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14 juillet 2011 4 14 /07 /juillet /2011 09:39

barrieres-culturelles.jpgDans le langage courant, on dit d’un objet ou d’un lieu qu’ils sont accessibles lorsqu’il est facile ou possible de les atteindre.

Dans le domaine de l’offre culturelle, il n’est pas rare de provenir à des « accommodements » entre les caractéristiques des ressources culturelles, artistiques et patrimoniales locales et celles de la population recherchant l’accessibilité à l’offre culturelle elle-même.

Les conséquences de ces compromis occasionnent le degré d’accessibilité des usages à l’offre culturelle.

Ca c’est pour la théorie car dans le tangible cette accessibilité est fréquemment perturbée par les capacités (utilisations potentielles) de la population à surmonter de tels obstacles (indicateurs de résistance).

Ces obstacles principaux qui caractérisent l’accessibilité - ou les difficultés à l’accès - des publics à la culture sont, au moins, au nombre de quatre.

 

 L’obstacle physique

 

Il concerne la facilité d’accès physique à l’offre culturelle, généralement appréhendé en termes de « distance à parcourir » pour se rendre à l’équipement culturel.

Cette distance, est elle-même mesurée, soit en kilomètres ou en temps (la distance physique qui dépend du relief, des axes et des moyens de communication), soit encore en ressources économiques  (la « distance » économique correspond, parfois,  à la perte de revenus), soit en social (la distance sociale dont les facteurs primordiaux sont le niveau d’éducation, la mobilité des personnes …).

Plus la distance à parcourir est élevée, moins l’accessibilité à l’offre culturelle est garantie.

 

L’obstacle financier

 

Cela se traduit par la barrière financière dans l’accès à l’offre culturelle dont l’accessibilité et la « consommation » présente un coût direct et indirect pour chaque usager.

Dans le système public français, à financement « socialisé », le coût pour les publics à l’offre culturelle publique est, usuellement, relativement peu élevé.

Une participation réduite reste cependant, fréquemment,  à la charge des usagers.

Malgré sa faible portée, elle peut pourtant s’avérer être un frein pour  les personnes - ou foyers - à revenus modestes lesquelles doivent engager certaines dépenses, aussi minimes soient-elles.

Par ailleurs l’accès même à la « consommation » culturelle, aussi anodine soit-elle, entraine toujours de nombreux coûts indirects : les déplacements, les adhésions, les équipements divers (par exemple pour les disciplines artistiques), etc...

 

 L’obstacle organisationnel

 

Cette gêne à l’accessibilité se caractérise ordinairement par une offre culturelle encombrée par la complexité de … « l’administratif ».

Il en est ainsi des multi-inscriptions locales dans chaque service culturel distinct. Ces démarches administratives récursives : inscriptions aux écoles, aux centres d’art-loisirs, à la bibliothèque, au conservatoire, aux cours de théâtre, aux divers cours d’enseignement des disciplines artistiques, etc... compliquent la circulation des usagers, jeunes et/ou adultes, entre les services.

Cette réalité bien identifiée et maintes fois décrite, mais rarement corrigée, désigne un manque d’articulation (ou d’organisation) des volontés publiques locales et des services administratifs mais également indique une certaine torpeur, des professionnels de la culture, pour le changement.

Ce manque de coordination se traduit en conséquence par le renforcement des « files d’attente ».

Par l’aussi ennuyeuse constitution, maintes fois réitérée, du dossier d’inscription, du transfert des usagers (surtout des familles) vers les services délivrant le précieux sésame relatif au « quotient familial » et aux prises de rendez-vous qui s’additionnent…

Pas rare ainsi que cela puisse parfois se traduire par un renoncement aux droits d’accès à l’offre culturelle.

Cette inadaptation du circuit administratif rend complexe, pour ne pas dire inaccessible, l’accès à l’offre culturelle.

 

 L’obstacle informationnel

 

Pour l’usager cette gêne réside dans le manque de lisibilité de l’offre locale en matière d’art et de culture.

Une information fréquemment menée par les services de façon obscure, pulvérisée en mille contenus illisibles, parfois même contradictoires et bien souvent démunis d'authentique cohésion globale, y participe abondement …

Ce niveau dégradé de l’information  bien souvent dépend de  la relative opacité du fonctionnement de l’administration locale, de son dilettantisme en matière de communication, mais aussi, souvent,  de l’éducation à la « culture » de l’usager  lui-même.

Selon le niveau de formation, le niveau culturel, le degré d’appartenance à un groupe, l’usager n’adoptera pas la même attitude quant au recours et aux modes de recours à l’offre culturelle.

Certaines personnes refuseront, ou interdiront à d’autres,  de se rendre dans des lieux collectifs d’activité en invoquant, entre autre, croyances ou arguments de nature cultuelle.

Bref, au-delà de ces principales quatre dimensions, il convient de distinguer l’accessibilité absolue de l’accessibilité relative.

Car le recours à l’offre culturelle dépend à son tour principalement de trois décisions majeures distinctes :

celle, initiale, de l’usager de recourir à une prestation spécifique de nature artistique et/ou culturelle ;

celle  de l’élu local de répondre avec précision et avec les moyens nécessaires à cette attente, à ce besoin ;

puis encore celle du professionnel  de satisfaire, qualitativement et durablement, à cette requête.

La somme de ces trois initiatives convergentes doit nous permettre, en cette période de pause estivale et dans laquelle nous nous apprêtons déjà à préparer nos prochaines rentrées culturelles,   d’apprécier la complexité inhérente à l’accessibilité à la culture.

Nombreux sont les obstacles systémiques qui perdurent localement, pour éloigner l’usager de l’offre à laquelle il prétend.

Il serait temps de participer à une réflexion commune pour que nous puissions atténuer, faute d’entièrement endiguer, l'ensemble de ces désagréments.

 

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Published by Sisyphe - dans Culture & Qualité
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commentaires

A6de 18/01/2012 10:59

Bonjour
Merci pour votre réponse et vos encouragements
Je vous adresse à mon tour tous mes vœux pour cette nouvelle année. En espérant que la culture ne souffre pas trop…
Merci également pour votre blog, et l'énergie que vous dépensez pour l'enrichir

Voici la suite à ma première intervention :

Un équipement culturel peut se définir sur trois principes : le public, la médiation, le service (salle de spectacle = spectacles ou manifestations, bibliothèques et musées = collection raisonnée,
etc…) La médiation fait le lien entre l’offre et le public. Si ce principe définit les missions des établissements, il n’en donne pas la stratégie pour accomplir ces dites missions. Cela relève
d’un échange entre la sphère politique et les exigences professionnelle. Ainsi le dialogue sur le « comment faire ? » se conçoit souvent entre l’élu à la culture, le DAC et le professionnel d’un
secteur ou d’un établissement. La segmentation des services est, elle aussi, souvent de mise (cela tend toutefois à changer grâce aux vertus de la transversalité). Mais il n’est pas rare de trouver
dans une ville une communication elle aussi segmentée, représentative des crispations des professionnels sur leurs secteurs.

Dans ces conditions la médiation vers la diversité des publics à bien du mal à fonctionner.

René Rizzardo évoquait le défaut de familiarité vis-à-vis du rapport entre l’offre culturelle et une (grande) disparité du public (le fameux « ce n’est pas pour moi » ou « ça ne me dit rien »
jusqu’à un manque total d’intérêt). Il est bien entendu hors de question de fonder une programmation uniquement sur ce qui satisferait le gout du public (et plus spécifiquement celui qui ne vient
jamais), mais de mieux mixer la programmation pour l’adapter aux demandes ou aux attentes des publics. Varier la programmation autant que varie le public.

Car dans l’offre culturelle, il y a très souvent une intention, une vision. Faire évoluer le public, renforcer la démocratie, ouvrir l’esprit, développer le sens critique, créer du lien. Derrière
l’offre se cache une stratégie pétrie de bonnes intentions. Il n’y a pas une volonté d’être un outil au service du public (ou des publics) mais bien celle de vouloir changer ces publics,
d’intervenir dans le champ social pour l’améliorer. Quand une de ses intentions domine, qu’elle fonde une politique culturelle, elle tend à mettre en péril toute tentative de démocratisation
culturelle.

Prendre en compte la diversité des publics dans la programmation, dans l’offre des établissements culturels, mais aussi dans la façon de communiquer, de dialoguer, devient une nécessité. Il n’y a
pas d’homogénéité publique, mais une diversité, une multiplicité, composée d’individus, tous différents les uns des autres (Le singulier et le collectif)

Dès lors se pose la question du dialogue, de la relation qui peut s’établir entre l’offre et le public. Tout d’abord, si le public (enfin une certaine partie) se reconnait dans la proposition il y
a de fortes chance pour que celui-ci se déplace. C’est le cas actuellement dans de nombreuse salle ou la programmation est adaptée au public qui vient déjà (son cœur de cible) et ainsi conforte
l’idée du programmateur dans ses choix futurs, ainsi la boucle est bouclée.

On peut dès lors s’interroger sur : qui programme, pourquoi et comment ?. C’est un sujet tellement sensible, que bien souvent personne n’ose l’affronter. Il est paradoxal que des articles, des
livres aient été écrits sur les acquisitions en bibliothèque, ou la constitution des collections d’un musée, et qu’il n’existe quasiment rien sur la programmation de spectacles (idem pour les
enquêtes sur les attentes du public). Les programmateurs sont dans une bulle, et ce sont les seuls à savoir ce qui sera bon pour le public. Je généralise un peu vite, mais ce cas figure est encore
fréquent. Dans ce métier, il y a ceux qui regarde la scène et ceux qui regardent la salle, et la seconde catégorie est minoritaire.

La médiation consiste alors à aller vers le public, entamer un dialogue, lui donner envie, réduire les freins, les barrières. Mais pour cela il faut sortir des établissements, allé dans les
associations, les lieux de rencontres, les écoles, lycées, collèges, université, entreprises, transport en commun, commerces… Développer un travail de fond avec les comités d’entreprises. Bref,
aller où se trouve le public et présenter ses choix, se frotter aux personnes, à leurs visions des choses, à leurs demandes et à leurs refus. Je reste dubitatif sur la pertinence d’un service
public qui ignore le public.

Présenter autrement les offres que comme un produit de grande consommation. Si les affiches, les inserts dans la revue de la ville, le site internet (etc.) ne sont pas à remettre en cause, il est
indispensable de se poser la question de la perception que peuvent avoir les publics sur ces outils de communications. Puisqu’il y a multiplicité, il faut aussi une multiplicité de moyens de
communication pour établir un contact (cela ma fait penser à la signalisation dans un bâtiment, certains préconisent de la mettre en hauteur, mais loupe ceux qui regardent par terre quand ils
marchent, d’autres de la mettre plutôt vers le bas, mais loupe ceux qui regardent en haut !). Cette multiplicité est fortement liée à l’environnement, aux typologies de publics. Il serait trop
facile de croire qu’il y a une universalité de la communication. Au contraire, il me semble nécessaire de travailler sur des outils spécifiques en fonction s des publics, de leurs façons de
percevoir le discours, et de ne pas s’endormir sur ses lauriers, car les publics changent, tout comme leurs modes de perceptions ou de communication.

Développer des lieux de rencontre et de dialogue en favorisant une démarche participative. Certes l’enjeu est complexe, il s’agit pas de rédiger une liste de courses émise par le public, mais bien
de proposer les choix, la stratégie, les orientations prises ou à prendre.

Trouver des relais, utiliser la gratuité (à manipuler avec précaution, mais elle peut rendre certains service sur des publics défavorisé à condition de supporter un échange), développer des Lieux
alternatifs, café, bars, favoriser les artistes locaux (relais importants si impliqué dans la vie culturelle de la ville). Amener le spectacle, l’offre culturelle et artistique au public (et non
l’inverse). Au même titre que l’on multiplie les points d’accès pour les transports en commun, il faut multiplier les points d’accès pour la culture. Cela nécessite une réflexion sur le territoire
et son maillage, ses particularités et les actions à entreprendre pour adapter l’offre à ses spécificités.

Il existe depuis longtemps une culture à deux vitesses (voire plus), segmentée selon les classes sociales. Chacune ayant de l’autre une vision frisant souvent le mépris, le dédain, ou s’efforçant
de s’ignorer. Ce sont ces barrières qui sont en train de tomber. Pas dans tous les domaines, ni pour tous les « acteurs culturels », mais ces deux mondes (pour schématiser en prenant les extrêmes)
deviennent perméables. Il ne s’agit plus de définir une pratique contre une autre, mais d’envisager une pratique avec une autre. Pour simplifier ce ne serait une culture populaire contre une
culture érudite, mais bien l’une avec l’autre. Cela change la nature de la médiation qui n’a plus à envisager une pédagogie de l’offre pour permettre à certains publics d’accéder à une œuvre, mais
de s’appuyer sur la culture de ces publics pour les faire accéder à leur univers et intégrer d’autres offres. On passe alors d’une culture de distinction à une culture de socialisation. Cela
n’élimine pas la notion de la pédagogie de l’offre, mais en limite le champ pour ne pas en faire l’objectif principal de la médiation comme la désigne le Ministère de la culture : « La culture
telle quelle est codifiée n’est pas accessible à chacun, du moins immédiatement. La rendre accessible requiert par conséquent l’intercession de “ médiateurs “ (informateurs, accompagnateurs,
pédagogues) et, simultanément, l’élaboration de procédures de médiation (depuis les textes explicatifs jusqu’au balisage de parcours) »

Sisyphe 23/01/2012 11:45



Cher A6de,


Encore une fois merci pour votre nouvelle contribution ci-dessus?


Vous avez raison, rares sont en effets les "écrits" qui visent la programmation du spectacle  vivant. Il pourrait se révéler intéressant que vous pensiez de combler ces lacunes et envisager
- pourquoi pas ? - de vous lancer, si ce n'est pas encore fait, dans un projet articulé et suivi autour les problématiques que vous évoquez et qui semblent tant vous captiver. Bien entendu
n'hésitez pas à nous tenir au courant de toute enventuelle publication dans les domaines qui vous préoccupent.


Dans cette attente.


Bien cordialement.
S. 


 






A6de 16/01/2012 14:56

Je rajouterais encore un frein : celui de la médiation.
Le rapport aux offres culturelles (bien souvent prescriptives) nécessite une médiation, dans laquelle la communication joue un rôle important.
Mais à force d’usage, le terme de communication s’est limité, et derrière ce terme il faut le plus souvent entendre publicité, quand ce n’est pas celui de « réclame ». Dans son sens plus large, il
était question de dialogue, d’échange.
Pour qu’il puisse y avoir un rapport avec une offre artistique (quelle qu’elle soit), cela nécessite, dans la plupart des cas, un déclencheur, un désir. Ce désir provient justement de la médiation
: bien faite, elle donne envie.
Les formes de la médiation sont multiples ; presse, média, internet, publicité, annonces, amis, bouche à oreille, collègues, critiques, famille. Bref on peu distinguer deux forme, la médiation
directe et indirecte.
Quand on interroge le public sur ce qui le pousse à fréquenter tel ou tel équipement culturel, ou à lire tel ou tel livre, voir tel ou tel film, etc. on s’aperçoit que la médiation initiale joue un
rôle déterminant. Certes, je peux choisir un livre en référence à ce que je connais déjà, lire le même auteur, ou rester dans la même collection. Mais je peux aussi écouter mes proches, mes amis,
voir mon libraire, ou le critique, me parler d’un livre, leur faire confiance (surtout si leurs conseils ont déjà été avisés) et aller vers une nouvelle découverte.
Il fut un temps ou des études montraient qu’une personne satisfaite d’un service (et plus particulièrement d’un service public) en parlait à trois autres personnes. Par contre si cette personne
était mécontente, elle en parlait à dix.
Tout cela pour m’interroger sur la nature du désir de se cultiver.
Mais si la médiation joue un rôle déterminant, il me semble que les équipements culturels (les institutions) ont oublié son importance. Trop souvent la publicité semble suffire pour annoncer un
évènement particulier, ou, pire, un évènement va être créé pour servir de levier à un publicité « pour faire venir du public » (c’est souvent la cas dans les bibliothèques qui utilise l’animation
pour parler d’elles). Il en est de même des saisons des salles de spectacles. Un fois par an elles éditent un pensum un peu indigeste, réservé à un public déjà acquis, pour attirer les adhésions.
Où se trouve la médiation ? Est-ce ce mode de fonctionnement qui doit donner envie ?
Dans la perception que l’on peut avoir d’une masse de personne (le public et le non-public) on finit par catégoriser, émettre des jugements, des opinions, acquis souvent au fil des ans ou de
quelques études (quand elles existent). Cette vision subjective (il ne pourrait en être autrement), finit par influencer tout jugement (« les gens ils aiment ça », « pour ça ils vont venir »…) et,
plus grave, la stratégie ou le projet culturel et bien sûr la nature de la médiation.
Or la culture est à la fois un bien collectif et un parcours individuel grâce auquel je vais construire mon identité. Or pour m’enrichir culturellement, j’ai besoin de médiations et de médiateurs,
voir d’un peu plus (des contradicteurs par exemple) pour élargir mon champ de conscience.
Dès lors, entendre des « professionnels de la culture » émettre des jugements de valeurs sur le public me fait du mal. Les voir considérer la multitude (ou la masse) avant l’individu me gène
terriblement.
Il est peu être temps de se reposer la question de la médiation et d’envisager des actions destinées à la personne et à favoriser l’émergence renouvelé de désirs d’art et de culture.

Sisyphe 16/01/2012 18:05



Bonjour A6de et, en premier lieu : une très bonne année 2012 à vous !


Je vous remercie beaucoup pour votre analyse intéressente et circonstanciée relative à la "médiation".


J'aimerais maintenant percevoir, si vous le souhaitez et en prologement de votre exposé ci-dessus, les solutions matérielles que vous proposez afin de parfaire l'outil de la
médiation/communication et favoriser ainsi, selon vous, une meilleure accessibilité à la culture ...


Merci en tout cas de l'itérêt que vous semblez témoigner à ce blog.


A fort bientôt j'espère.


S.



Troptinette 26/07/2011 21:12


Croisons les 10 doigts de la main et les 10 des pieds ;-)
ça augmente les chances ;-)

Restons réalistes et demandons l'impossible ! ;-D


Sisyphe 27/07/2011 09:54



Exact, restons confiants.



TropTinette 17/07/2011 17:49


Dans les politiques culturelles novatrices il conviendrait donc de croiser la géographie des revenus de nos villes http://www.inegalites.fr/spip.php?article1375&id_mot=109, avec la géographie
des transports et d'accès aux équipements sociaux culturels http://elleesttroptinette.blogspot.com/2010/12/integration-innovation-et-developpement.html


… et pourquoi pas un droit à la culture opposable à l'image du droit au logement opposable?

Il faudrait être innovant à l'image des projets IGLOO (insertion globale par le logement et l'emploi)... http://www.igloo-habitat.org/igloo-france/demarche A moins de simplement y ajouter un volet
éducatif et culturel.

Reste à voir comment faire bénéficier le plus grand nombre de ces expérimentations fort intéressantes
http://www.habitat-humanisme.org/alsace/actualites/le-projet-igloo-mulhouse-passe-une-deuxieme-etape


Sisyphe 17/07/2011 18:08



Bonjour TropTinette,


ravi de vous "revoir".


Oui, l'idée d'un droit à la culture opposable me parait une excellente initiative. Un debat dans ce sens pourrait sans aucun doute faire "bouger les lignes" ...


Croisons les doigts donc pour qu'en 2012 un nouveau "printemps" pour la culture puisse apparaître dans le renouveau politique de notre société.



Lehalle 17/07/2011 11:30


Très bien cette liste des "incontournables"à la visite ou à une pratique culturelle! J'ajouterais bien, cependant,deux autres "freins" incontestables : celui de la "concurrence" au moment du
choix.Parce que aujourd'hui, contrairement aux années 1970 ou 1980, où les freins que vous décrivez existaient déjà,et n'ont donc, comme vous l'écrivez, pas fait l'objet d'un travail précis, le
paysage a évolué. En premeier, la diversité des propositions que nous recevons est devenue immense. Pour le "moment du choix"- se cultiver ou faire autre chose,ou ne rien faire...- les possibilités
se sont démultipliées. Plus accessibles,moins chères, sans inscription, ou presque! Activités sur Internet, qui pénalisent la "sortie"du domicile ou des lieux habituellement fréquentés; ou encore
activités ludiques, promesses de plaisir garanti( la wi, les jeux...),ou "discussions entre amis", via les réseaux sociaux : demandez aux français ce qu'ils préfèrent et vous serez vite fixés sur
cette nouvelle concurrence aux pratiques cultuelles. La Culture, toujours dans le symbolique, s'ingénie à dire de ces nouvelels activités hors travail et obligations quotidiennes " Oui, mais nous,
ce n'est pas pareil!". D'accord, mais s'isoler de ce contexte tout à fait différent, encore une fois, de celui de la decennie précédente, où cela nous conduira-t-il?Ou encore, mal le conmprendre (
la "Culture pour chacun" fut une très mauvaise analyse, car les réseaux sociaux, ce n'est pas regarder son nombril, bien au contraire. Et donc un flop retentissant.Plutôt que de tout réparer, comme
vous le proposez, je pense que mieux vaudrait partir de ce nouveau contexte et de le prendre en compte sérieusement. Par exemple, réparer la faille administrative, que vous décrivez très bien, en
tenant compte de ce noveaux contexte, et pas en améliorant des routines et des process tout à fait ancestraux( le dossier; les papiers; le déplacement pour s'inscrire, etc...).Il faut qu'un 10/12
ans puisse s'inscrire via le web, Facebook, ou pratiquer sur le web, comme le font les jeunes aux USA. "Mais nous, ce n'est pas pareil!" fait référence à une culture française rigidifiée de codes
d'accès divers et variés. On a toujours l'impression qu'il s'agit d'un parcours du combattant,que l'on doit "mériter" cette petite sucrerie ( une année de solfège ou un Pass musées...). Tant que ce
"Nous, ce n'est pas pareil" sera la phrase-clef, nous n'avancerons pas.Mais nous reculons chaque jour.Une preuve? A part pour le cinéma ( et encore, surtout pour y voir des les block busters US),
le public vieillit.


Sisyphe 17/07/2011 18:31



Bonjour Evelyne,


Merci pour votre fidèle et lumineuse contribution au débat relatif à cette importante problèmatique de l'accès à la culture.


Effectivement cela mériterait, de notre part et de nos élus, une reconsidération plus ... globale.


Les "inscriptions" des jeunes usagers (et des moins jeunes), dites-vous ?


Pourquoi pas. Reste que, hélas, la tant décriée "fracture numérique" est bien encore présente dans notre société et bon nombre de nos concitoyens ne bénéficient pas encore à ce ... service. A ce
droit.


Autre sujet épineux : l'accès à la culture pour les mineurs.


Quid de l'autorisation / responsabilisation des parents ?


Vous avez raison. Le public ... vieillit.


Mais ce constat fait partie d'une donnée démographique générale.


La population en France (et en Europe) vieillit ...


Adaptons donc nos pratiques culturelles pour satisfaire, davantage, nos séniors alors car, justement, le troisième, voire le quatrième âge constitue, malheureusement encore, le grand "segment"
absent dans notre capacité de penser la culture pour l'ensemble des catégories socio-professionnelles.


Quoi qu'il en soit n'hésitez pas à prolonger le débat grâce à d'autres suggestions et/ou des idées innovantes aidant ainsi l'émergence des solutions idoines de demain.