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17 mars 2009 2 17 /03 /mars /2009 13:22

Projet-culturel-kezako.jpgVoici bientôt un an, presque jour pour jour, que les nouvelles équipes municipales se sont installées, le temps d’une mandature,  dans les dossiers attendus au sein de chaque territoire distinctif.

Ces nouvelles équipes ont pu avoir fait l’objet d’un complet remaniement à la faveur d’un changement politique instigué par la voie des urnes, ou alors avoir été peut-être remaniées afin de garantir localement  une vitalité supérieure.

Depuis mars 2008, des nombreux dossiers semblent, par ci ou par là,  avoir fait l’objet d’une impérieuse priorité. Et pour cause.

Des infinies inquiétudes alimentées, entre autre,  par la crise économique que le pays traverse en ce moment, sont venues occuper les devants de la scène politique locale : développement économique, environnement, finances, santé, scolaire, éducation, prévention locale, sécurité, urbanisme, logement, aménagement dans le cadre du périmètre ANRU, transports, emploi et insertion professionnelle, ….

La culture aussi semble à son tour faire également l’objet aujourd'hui d’une certaine volonté affichée par les élus d’y apporter, enfin,  une certaine attention.

Tout chacun est désormais convaincu à quel point la culture participe et favorise l’épanouissement de la cohésion sociale au niveau de tout un territoire.

Il était enfin temps, pour ceux qui ne l’auraient pas encore fait, d’indiquer d’une manière tangible les nouvelles priorités et les nouveaux pourtours - contenus et moyens - de sa mise en œuvre.

Reste qu'avec parfois une bonne année de retard à l’allumage, bon nombre d'élus semblent désormais pressés (sic !) par la nécessité d’inclure,  dans ces vastes « chantiers » déclenchés un peu partout et qui visent l’aménagement de leur territoire, aussi un "volet"  culturel ... de qualité.

A la bonne heure ...
Gare cependant, à ces tardifs,  de ne pas confondre : vitesse avec  précipitation.

Les élus, mais aussi les directions culturelles,  doivent faire preuve d’une grande vigilance pour ne pas réduire le projet culturel au seul projet artistique d’une personne ou d’une administration spécifique,  mais bien au contraire de s’efforcer de tenir compte dans l’élaboration du  projet culturel, de toute la spécificité de l’environnement et de l’ensemble des « acteurs » locaux y compris associatifs.   
Pour chaque direction culturelle voici venu le temps d’élaborer, si ce n’est pas déjà fait, à l’intention de chaque service concerné : bibliothèques, théâtre, conservatoire, cinéma, musée, école d’art plastiques et autres maisons de quartier, un schéma directeur relatif à l’élaboration d’un projet culturel et à la démarche matérielle pour y parvenir.

Ce schéma appellerait à la création d’une synthèse des éléments qualitatifs et quantitatifs, des facteurs internes et externes qui caractérisent explicitement  chaque service, ou chaque structure.

Pour ainsi dire,  un  schéma directeur satisfaisant, se devrait d’être renseigné par chaque service culturel. Il devait aussi pouvoir clairement définir la vocation de l’ensemble du projet de chaque équipement culturel en même temps qu’il désigne les éléments d’étude et de réflexion pour que cette mission puisse se mettre en place.

Un document qui saurait également inclure l’identification des marges d’ajustement aux mouvances des environnements internes et externes, comme par exemple les projets des autres directions impactant localement  les services à la population, ou alors l’application des nouvelles lois.

A chaque service de mettre en œuvre cette grille de réflexion pour déterminer son propre projet qui rechercherait aussi une harmonie incontestable, avec les exhortations des élus en matière de politique culturelle locale.

Car si cela paraît comme une évidence, cela ne va pas toujours de soi, singulièrement en ce qui concerne notamment le dialogue et la concertation avec les élus.

Les contributions des responsables de chaque service culturel  doivent participer a alimenter  le projet culturel global de chaque ville.

Celui-ci, ne devra plus seulement être défini par des cibles déterminées « ailleurs », mais intégrer une analyse de la demande qui contraint les objectifs volontaristes à s’ajuster et à intégrer un maximum de variables.

Ces propositions, ces réflexions et ces analyses devraient en conséquence être présentées pour que chaque structure culturelle participe à la construction  de son propre projet spécifique.

Les directions de la culture pourront  placer ensuite chaque schéma d’équipement à son véritable niveau qui n’est ni l’équivalent d’une programmation d’une salle de spectacle, ni le simple reflet de la collection patrimoniales du fonds que la bibliothèque, ou le musée, par exemple, vont présenter.

Le projet culturel de chaque équipement est beaucoup plus.

C’est la vocation, l’évolution de son action auprès  de ses publics, son rôle dans la ville et dans la région, sa place sur la scène locale, ou nationale … voir internationale …

Ainsi le projet doit permettre à chaque équipement de s’ouvrir davantage vers l’extérieur en s’organisant principalement autour de quatre pôles : l’activité principale (enseignement des disciplines artistiques, collections, programmations de spectacles et des animations, etc.) ; les publics (pour qui) ; les lieux (gestion, accessibilité, fonctionnement, organisation, sécurité, …) ; et enfin : les professions et les métiers qui caractérisent chaque activité distinctive …

Tout à tour, chacun de ces pôles doit faire l’objet d’une grille d’interrogation à résoudre spécifiquement et au sein d’un « agenda » donné.  

De la synthèse des réponses spécifiques à chacun de ces points, apparaîtra le projet culturel de chaque établissement qui éclaircira, in fine,  le projet général de la culture locale.

L’intérêt d’une telle formulation en « mode projet » réside  dans la conséquence de ne plus déterminer le projet culturel par celui de la seule direction artistique en particulier.

Celui-ci, tout en restant un élément dominant doit, avant de se fixer et de se diffuser, se confronter à l’histoire des lieux, aux motivations des publics et à celles des personnels.

Il requiert donc un effort vers la connaissance des uns et des autres,  tout comme il demande un effort permanent de chaque équipe, puisque chaque « pôle » interne est fait de mouvances.

C’est ainsi que le projet peut être défini comme « culturel » dans tous les sens du terme car, non seulement il définit clairement l’axe d’action de la direction culturelle, mais il tient compte aussi de tous les éléments de l’environnement qui la compose.

Au delà de cette hypothèse, le projet culturel doit également accepter aussi de redéfinir le profil et le rôle de chaque responsable, de chaque « acteur » - y compris de l’élu - et de chaque structure artistique et culturelle locale.

Le créateur artistique, nommé à la tête d’un établissement culturel, souvent sur la base de son propre projet artistique (c’est le cas dans les établissements publics de spectacle vivant), ne peut ni ne doit désormais de se contenter de rester exclusivement un  créateur artistique.

Ce qui revient à dire que la personnalité désignée pour la gestion d’un lieu culturel doit aujourd’hui passer du rôle de créateur artistique à celui de « responsable ».

La nuance est de taille.

Il n’est ni plus, ni moins qu’un créateur et gestionnaire à la fois.  Il devient différent en se distanciant de son propre et de son seul projet artistique pour le réexaminer, à tout moment, à la lumière des réalités sociales locales. L’aptitude à évaluer une action, toute action,  est à ce prix.

La mission de l’évaluation  est d’accomplir un va-et-vient fréquent et lucide entre le créateur, auteur d’un projet artistique et le responsable qui évalue sa propre création à la lumière des réactions externes et d’autrui c'est-à-dire : celle de la demande (public), celle de l’historique de l’établissement et du « code de valeurs » qu’il a pu générer, celle spécifique d’un personnel (équipes) qui contribue à la mise en place et à l’animation du projet.

Le capacité des équipes culturelles d’établir et d’évaluer  qualitativement, ne résulte plus seulement de la seule orientation définie par des objectifs allogènes, mais désormais aussi par les attentes des missions concrètement identifiées au sein  d’une même « institution ».

Ainsi il ne serait pas tout à fait défendu d’accomplir l’émergence d’un cinquième « pole »  qui se définirait intrinsèquement et en filigrane au cœur même de tout  projet comme une valeur déontologique identitaire  propre à chaque  collectivité de travail et à chaque agent qui la compose  comme, aussi, de l’équipement qui les abrite.

Des équipes et des lieux en somme, qui ont aussi leur dynamique propre et qui parviendraient avec succès à s’exprimer au cœur même du projet culturel prôné localement, grâce à leur histoire, à leur territoire et à leurs valeurs éthiques communes.

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