Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 11:49

culture de la gestion du tempsDans la territoriale aussi, les cadres sont de plus en plus nombreux à suivre, ou à ressentir le besoin de suivre, des stages en gestion du temps pour tenter de mieux vivre la pression chronophage du travail.

 

Ces formations semblent bel et bien répondre à une situation d’urgence de la part de tout cadre débordé.

 

Mais sont-elles vraiment en mesure de répondre à nos attentes ? Pas si sûr, hélas !

 

Bien souvent les causes de la tempête qui menace nos agendas relèvent d’une alchimie complexe entre les contraintes d’un poste et celles, inséparables, de la même collectivité.

 

Mais aussi d’une relation personnelle au temps qui n'est pas toujours bien clarifiée et qu’un stage de courte durée ne dénouera pas forcément.

 

Que faire, par exemple, lorsque la pression du chronomètre provient d’abord de l’extension constante du domaine de travail ?


Les rigueurs budgétaires, le gel des recrutements, la réorganisation compressant les structures entre elles, peuvent exposer les services à des changements significatifs de leur organisation du travail sans que la collectivité puisse octroyer en face,  des moyens supplémentaires pour y parvenir.

 

Résultat : des journées de plus en plus morcelées où les priorités finissent par s’annuler entre elles.

 

Dans ces conditions difficiles, un stage de gestion de temps frise … la perte de temps, si rien ne change dans la gestion globale de la collectivité concernée.

 

Mais les collectivités dans leur ensemble, sont loin d’être les seules responsables du joyeux grand désordre qui envahit nos agendas. La plupart des stressés de la pendule sont avant tout victimes, à des degrés divers,  d’eux-mêmes et de leur propre désorganisation.

 

Quelques outils tels que : un agenda, un calendrier, une grille d’analyse des priorités de notre poste, peuvent parfois suffire pour nous aider à mener de front bon nombre d'activités quotidiennes et de missions à long terme.

 

De même que, parfois, le cadre lui-même peut-être le principal obstacle à une meilleure gestion de son propre temps.

Nombreux sont en effet les agents qui se plaignent d’avoir toujours trop à faire.


De n’avoir jamais le temps pour exécuter certaines tâches, plus ou moins, complexes …

 

En réalité, il faut voir les avantages cachés que parfois nous tirons de cette situation en termes de valorisations personnelle, de considération, voir de capacité de résistance au changement.

 

Le désir de changer n’est, parfois,  qu’apparent.

 

Malheureusement les stages de gestion temps font parfois l’impasse sur cet aspect personnel, voir intime, du temps social.

 

Egalement les élus,  vivent perpétuellement dans l’urgence au détriment du confort de leurs agents et de leur propre efficacité.


Les formations à la gestion du temps ne changent pas cette situation.

 

Bien entendu c’est à la direction qu’il appartient de prendre l'exacte mesure des déficits d’organisation existant dans les services et d’y apporter des solutions adaptées pour y remédier.

 

Nous devons aussi à apprendre, enfin, à « dire non » aux chronophages, nombreux, de la vie de bureau.


C'est-à-dire à nous aviser d'écarter poliment les importuns, gérér les bavardages, les pauses café qui s’éternisent, ou encore apprendre à négocier un délai, ou des moyens supplémentaires, face à un supérieur (ou un élu), bien pressé de refiler à d’autres sa propre dernière urgence journalière.

 

Comprendre cela - et surtout le mettre en application - a de quoi nous provoquer une authentique prise de conscience.

 

De considérer, par exemple, si notre désir de changement est sincère ou pas.

 

Car vivre dans le stress est un signe ostentatoire de réussite professionnelle.


On a parfois toutes les bonnes raisons de ne pas être organisé.

Elles reposent sur des fausses croyances comme le désir de se faire remarquer en étant toujours en retard, ou encore la volonté de ne pas rentrer dans le moule ou encore, sans oublier la valorisation personnelle par l’épaisseur de notre agenda ...

 

La désorganisation permet aussi de se dérober devant les missions déplaisantes, voire de donner le sentiment de se sentir indispensable.

 

Le danger qui guette sournoisement ces postures infantiles de notre égo, c’est de finir par craquer sous la pression.

Pour l’instant les collectivités territoriales s’intéressent peu encore à la – bonne – gestion du temps.

 

C’est pourtant en améliorant la gestion des temps individuels et collectifs qu’on parviendra  à réaliser le plus naturellement qu’il soit les meilleurs gains d’efficacité et de performance.

 

Bannir l’urgence, éviter d’être submergés, ne pas craquer tout en s’appropriant d’outils simples et efficaces, voici quelques maître-mots qui peuvent nous convaincre, si besoin en est, à bien gérer notre temps.


Un procédé qui, dans bon nombre de circonstances, nous consent de nous préserver des défauts d’organisation  de notre environnement de travail qui nous font gaspiller tant de temps et d'énergie.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Begonia 11/05/2010 19:03



Je ne connais que l'exemple du secteur privé pour commenter ton billet, mais je pense que cela vaut aussi pour les collectivités territoriales.


En France, le cadre "taillable et corvéalble à merci" à encore de longues heures devant lui je crains ! Mais comme tu le soulignes, il y a aussi un aspect personnel dans cela : se sentir
indispensable ! Penser qu'on est le seul à pouvoir résoudre des problèmes, que sans nous (enfin eux, je ne suis pas cadre...), le service est à l'abandon et incapable de fonctionner...


Et puis aussi, une certaine culpabilité ? Si je pars "à l'heure", que va t-on penser de moi ? Ma responsable s'excuse quand elle part à 18 h15 alors que comme tout le monde, elle est là à 8 h 30
et ne s'octroie aucune pause ! Elle ne laisse même pas son équipe en heure sup., puisque l'une d'entre nous travaille en horaire décalé... donc ?


Il reste aussi ceux qui ne savent pas déléguer...


J'ai travaillé dans le passé dans le BTP. Dans cette entreprise, les heures sup étaient "culture d'entreprise" et pour tout le monde ! Il faut être drôlement fort pour dépasser la gêne de voir
ses collègues regarder leur montre quand on ose partir à l'heure ! Alors je te laisse imaginer pour un cadre...


Bises Sisyphe et encore merci de ton commentaire élogieux sur mon blog !


 


P.S. : la sobriété est aussi de mise chez toi et la lecture n'en est que facilitée ! J'ai apprécié mon passage, bien que nos contenus soient très différents !



Sisyphe 12/05/2010 09:27



Merci d’avoir … « pris le temps » de ce petit commentaire agréable et pertinent.


Quelle complexité le monde du travail, n’est ce pas ?


Tu as bien raison, le secteur public fait de plus en plus ami-ami avec le privé avec des effets fort hétérogènes. Il en va de même entre le salarié et le
cadre.


Les frontières relatives aux responsabilités et les délégations de tout chacun s’amenuisent de plus en plus. Certains appellent cela « travail
d’équipe », d’autres crient à l’iniquité …


Bref, les 35 heures c’est bien, mais pas … tous les jours ….


(Sourire).



willycat 19/02/2010 21:05


d'om déjà une bonne définition de la fiche de poste et de la capacité à assumer le poste.


Sisyphe 19/02/2010 21:21



Pas tout à fait sur d’avoir bien compris l’intention matérielle de votre commentaire …


N’hésitez pas à le reformuler avec, si possible,  davantage de précisions ...



Dgina 05/02/2010 12:55


Sisyphe!
Pardonne-moi du retard, je viens tout juste de lire ton petit mot, très agréable et que j'ai apprécié à sa juste valeur!
Il est vrai que nos deux blogs n'abordent pas les mêmes sujets mais tu vois, je souris car pas plus tard que demain je passe un examen sur, entre autres, les risques psychosociaux au travail, tes
questionnements trouveront écho à mes réponses!
Je trouve tes sujets vraiment intéressants et je reviendrai, c'est certain!
Bien à toi et à bientôt!


Sisyphe 05/02/2010 14:48



Merci pour tes compliments.
Bon courage pour tes examens.


Au plaisir de nos prochaines  retrouvailles au fil de nos pages numériques.
A très bientôt.