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20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 12:07

res-source-humaine.jpgCes jours-ci, je lisais dans la presse et avec immense tristesse cette  énième et tragique information relative au nouveau cas de  suicide constaté en France d’un salarié de l’opérateur historique de téléphonie.

Hélas,  et de 30 !

Je me demandais comment nous pouvons encore accepter  sans réagir et sans manifester notre indignation, toutes ces disparitions.
Sans éprouver du dégoût, de la révolte, de la colère et de l’exaspération face à cette « casse » humaine sans précédents.

Exprimer aussi notre écoeurement envers ce syndrome du « Soylent green » qui se diffuse insidieusement dans notre société grâce au trop facile prétexte  de concurrence mondiale, ou de cette  crise qui, forcement, doit nous piler, nous broyer.

Comment nous en sommes arrivés là ? 
A ce recul abject vers  une époque que l’on croyait à tout jamais révolue ?

A ce début consommé du XIXème siècle perpétré cependant jusqu’à nos jours ? 
A la survie  de ce modèle social déstructuré encore en deux grands « blocs » relativement hermétiques : la formation d’un coté et le monde du travail de l’autre ?

Jadis cette référence sociale semblait non seulement possible, mais également  performante et ce uniquement parce que notre société était stable et, les mutations industrielles, lentes.

Avec la mondialisation, les changements technologiques rapides et la complexité des savoirs, ce système incohérent, car clivé,  a éclaté. Il semble désormais à avoir du mal à fonctionner.

Les besoins de professionnalisation des salariés est immédiat.

Pourtant le monde de la formation et le monde du travail semblent encore faire bande à part.

Les mentalités n’ont pas changé de pair avec le monde.  

Bon nombre  d’entreprises semblent encore perpétrer le concassement de l’humain, pourvu qu'il y ait de la rentabilité,  comme cela s'opérait déjà à l’avènement de l’ère industrielle.

Les droits sociaux et les avancés acquises  dans le monde du travail depuis, paraissent aujourd’hui reculer et il n’est pas rare  que, monstrueusement,  dans bon nombre de lieux de travail, on y perde  encore sa vie en essayant seulement de la gagner.

Le monde du travail recrute encore les salariés et ses cadres en fonctions de leurs diplômes plus que sur ce qu’ils savent faire,  sans miser aucunement sur leurs atouts d'individus.

Mais pour quelle raison obscure l'entreprise semble être incapable d’investir sur les « potentiels » de chaque collaborateur ?

Notre société tend à survaloriser les diplômes à sélection homogène des grandes écoles au lieu de miser sur la diversité des parcours.

Un système pyramidal, réducteur et périmé qui se révèle, in fine,  être une faiblesse, car il exclut des nombreux jeunes et prive le monde du travail de  richesses certaines.

De diversité aussi.

Avec la pénurie constatée des talents liée aux chocs démographiques et qui, de toute manière s’exposera nouvellement et avec encore plus de vigueur lorsque la crise sera derrière nous, le monde du travail devra forcement, et le plus tôt sera le mieux, revoir avec urgence ses critères de recrutement et, aussi,  de management.

Des  « patrons » hors du temps, vestiges indignes d’un autre âge, se payent aujourd’hui encore le luxe de broyer de l’humain.

Une conduite non seulement criminelle mais identiquement irresponsable car elle encourage à termes la même entreprise, face aux changements qui l’attendent, à se propulser d'elle-même dans sa propre annihilation, poussée qu’elle sera  dans une suicidaire fuite en avant en recherchant des dérisoires prérogatives à court terme.
Mais quelle croissance peut-on espérer ainsi d’une organisation qui aurait systématiquement démoli, abîmé, annihilé irrémédiablement et de la sorte, ses plus précieuses ressources et vecteurs pricipaux d'expansion, à savoir : ses propres salariés ?
Il y a encore trop aujourd'hui d’improbables et scélérats  « généraux Nivelle » au commandement de nos entreprises.

Trop encore de  patrons  criminels - car voyous - qui montrent trop peu de respect pour la vie humaine.

Ils ne savent ou ne peuvent pas concevoir l’entreprise autrement qu'une tranchée.
Or il y a des « offensives Nivelle » que l’on ne doit plus accepter au nom du libre marché ou de cette prétendue déréglementation mondiale.

Vivre et évoluer dans l’entreprise aujourd'hui ne doit plus signifier d'y périr, dans les galerie boueuses  et sous la mitraille du profit.

Les voies qui doivent conduire au travail ne doivent pas se transformer pour les salariés en « Chemin des Dames ».

Mondialisation, peut-être. Mais assurément pas conflagration mondiale.

Plus jamais d’assassinats, car ce sont des assassinats, qui se perpètrent aujourd’hui sur nos lieux de travail sous prétexte d’un management  - faussement - concurrentiel.

Comme si l’obtention et  le gain  de tout nouveau marché, ou l’attrait pour des neuves exutoires économiques, devaient signifier l’immolation de tant de travailleurs.

D'autant de sacrifiés.

Oui, plus jamais de ces généraux Nivelle qui déciment sanguinairement, dans l'entreprise, leurs rangs, uniquement pour satisfaire leur orgueil ou masquer leur incompétence.

J'en ai assez de tout ce cynisme et de ce trop plein d’irresponsabilité qui gangrène aujourd’hui le monde du travail.

C’est pour quand, enfin, l’avènement, d’une entreprise qui ambitionnerait, comme instrument principal de croissance, une bonne et juste gestion des hommes ?

Personnellement je reste persuadé que le progrès économique et social d'une  société moderne s'obtiendrait seulement lorsque  chaque entreprise qui souhaiterait durablement et sincèrement muter vers la prospérité, adopterait un seul et unique projet, simple et ambitieux à la fois et  visant de rompre à  jamais,  avec cette logique de carnage.

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Published by Sisyphe - dans Ethique
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