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16 février 2009 1 16 /02 /février /2009 13:46

Equilibre.jpgOn a beau a être très impliqués dans la vie des collectivités territoriales et pour le développement de la culture dans le territoire, il en reste pas moins que la plupart d’entre nous ne parvient pas ou plus à prôner authentiquement un nouveau pacte éthique pour mieux travailler ensemble.

Les managers de la territoriale doivent-ils et peuvent-ils s’affranchir du libéralisme économique ambiant mis à l’index aujourd’hui comme le principal facteur responsable de(s) la/les crise(s) que nous traversons ?

Pourquoi nos repères traditionnels ne nous aident-il plus à résoudre les problèmes contemporains ?

Vaste interrogation.

Notre modèle rural et idéaliste ne fonctionne plus.

L’organisation sociale et la vie individuelle ont été profondément modifiées en 30-40 ans.

La révolution industrielle et technologique, les bouleversements des modes de consommation et de l’accès à la culture nous on fait basculer dans l’ère technico-économique.

La culture rurale qui sous-tendait une manière de vivre adossée collectivement à la nature à disparu. Le monde agricole est devenu un épiphénomène à la fois économique et culturel.

La rupture est radicale.

Quand on a plus de 40 ans, on a grandi avec des restes d’expérience rurale mais les moins de 25 ans, dans notre pays, n’ont absolument aucune idée de cet ancien monde.

En autre, nos repères intellectuels, philosophiques et éthiques, avec leur corollaire de grandes valeurs collectives, abstraites et romantiques (l’égalité, la fraternité et la démocratie), n’éclairent pas les problématiques très concrètes de notre époque que sont la dissolution du tissus social et l’absence de reconnaissance des individus.

Cette problématique existe crument et de manière de plus en plus aigue, notamment au sein  des banlieues de nos grandes agglomérations.

On à beau à  s’efforcer cependant de se poser sans cesse la question sur quelles bases la culture dans notre société doit-elle fonder son action et, si possible, sa réussite, nous ne parvenons pas vraiment à reconnaître la moindre empreinte d’une réponse plausible.

Il ne s’agit pas, pour la culture,  de refonder une espèce de modèle abstrait qui permettrait de donner des réponses toutes faites ou de s’enfermer à nouveau dans l’impasse idéaliste.

Il faudrait plutôt, me semble-t-il, d’accepter de regarder en face le choc frontal avec la jeune génération et renouer, ensuite,  le dialogue avec elle.

Notre crédibilité d’agents territoriaux auprès d’un jeune dépend directement de notre capacité à l’aborder dans une rencontre personnelle.

Or, nous avons grandi avec notre conscience comme juge et le projet collectif comme horizon.

Nous avons évité l’autre : l’individu.

Sa nécessaire prise en compte réclame une véritable révolution par rapport aux générations précédentes.

Nous devons accepter la dépendance des uns à l’égard des autres.

C’est en somme une sorte de ce que l’on pourrait appeler de la coresponsabilité, qui nous assigne des devoirs et des manières d’agir dont l’éthique est très différente de celle qui reposait jadis sur les interdits moraux, la valorisation du travail, de la famille et de la patrie.

Or, seule la culture, et conjointement l’éducation, sont en mesure de créer des appontements dans les réponses exigibles aux  crises que notre société franchit aujourd'hui.

En quoi donc le libéralisme économique serait-il contraire aux références culturelles véhiculant une éthique ?

Bien sur il ne s’agit pas ici de remettre en cause la capacité de l’homme de créer, d’entreprendre, d’enrichir la collectivité, mais la déformation qui constitue la recherche excessive de l’avoir et du pouvoir.

L’économie était devenue, juste avant l'effondrement de la communauté spéculative financière, un système collectif de contraintes perverses qui n’était plus ou très peu, au service des individus et que soudainement, par la suite, plus personne aujourd’hui ne maîtrise à l’échelle de la planète.

Pour avoir amendé, ou tacitement souscrit cette anti-éthique, nous assistons aujourd’hui à des dégâts sociaux considérables.

Dans cette crise donc, ou dans ces crises, que pèse-t-elle donc la culture et ses modèles ?

Comment développer, dans un projet culturel, de l’intention commune qui puisse faire sens pour chacun ?

Dans tous les sédiments collectifs qui caractérisent notre société : école, entreprise, services et institutions publics, …. il faut reconnaitre qu’il est parfois très difficile de faire, qualitativement, de l’humain.

Dans un monde économique violent et face à des individus consommateurs qui ne sont pas toujours eux-mêmes enclins à la solidarité et à l’écoute de l’autre, avouons qu’il n’est pas toujours facile de produire des efforts pour « gagner ensemble ».

En entreprise par exemple, un constructeur automobile n’augmente pas ses cadences de production pour que ses salariés travaillent mieux, mais pour accroître sa rentabilité et satisfaire le consommateur qui veut sous quinze jours son véhicule et ses gadgets.

Malgré la dureté de la réalité, une entreprise – et encore plus à juste titre  une entreprise culturelle – peut essayer de créer de la richesse de la manière la plus éthique possible.

Eviter le dégât social, c’est déjà pas si mal.

Les entreprises et les organisations artistiques et culturelles, au-delà des finalités qui leur sont propres, sont aussi des organisations, des acteurs économiques.

A ce titre elles peuvent offrir une voie, même minime, de management éthique dans un monde qui en manque cruellement.

Une empreinte représentative de valeurs nouvelles pour un modèle de société nouvelle.

Une conduite sociétale prônant le contrôle et la déontologie qui ne soient pas ou plus des freins ni à l’innovation, ni à l’espérance. Une autre manière d’avancer ensemble de manière transparente et généreuse.

Une éthique nouvelle empruntée aux contenus même de la culture et des ses bienfaits.

Capable de redonner du sens au travail par un projet collectif incluant une immense dimension d’utilité sociale pour tout chacun.

Après tout, que ne sont-il  donc pas la culture, l’art, le savoir, la connaissance, la conscience,  le talent, autre que tout ça ?
Autre que pur désir de rénouveau ?

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Published by Sisyphe - dans Ethique
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