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6 octobre 2009 2 06 /10 /octobre /2009 12:09

Certification Culture.jpgEn cette période de crise aigue où la plupart de nos concitoyens « tirent la langue », il n’est plus possible de continuer à gérer la culture en amateurs, c'est-à-dire sans s’occuper de la bonne gestion et des bonnes pratiques.
Egalement, en cette période de l’année où nos services élaborent besogneusement les premières esquisses de leur budget primitif, il paraît urgent d’améliorer les pratiques en matière de gestion.

Bien gérer les deniers publics signifie encore comprendre que chacun de nos actes a un coût et que les finances, qui aujourd’hui leurs sont consacrées, à différence du passé, ne sont pas infinies.

Ce n’est pas traiter les préstations aux usagers avec une logique « financière » que de vouloir leur donner des services exemptes de qualité car au meilleur prix.
Un budget dépassé signifie "un usager" non satisfait.

Cette équation est d’autant plus irrecevable lorsque ce budget est dépassé parce que nous avons « mal » dépensé pour un autre usager, c'est à dire pour une autre prestation, pour un autre service …

C’est injuste pour l’usager que nous avons laissé sur le bas-coté.

Botter en touche et compter sur les providentielles DM ou autres BS d’automne – qui sont de plus en plus contraignants et se réduisent en peau de chagrin chaque année un peu plus – relève de l’irresponsabilité.

Heureusement, force est de constater qu'aujourd'hui de plus en plus de professionnels de la culture locale partagent cette volonté de parvenir à une « bonne gestion ».
Compter au plus juste ne paraît plus aujourd’hui être quelque chose d’inaudible ou d’insupportable à l’oreille des agents culturels chargés du bon suivi des budgets …

Cependant pour réaliser des services culturels de qualités et d'économiser, il est important d’organiser une gestion dans laquelle nous nous sentons responsables tant des excès que des gâchis.

Pour être capable d’endosser cette responsabilité nos devons changer de mentalité et acquérir des notions de gestion que nous n’avons pas encore en nous aujourd’hui.

C’est un objectif exaltant que de se dire qu’à moyens constants - bon nombre d’arbitrages politiques et financiers ne nous laissent, hélas,  guère le choix – on peut satisfaire autant, voir plus d’usagers sans que la qualité des prestations culturelles,  ne soit  pour autant dégradée.

Ce qui est encore à faire peut donner  les vertiges car il faudra redoubler les efforts : négocier le moindre contrat, la moindre prestation, la moindre « feuille de papier ».
Rechercher de passer de marchés publiques à procédures adaptées  (MAPA MPA), sur tout….

Peut-être, mais pas n’importe comment …

A quand donc notre profession de gestionnaires de l’action culturelle s’engagera, enfin, dans la recherche authéntique d’une « certification qualité » relative à nos pratiques managériales et à  notre disposition à évaluer nos procédés financiers - et les améliorer - tout en réduisant les coûts ?

Pour parvenir à une certification de nos pratiques il ne s’agira pas de se comporter en franc tireur ou de se lancer dans un exténuant travail solitaire et isolé,  mais au contraire d'inciter un travail d’équipe dont les résultats n’auraient d’intérêt que si tous les membres de cette même équipe se sentiront responsables et impliqués dans cet objectif commun.

Il faudra donc se résoudre, tôt ou tard à aborder ensemble, les sujets qui fâchent.

Tordre aussi définitivement le cou à chaque abus du système.

Prendre aussi conscience et sans honte aucune, que nous ne sommes pas – bien – formés à travailler de la sorte.
Nous allons devoir accepter un changement important pour gérer ces réformes, incontournables qui nous attendent. Autant donc les anticiper.

Car, que ne nous demande-t-on depuis un bon nombre d’années déjà ?
D’évaluer chacune de nos pratiques, de leur donner une valeur, d'opérer des arbitrages dans la grande panoplie des services que nous rendons aux usagers quotidiennement.
De fixer aussi, grâce à des critères objectifs, mesurés et calibrés, un coût maximum qu’il ne faudra pas dépasser.

Pour ce faire avons-nous besoin d’accepter une formation spécifique ?
D’un travail en équipe avec d’autres collègues ?

En quoi cela nous paraît si rédhibitoire ?

Lentement aujourd'hui les lignes sont en train de bouger.
Progressivement, les mentalités changent.

Il faut garder à l’esprit qu’il s’agit d’un changement et non d’un bouleversement.
D’une évolution et non d’une révolution.

Il est donc important de dépassionner cette  problématique relative à l’injonction que nous recevons quotidiennement et inlassablement par nos élus de : « … faire plus … avec moins » et que nous vivons, peut-être, comme une vexation.

Pour arriver à avancer, j’imagine que nous devons parvenir à  constituer une série d’opérations qui s’emboîtent les unes dans les autres et qui se suivent dans le temps.

De cette structure  va dépendre l’amélioration et de cette amélioration jaillira la qualité.

Chaque étape que nous devons non seulement construire mais également formaliser, va nécessiter des évaluations et chaque évaluation : des critères.

Si on se trompe dans les critères, c’est tout l’édifice qui risque de s’effondrer.

Ces critères « qualité » bâtissent donc les soubassements de notre mission.

En somme, ces objectifs « qualité » il faudra, le plus  fréquemment possible, les repenser et les confronter avec l’expérience d’autrui,  afin  de ne jamais perdre de vue … l’exigence.

Car, dans le secteur culturel aussi, le management en mode projet devra se résoudre, tôt ou tard, de passer par la certification des  processus conduisant à la qualité de la gestion de nos prestations offertes aux publics et, manifestement, gage de notre professionnalisme.

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Published by Sisyphe - dans Culture & Qualité
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