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1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 17:52

offre-culturelle-personnes-agees-2.jpgEn 1945 l’espérance de vie était d’environ 60 ans. La protection sociale était faible et la plupart des personnes âgées était pauvre.

En 2010 l’espérance de vie dépasse les 80 ans. La protection sociale est assez développée et le niveau de vie moyen des nos aînés est assez proche de celui de l’ensemble de la population.

En 2050, théoriquement, l’espérance de vie devrait atteindre les 85 ans …

Quel sera alors le niveau de vie moyen des personnes âgées et le degré de protection sociale dont elles bénéficieront ?

Il est communément acquis aujourd’hui que l’augmentation de la longévité est due davantage à l’évolution du niveau et des conditions de vie qu’à celle des soins médicaux pris au sens strict.

C’est pourquoi aujourd’hui, une politique qualitative relative à la santé doit nécessairement impliquer des préoccupations relatives aux conditions de vie et à l’environnement social et culturel, tout autant qu’aux conséquences possibles des maladies.

Pour favoriser l’émergence du « bien vieillir », il ne suffit plus de se cantonner aux seules améliorations à apporter dans les domaines du logement, transport, argent, etc.

La vie familiale, sociale et culturelle impactent autant directement la santé - bonne ou mauvaise - que les autres facteurs économiques et environnementaux qui interagissent aujourd’hui dans nos sociétés.

Promouvoir le progrès de la société dans laquelle nous existerons et vieillirons demain passe ainsi par le soutien, solidaire et généreux, que l’on doit apporter aux personnes les plus fragiles. Lesquelles paraissent encore aujourd’hui, non seulement éloignées des prestations médicales pourtant indispensables, mais également écartées de toute offre prenant en compte l’humain, ses relations sociales et son environnement culturel.

Il subsiste encore de nos jours et ce, malgré les données statistiques indiquées plus haut,  une trop grande pauvreté de nos aînés qui se traduit aujourd’hui (tout comme les « vieillards » de l’imminent après guerre) par une singulière situation de « maltraitance » sociale qui les soustrait de participer, faute d’une offre adaptée, à tout dispositif existant de : loisirs culturels, sportifs, activités sociales ou encore artistiques.

Promouvoir la santé des personnes âgées aujourd’hui passe aussi par cet effort que nos sociétés doivent accomplir afin de faire évoluer les politiques sociales et culturelles dans l’Hexagone. Entre autre grâce à une offre adaptée à cette catégorie générationnelle qui prendrait davantage en compte - avec une  meilleure définition - les enjeux sociétaux que représentent les personnes âgées aujourd’hui.

Rares sont ceux, dans la territoriale, qui savent déterminer les critères permettant d’appréhender la réalité et la diversité des modes de vie ou les trajectoires sociales de ceux que la société désigne tantôt encore comme : âgés, vieillards ou seniors.

Plus rares encore sont les travaux qui indiquent les chemins à emprunter afin que l’offre culturelle puisse intégrer le parcours du « bien vieillir » d’une population de plus en plus vieillissante.

Les politiques sociales et culturelles mises en œuvre par les communes semblent aujourd’hui dépassées par ce phénomène.

Elles ne paraissent pas concilier l’adaptation du territoire au milieu et aux conditions d’existence physique et psychique des personnes âgées.

Avec l’âge et la modification de l’activité, les relations sociales se réduisent.

Cette érosion affecte aussi bien la quantité d’activités et la qualité affective que la personne âgée entretient avec son environnement social et culturel.

Or nos offres culturelles ne semblent pas se soucier de ces évolutions biologiques et psychologiques des usagers âgés.

Une vicissitude des aspects fonctionnels de l’autonomie de la personne dont la plupart des prestations proposées localement ne paraît pas tenir compte.

En somme ces catégories de la population, en raison de leur âge, leur isolement, leur dépendance ou encore leur maladie, en ont grand besoin et échappent à l’offre culturelle. Elle est pourtant, selon bien des égards, synonyme de prévention et de qualité de vie.

Force est de constater que, faute d’une meilleure compréhension de ces complexités liées à l’avancée en âge des usagers, nos politiques culturelles ne savent pas offrir un modèle satisfaisant de continuité du service public.

L’offre culturelle participe pourtant à la notion de « bien vieillir ».

Un concept qui s’oppose à celui de « mal » vieillir et dont la source se trouve dans tous les facteurs d’exclusion, de perte de l’autonomie, bref : de vieillissement … social, dont la personne âgée fait aujourd’hui encore l’objet.

Il semble donc urgent d’initier des dispositifs innovants favorisant l’accès à une offre globale de loisirs culturels, sportifs,  d’activités sociales, économiques et, bien sur,  de santé  intégrant avantages et tarifs préférentiels.

Développer localement,  par exemple,  des partenariats élargis participant à la prise en compte et aussi en charge des changements inhérents à chaque étape biologique, psychique, sociale ou encore économique que le sujet âgé franchit, dont les besoins en matière de prestations socio-économiques culturelles s’échelonneraient entre les nécessités de soins, gestion de patrimoine, prévention des risques, diététique, arts, loisirs, culture, etc.

En d’autres termes, les besoins potentiels et  indispensables de la personne âgée ne devraient plus se trouver subdivisés ou éparpillés dans une foultitude de services répartiteurs de prestations trop fréquemment compartimentée.

Il faudrait au contraire envisager de tout centraliser dans un guichet unique sachant répondre, par l’évaluation appropriée, aux besoins distincts de chaque usager âgé.

Dans notre société les mauvaises décisions sont toujours porteuses de mal-être.

L’exclusion à la vie culturelle et sociale  de nos aînés, tout comme la privation de l’accès aux soins,  est aussi un dramatique facteur de maltraitance.

Or le vieillissement pourtant est un temps universel de la vie.

Il n’est pas impossible que nous puissions désormais harmoniser nos métiers grâce à des formations spécifiques pour ne pas  contribuer, par un manque évident de savoir-faire,  à l’augmentation de la marginalisation de la personne âgée dans notre société.

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