chacun doit être conscient de son exacte mission dans la ville.
L’élu doit donc se situer dans le cadre, temporel, de son mandat, alors que celui d’un projet  - culturel  - s’étend sur plusieurs mandats successifs.
Cette spécificité, si bien comprise et correctement assimilée par chaque partenaire, devrait favoriser la régularité et la qualité des échanges et des rencontres spécifiques de ces deux acteurs lorcaux.
Un cadre de travail parfaitement bien ordonnancé et dans lequel chacun, élu comme responsable culturel, ensemble,  doivent se montrer solidaires pour convaincre les autres élus de l’importance de la culture dans leur ville.
Pouvoir se rencontrer régulièrement et d’une manière structurée, doit permettre de mieux évoquer et résoudre leurs soucis respectifs, qu’ils soient d’ordre, administratif, politique, budgétaire, culturels, etc….
Pas facile en effet de prendre des bonnes décisions lorsque le rapport  entre l’élu et son cadre culturel semble s’entacher de  relations subordonnées par la défiance et par l’absence de tout contact et de tout dialogue constructif.
Ainsi, favoriser, de part et d’autre, l’émergence d’une relation, durable, assidue et  pragmatique va permettre de faire progresser chacun de ces deux partenaires incontournables de la culture locale, dans la recherche d’un juste milieu entre une application très stricte de la structure hiérarchique existante avec une adaptation permanente au contexte local.

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Published by Sisyphe - dans La Territoriale
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