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6 avril 2009 1 06 /04 /avril /2009 15:16

Agenda-21-Culture.jpgAvec l’arrivée de la belle saison, l’animation culturelle dans l’ensemble du pays va pouvoir, enfin, se faire la malle.

Sortir, en quelque sorte, des lieux conventionnels qui abritent, d’ordinaire, les manifestations : théâtres, salles de concerts, bibliothèques, conservatoires, cinémas, etc., 

Sortir « hors les murs » signifie aussi  de repenser une autre manière  d’aller à la rencontre d’un plus vaste public et renforcer la volonté de mieux se déployer  sur un plus large territoire en bénéficiant ainsi d’une meilleure visibilité auprès d’usagers qui habituellement ne fréquentent pas les lieux institutionnels vecteurs et diffuseurs de l’offre culturelle.

Et si cette nouvelle saison culturelle : printemps – été, se déroulait dans une démarche de développement durable ?

Sortir signifie aussi s’ouvrir.

Rechercher une autre forme de dialogue, d’échange, de rendez-vous, de débat, de rencontre avec le public.

Le toucher de plus pré : l’impliquer.   

C’est, pour faire bref, tout l’esprit intrinsèque de la démarche : Agenda 21.

Comment cependant aujourd’hui un programmateur d’événements culturels sait  s’engager, définir et réussir son projet culturel dans le cadre spécifique de l’Agenda 21 ?

Comment régenter chaque action culturelle dans ce cadre à la fois ambitieux et exigeant ?

Mais c’est quoi au juste, rapporté à la culture,   l'Agenda 21 ?

Il est utile de rappeler que l’Agenda 21 est, à l’origine,  un programme d'actions pour le XXIe siècle et  énoncé en 1992 lors du Sommet International de la Terre sur l'environnement à Rio afin de s'engager dans un processus de développement durable.

Dix sept ans déjà ….

Durable, ça veut dire : ensemble

 

Si à sa genèse ce programme ne visait pas vraiment le milieu culturel, avec le temps chacun des acteurs concernés : collectivités territoriales, élus, responsables culturels, associations, entreprises culturelles ont pu progressivement et avec patience, essayer une application spécifique au champ culturel.

De nos jours nombreux sont celles et ceux qui  s’efforcer de définir une application claire et concrète permettant aux choix culturels de s'engager au sein d’un Agenda 21 spécifique et reflétant l’identité d’un territoire qui serait soucieux d'inscrire, enfin, concrètement et fermement, l’offre culturelle,  dans une démarche de développement durable.

Pour permettre cela, il est important que cette notion de durabilité puisse se définir à l'intersection des problématiques indubitablement culturelles, mais également : écologiques, économiques et sociales.

Lorsque ces principes généraux parviennent à être clairement définis, ils savent ultérieurement faire localement l’objet d’une adaptation spécifique à la fois  politique  et technique.

Ils autorisent ainsi  la production de chaque manifestation culturelle distincte, dans un contexte philosophique et au sein d’un cadre d’orientation culturel bien défini.

Mais comment ?

Pour ce faire il n’est pas inutile  de se pencher sur les nouvelles problématiques posées par l’émergence de nouveaux modes de production si spécifiques aux manifestations culturelles (festivalières ou pas),  confrontées  de plus en plus aujourd’hui aux mutations, par exemple, du spectacle vivant.

Comment ne pas être conscient, soit en qualité d’élu local, soit en qualité de programmateur, de l’extrême fragilité de chaque projet culturel ?

Comment feindre l’indifférence face aux  nombreuses entraves résultant de la réalité qui nous obligent de batailler contre les difficultés croissantes qui se heurtent de plein fouet avec le secteur culturel et dans lequel les budgets de production sont de plus en plus érodés  par des charges de gestion de chaque lieu  (intra muros ou hors les murs), de plus en plus importantes au détriment du domaine artistique ?

Les missions artistiques et culturelles de chaque manifestation semblent aujourd’hui, un peu partout,  menacées par l'accroissement de ces nouvelles gênes financières, notamment en matière de sécurité, de gestion des publics, de l’évolution, et donc de l’application, des nouvelles  réglementations…

Prenons l’exemple de la plupart des festivals de musique, grands ou petits, et qui animent, un peu partout en France, les saisons culturelles d’été.

Les changements du secteur qui se sont produits ces dernières années mais surtout la chute du marché du disque ont entraîné des impacts lourds de conséquences  dans le spectacle vivant, notamment  par le déséquilibre constaté du budget de charges et provocant une hausse exponentielle des coûts (contrats) de certains artistes (vedettes ?),  cherchant à combler cette baisse des recettes des royalties,  par l'augmentation de leurs cachets.

C’est ainsi que paradoxalement, alors que la part consacrée à l'artistique dans les budgets des festivals se réduit, on assiste à une véritable surenchère au niveau des ces « têtes d'affiches »  avec un effet inflationniste impactant instantanément les cachets de ce type d'artistes.

On est de ce fait mesurés à une absurdité économique qui requiert, dans la plupart des cas,  d’atteindre un taux de remplissage avoisinant le 100% de la jauge disponible, pour espérer d’atteindre un improbable budget équilibré, car il est devenu désormais impossible de répercuter l’ensemble de ces surcoûts  sur les seuls prix des entrées, alors que les  subventions publiques stagnent.

Cela a comme effet de faire peser sur des nombreuses petites/moyennes manifestations locales, souffrant malheureusement d’une trop chétive notoriété, des sérieuses menaces qui mettent à mal leur pérennité.

De plus, le monde du spectacle vivant est désormais en concurrence avec d'autres activités "culturelles" de divertissement qui induisent de profondes mutations sur les conditions d'exercice du métier : attitude consumériste, industrialisation, dépréciation des propositions du spectacle vivant, surenchère à l'événementiel, développement du numérique et qui va générer à terme,  de nouveaux rapports à la pratique et à la consommation musicale.

Il semble décidément nécessaire ainsi de réfléchir en profondeur aux moyens de sortir de cette impasse pour assurer à chaque festival et à chaque manifestation culturelle, un développement authentiquement durable et de qualité.

Comment donc, dans ce contexte extrêmement dégradé, l’Agenda 21 pour la culture peut-il offrir une solution acceptable permettant distinctivement  aussi bien le déploiement solidaire des moyens tout en assurant également un développement durable distinctif à chaque manifestation  culturelle ?

Est-il possible de réaliser, pourquoi pas, grâce à l’élaboration d’une Charte, un véritable développement durable qui consentirait  la pérennisation des contenus culturels, dans l’élaboration et la  mise en œuvre de chaque action ?

Un peu partout en France aujourd’hui, des premières démarches ont déjà été entreprises dans le champ écologique à travers notamment, des actions environnementales.

Un constat à partager communément s’impose donc à nous : le spectacle vivant est imprégné de dynamiques qui impactent notre environnement.

Cela aujourd’hui, personne ne saura le contester.

De même que, tout aussi tangiblement, subsistent encore des problèmes de gestion des sites qui  demandent un positionnement clair pour chaque acteur culturel concerné et qui dépasse largement  la simple dimension écologique.

Pour s’assurer du succès, toute manifestation culturelle se déroulant sur des « sites », doit de « s’ouvrir » davantage aux  publics, aux  artistes, à un territoire et  à un environnement au sens large.

Cette démarche « d’ouverture » exige l'affirmation indéniable de valeurs et de finalités partagées. 

Une conception de l'action artistique et culturelle où l'être humain et son environnement seraient définies comme préoccupations centrales, indépendamment  du  respect de la liberté des formats, de la diversité culturelle et de la pluralité artistique.

Cela nécessite ainsi une vision globale des actions, des projets et de l'environnement où chaque projet culturel a lieu.

Cela doit  impliquer aussi la maîtrise globale de tout projet. Un projet qui doit faciliter le changement du regard que l’on porte sur les contenus proposés et sur le monde qui nous entoure.

De plus en plus d’acteurs culturels, de responsables politiques et administratifs éprouvent maintenant la nécessité de se rencontrer le plus largement possible afin d’échanger leurs propres expériences et mutualiser leurs efforts.

Une volonté commune et largement partagée qui  illustre bien les changements qui sont en cours dans notre profession.

Cela doit nous pousser à mieux réfléchir conjointement  afin de trouver des moyens de réagir, de partager nos connaissances, de mutualiser nos expériences et de savoir faire face ensemble aux obstacles nouveaux.

Ca aussi c’est l’un des nombreux progrès que l’Agenda 21 sait proposer en termes de méthodologie de changement à toutes celles et à tous ceux d’entre nous désireux de l’expérimenter.

Une manière nouvelle pour chacun des acteurs culturels d’œuvrer et prôner efficacement  pour l’ouverture des mentalités, de rompre les clivages et les « limites » qui entravent, encore et si fort, notre action. 

De rechercher ensemble une volonté de plus en plus affichée de prospecter des solutions pratiques et concrètes ajustées aux problématiques actuelles et auxquelles notre société se heurte aujourd’hui. 

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