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7 avril 2009 2 07 /04 /avril /2009 15:21

culture-durable- Agenda 3.jpgSi d’une manière générale, le secteur culturel est globalement sensible à la notion d’économie sociale et solidaire, rapprocher  réellement  la culture à ces enjeux, cela ne va pas toujours de soi.

Qu’il s’agisse d’une manifestation valorisant un site historique, ou encore de faire appel à des fournisseurs locaux, ou de rassembler autour l’événement des acteurs culturels du territoire, ou de contribuer authentiquement au développement social, économique et culturel  local, cela demande une certaine créativité et une bonne dose d’opiniâtreté.

Lors, par exemple, d’une manifestation de type festival  de spectacle vivant (se déroulant en plein air ou pas), le ramassage des déchets demeure relativement difficile pendant ce type de manifestation.

Comment gérer efficacement l’environnement dans le cadre de l’Agenda 21 lorsque par exemple une manifestation se déroule sur un site protégé.

Malgré les difficultés, cela présente l’occasion pour la commune qui promeut l’événement de travailler, bien en amont,  avec l’ensemble des partenaires : institutions publiques et entreprises privées : campings, hôtels, services techniques,  entreprises de ramassages des déchets, etc.

Il n’est pas exclu d’envisager, par exemple, des  manifestations additionnelles et à caractère ludique qui puissent souligner, tout en le centralisant, l’importance du tri sélectif de ces déchets.

Organiser des concours de la plus grande « montagne » de canettes, de bouteilles en plastiques, d’emballages recyclables divers, va pouvoir mobiliser la participation active des festivaliers, jeunes et adultes.

En complément à des informations permanentes sur le tri, comme la mise en place des stands spécifiques, le « recrutement »  de volontaires durant toute la durée de l’événement et diffusant des informations pertinentes sur la problématique du recyclage des déchets,   peut se révéler efficace afin d’intervenir auprès du public et à l’informer correctement sur les questions liées à l’environnement.

Des cendriers de poche peuvent également être distribués afin d’éviter la dispersion sauvage de mégots. Cela présente l’avantage, surtout pour les régions méridionales qui souffrent, surtout en période estivale,  de trop faibles précipitations, de prévenir tout risque éventuel d’incendie des zones boisées environnantes.

Quant à la présence de commerçants ambulants, ils peuvent également être inclus efficacement dans le projet global, à condition cependant que leur participation, à la marge de l’événement culturel, puisse faire l’objet d’un stricte cahier des charges définissant avec précision leur coopération, qui clarifie leur démarche et leur indispensable contribution environnementale au projet.

 

Vivre concrètement  l’économie sociale et solidaire

 

L’idée qui consisterait à généraliser dans l’ensemble du site concerné l’installation de fontaines d’eau gracieusement mises à disposition des festivaliers, pourrait  favoriser une prévoyance substantielle concernant bon nombre de bouteilles d’eau et donc des déchets, générés par ces récipients en plastique usagés.

Une manière assez concrète d’établir des actions stimulantes et économiques permettant de réduire l’impact polluant et de recommander l’adoption de comportements responsables et qui permettraient, à l’ensemble des publics,  de faiblement impacter l’environnement.

Egalement des efforts pourront être portés en direction de la récupération de gobelets usagés vers les bars, buvettes, points de collecte, etc.

Par exemple, en demandant aux publics, de les rapporter dans des endroits spécifiques de collecte en échange, en echange de petites « récompenses », comme les porte-pass, des compilations musicales, des tickets « boisson » free, (non alcoolisées si l’on souhaite) … etc.

Bien sur, le tri des déchets ne fait pas tout. Un important volet pourrait être consacré à l’économie des énergies.

Ici les comportements responsables devront être non seulement adaptés aux enjeux énergétiques mais également capables d’évaluer les efforts produits dans ce sens.

Nombre de tonnes de déchets ayant été produits, pourcentage relatif au recyclage, les kW's  nécessaires aux manifestations et les volumes énergétiques économisés ….

Adhérer à des labels de type : Green’N Clean, décerné par l’association : Yourope (association des festivals européens), pourrait être un premier pas vers l’adoption de mesures responsables dans le cadre, par exemple, d’une activité festivalière.

Ces normes, ou plutôt ces labels environnementaux, permettent de guider et de crédibiliser les organisateurs des manifestations culturelles en matière de prévention et de protection des sites naturels et de les prémunir contre les fausses bonnes idées…

Pour prétendre au  label en objet, les organisateurs doivent répondre à un questionnaire qui correspond à la notation de ses actions renouvelées annuellement.

Un dispositif peut-être un brin contraignant et qui s’adresse plutôt à des dispositifs événementiels – ou festivals – d’envergure.

Plus proche de nous, l’Ademe travaille actuellement sur une charte « éco-festival » ayant vocation à être étendue le plus largement possible à l’encontre de la plupart des manifestations, grandes ou petites, qui rassemblent un public, plus ou moins important, sur un site donné.

Pour revenir à la consommation d’énergie, il est très important aussi de bien sensibiliser les équipes techniques : permanents ou intermittents, pour qu’ils  produisent un authentique effort pour diminuer la consommation énergétique partout où cela est possible.

De plus en plus les collectivités pensent aujourd’hui à se doter d’un parc photovoltaïque additionnel aux dispositifs classiques d’alimentation électrique.

Certes cela présente des difficultés de stockage de l’électricité, mais les économies semblent récompenser ces investissements, par ailleurs, aidés.

Faire appel à des techniciens spécialisés à ce type de problématique peut se révéler intéressant, notamment pour réduire considérablement les couts liés à la consommation en énergie nécessaire aux besoins pantagruéliques d’un éclairage en mode spectacle et indispensable à chaque événement distinct.

Les services techniques de la commune peuvent se joindre au  travail de la direction de la culture autour la réalisation d’un bilan prévisionnel et définissant avec précisions les économies d’énergie ambitionnées.

Cela nécessite l’intégration dans le projet de gens extrêmement compétents et qui maîtrisant réellement les différents paramètres techniques et économiques liés à l’enjeu.

Ainsi, l’organisation d’une manifestation culturelle placée sous l’égide de l’Agenda 21, comprend d’avoir une vision globale de la chaîne des flux, des déchets et des énergies nécessaires à la réussite de toute manifestation.

Cela doit mobiliser tous les membres de la collectivité et nécessite une réflexion globale afin de comprendre l’ensemble des processus.

Analyser en somme chaque service rendu et l’impact de ses conséquences, via une compréhension et une anticipation complète de chaque  enjeu environnemental  spécifique.

Il est important de prôner le décloisonnement de chaque service partenaire de l’opération et de tout mettre en œuvre pour que les uns soient au service des autres.

En somme, qu’il s’agisse d’accroître  la réduction des gaspillages,  comme de la collecte des déchets, ou alors de favoriser la production d’éco électricité, ou encore de favoriser la prévention sanitaire et la diffusion du commerce équitable,  cela appelle aujourd’hui à un partenariat avec  toute une nouvelle gamme de nouveaux métiers.

Des nouvelles écoles des métiers liés à l’environnement  forment aujourd’hui de plus en plus de techniciens sensibilisés à la fois au développement durable qu’à l’offre culturelle.

Ce seront ces nouveaux profils qui demain apporteront un bonus additionnel aux organisateurs culturels soucieux du territoire et de sa défense.

Indiscutablement  tout cela se révélera indispensable, même en moindre manière,  à la protection et à la préservation de notre Planète pour les générations futures.

Une authentique révolution culturelle est en marche.

Cela voit maintenant un repositionnement fort de l’intervention de l’autorité publique.

Les instances de tutelle interpellent avec force aujourd’hui chaque collectivité sur la nécessité d’adopter une vision globale en matière d’environnement.

Cela doit conduire les élus  à une prise de conscience singulièrement transversale de cette problématique environnementale.

Une problématique qui doit également nous alerter et nous sensibiliser quant à l’ensemble des enjeux qui en résultent et qui façonneront, à jamais, les individus évoluant dans la société qui sera, demain, la notre.

Cela doit nous autoriser d’ailleurs  à nous poser les véritables questions relatives à la gestion  de ces nouveaux modes de production et de diffusion de l’offre culturelle à venir.

Anticiper et maîtriser efficacement  la chaîne de l’ensemble de ces nouvelles pratiques responsables, signifie aussi de sortir de l’impasse économique et sociale dans laquelle se trouve non seulement l’offre culturelle aujourd’hui, mais l’ensemble de notre société, confrontée, d’une manière si aigüe, à une forte crise identitaire et éthique.

Une prise de conscience  qui doit également permettre à chaque responsable culturel, comme  à chaque élu chargé de la mise en œuvre d’un projet culturel, de réfléchir en profondeur  à toute mesure indispensable utile  au développement d'un territoire donné. Des mesures exigibles en matière de croissance durable pour la culture ainsi que pour le social. 

Sur les formations professionnelles qui vont dans ce sens et sur la conduite responsable que les  publics doivent désormais savoir exprimer.

Les élus disposent dans ce riche contexte d’innovation de leur pensée politique, un certain nombre de leviers qui peuvent authentiquement stimuler la transformation  de leurs choix politiques en matière de culture.

L’Agenda 21 permet  de réunir ensemble et autour d'une même problématique, ces  responsables politiques et ces techniciens "citoyens".

De favoriser aussi le dialogue autour les nombreuses initiatives créatives existantes et qui ambitionnent une démarche plus transversale, plus collective, plus plurielle.

En en mot : plus responsable.

Une manière aussi de « réoxygéner », par une  pensée politique  innovante, tout projet culturel novateur et responsable en devenir.

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