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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 14:04

Connexions politiques culturellesLes deuxièmes Assises Nationales des Dac auront lieu les 6 et 7 mai prochain à Toulouse. Dans ce nouveau millésime du raout professionnel consacré à la culture et au métier de Dac, on s'iimpatiente déjà de recueillir les contributions des débats autour des enjeux si importants et des articulations symptomatiques des politiques publiques territoriales en matière de culture.


On ressent déjà, un peu partout, un certain bouillonnement attaché à ces rencontres. Une effervescence incontestablement motivée aussi par les prochaines « régionales » de mars prochain

 

Quoi qu’il en soit, cette deuxième rencontre professionnelle permettra encore d’évoquer les mutations - ou les réformes - attendues dans la territoriale. Des changements qui agiront certainement sur les implications et les rôles des métiers de la filière culturelle en général  et du Dac, en particulier.

 

Pourtant le désir de phosphorer collégialement en matière de(s) culture(s) et de(s) territoire(s), ne date pourtant pas d’hier.

 

Tant bien que mal, on n’a pas cessé d’agiter le « bocal » des terres culturelles depuis - au moins : 1992 - date à laquelle, souvenons-nous, il y eut l’avènement  du bien célèbre :   Traité de Maastricht car, dans les soubassements de ce texte, se profilait en filigrane déjà, pour chaque état signataire, le débat des identités culturelles et des territoires. 

 

Plus tard en 2004, la Charte des Droits Fondamentaux, (notamment dans son article 22 relatif à la « diversité culturelle … » et de son : programme Culture), a autorisé un « aggiornamento » aux pressants impératifs de rénovation des politiques culturelles et tout particulièrement dans leurs corrélations aux publics.

 

Ces deux dates ont démontré, si besoin est, à quel point il était à la fois important et urgent de promouvoir et de renforcer les mouvements et les circulations culturelles dans le(s) territoire(s). 

 

De permettre aussi un meilleur développement du patrimoine culturel en tant que fondement de l’identité et de l’unité des citoyens partout en ...  Europe.

 

Il était temps que les débats puissent, après cette trop longue interruption, se poursuivre à Toulouse car, aujourd’hui,  il y a urgence.

 

Ces discussions concerneront pourtant, les seules préoccupations hexagonales.

 

C’est déjà bien, pérorerez-vous.

 

Certes ! Mais d'avoir eu la capacité d'envisager l'élargissement de ces échanges à l'échelle européenne, ça aurait été encore mieux.

 

Discourir en "vase clos" sur les seuls enjeux franco-français peut comporter, à la longue, la menace de se révéler infécond.

 

Quel dommage ainsi de ne pas avoir, encore une fois, l’occasion de mesurer nos expériences avec celles de certains de nos homologues européens. Cela aurait pu nous apprendre, enfin, à regarder plus loin de nos frontières hexagonales.

 

Des rencontres à l’ambition européenne auraient pu aussi, peut-être,  encourager davantage, l’éclosion  de principes autrement plus fondateurs d’identité et d’unité des peuples entre eux.

 

Accélérer pareillement  aussi notre capacité de progresser.

 

De rattraper tout ce temps perdu depuis 1992.

 

De tourner, enfin,  définitivement la page de notre faible capacité de mutualiser nos expériences. De notre penchant de la bricole pour une « cuisine » culturelle mijotée dans un ahurissant isolement professionnel.

 

L’imminence des rendez-vous nationaux de Toulouse, nous révèle peut-être qu’il serait temps de faire émerger aujourd’hui des scénarii dans lesquels le projet culturel cheminerait progressivement vers une dimension plus multidisciplinaire et davantage communautaire.

 

Que nous serions capables enfin, de favoriser efficacement l’émergence de nouveaux cadres réglementaires davantage plus adaptés et plus spécifiques aux changements de notre métier.

 

D’interagir avec des « appuis » avérés dans un environnement sans cesse en mouvement et changeant.

 

De mieux comprendre les frontières dans lesquelles la planification culturelle s’accomplira demain et quelles seront les aptitudes nouvelles nécessaires pour l’accomplir.

 

Appréhender aussi un espace administratif rénové  nous permettant de participer davantage à « l’à propos » de la réglementation aujourd’hui en vigueur dans la territoriale.

 

Indubitablement notre fonction de Dac doit être apte à se projeter dans la représentation concrète des territoires neufs qui se dessineront demain.

 

A révéler des méthodologies nouvelles qui parviendront à mouvoir qualitativement, dans chaque territoire distinct - urbain ou rural - des volets économiques et sociaux d’une audace et d’une détermination sans faille et  jusqu’alors inédits.

 

C’est pour cela que nous devons nous intéresser à ce qui se passe bien au-delà de nos frontières.

 

Réfléchir à la manière de renforcer la coopération et la mutualisation des ressources en dépassant les clivages, ou les limites, qui stoppent notre action aux pourtours géographiques de notre pays.  

 

Désormais l’élu et le Dac doivent apprendre à cheminer ensemble et à regarder loin.

 

Proposer conjointement l’émergence de nouvelles réalités politiques et de nouveaux savoir-faire techniques capables de faire face aux nouvelles problématiques globales qui s’entrechoquent aujourd’hui dans nos pratiques.

Les territoires ont changé.

 

Les acteurs culturels et les usagers d’aujourd’hui ne sont plus ceux d’il y 20 ou 30 ans...

 

Des méthodes et des procédures nouvelles doivent émerger afin de faciliter la construction de nouvelles interconnexions entre les réseaux culturels, sociaux, économiques et de formation  locaux.

 

À l’avenir la planification culturelle sera analysée et définie dans une plus fine corrélation avec un monde qui bouge et qui se déplace de plus en plus vite et d’une manière de plus en plus vaste, étendue, bref : globale.   

 

Désormais administrer, régir, gérer, préserver et  mettre en valeur les patrimoines - tous les patrimoines – culturels,  requière des moyens et des capacités nouveaux.

 

Façonner notre authentique identité nouvelle de citoyens de demain constitue déjà un projet politique ambitieux en soi.

 

L’accès à l’offre culturelle réclame davantage de volontarisme, d’appui, de protection, de préservation, de généralisation et des moyens.

 

La diffusion culturelle se fera demain dans une société de plus en plus communicante, de plus  en plus  en mouvement. Une communication plus distinctive à la culture, dépassera forcement les clivages culturels et les frontières géographiques que l’on connait aujourd’hui.  

 

Programmer demain signifiera plus prévoir que prédire…

 

Quelle méthodologie devrons-nous proposer pour cet avenir qui nous attend ?

 

Espérons qu’à Toulouse les débats de mai prochain, pourront également s'articuler autour ces quelques hypothèses subsidiaires aux transformations attendues du métier de Dac et à la préfiguration des territoires nouveaux où s’exercera notre savoir-faire de demain.

 

L’avenir de la planification culturelle exigera l’avènement de dynamiques sociales, culturelles et éducatives négociées avec l’ensemble des composantes politiques qui structurent et qui façonnent notre besoin et notre capacité de vivre ensemble.

 

C’est ça, au fond, l'authentique sens du développement local.

 

Une  prédisposition sincère de créer harmonieusement et concrètement des critères de convergence multiples permettant de vivre conjointement avec autrui autour un projet partagé de société.

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