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6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 13:09

jeune publicIl y a de(s) Rubicon(s) que l’on n’en saurait, encore aujourd’hui, franchir sans contrariétés.

 

De nos jours le secteur culturel territorial n’est pas tout à fait  perçu par ses agents comme une entreprise et pourtant ses services s’inscrivent de plus en plus dans une exigence et dans un processus d’innovation indispensables pour faire face à bon nombre de contraintes nouvelles : exigence de la qualité, maîtrise des dépenses, mutations structurelles - à la fois réglementaires et statutaires - du territoire, optimisation des ressources humaines et matérielles …

 

Autant de facteurs qui demandent aux personnels d'encadrement, bien plus que par le passé,  de s’adapter sans cesse pour améliorer les services offerts aux usagers.

 

Ces évolutions auxquelles  la culture territoriale semble de plus en plus confrontée aujourd'hui, nous obligent à faire preuve d’une forte réactivité, de capacité d’initiative et, surtout, de créativité.

 

Notre management opérationnel s’inscrit désormais dans une large dynamique de changement.

 

Aujourd’hui être capable de formaliser efficacement le pilotage de nos activités, d’identifier, de choisir et de s’approprier des outils adaptés pour un management opérationnel, d’optimiser l’efficacité du fonctionnement de notre équipe, ou encore de trouver d’abord et d'affirmer ensuite sa légitimité de cadre, exige de devoir  rechercher encore plus l’implication et l'appui d’outils efficaces et indispensables pour définir les procédures techniques de suivi telles que : l’organisation du reporting, déterminer la pertinence des indicateurs et des tableaux de bord de chaque structure artistique et culturelle et d’en évaluer, ensuite, les résultats atteints.

 

En somme, pour assurer notre mission première, c'est-à-dire de répondre aux besoins de médiation, de création et de diffusion  artistique et culturelle de la population, le cadre de la filière culturelle doit savoir impulser davantage de créativité dans ses propres valeurs et de savoir-faire dans son management.

 

C’est pour cela que la conduite des projets implique non seulement une capacité opérationnelle mais également une habilité qui n’est pas exclusivement une pure application technique des méthodes acquises.

 

Etablir un climat de confiance avec les différents acteurs qui charpentent le projet culturel dans le territoire : élus, usagers, agents culturels, partenaires associatifs, sociaux, éducatifs, etc. requiert une souplesse élevée dans les relations humaines qui maillent nos actions et, identiquement aussi, un immense pragmatisme.

 

Ca c’est pour la théorie.

 

Reste que dans la pratique les difficultés demeurent nombreuses.

 

Le management des équipes n’est pas une chose aisée et suscite sans cesse des difficultés qui interpellent une adaptation constante.

 

Un management par la négociation en quelque sorte.

 

C’est peut-être ici que le parallèle avec le monde de l’entreprise s’arrête.

 

Bien plus que partout ailleurs, nous devons être rompus à la négociation. 

 

C’est à la fois notre « servitude » et notre force car cela nécessite, pour un bon nombre d’entre nous, de pouvoir revoir certaines de nos pratiques par le biais d’une vision externe.

 

Un attrait  et une règle à la fois qui consisterait à rapprocher notre représentation des priorités, avec celles … d’autrui.

De nos partenaires.

 

Pas toujours facile donc de faire enter dans nos habitudes une nouvelle méthode de piloter les services placés sous notre responsabilité directe.

 

Toutefois l’élaboration de chaque procédure de suivi et d’évaluation qui serait issue de la négociation pourrait, à terme, se révéler un atout essentiel dans notre approche du management.

 

Une démarche différente car plus participative et davantage adjacente à une démarche qualité.

 

Des aspects  managériaux qui peuvent s’expérimenter au quotidien et qui, dans notre confrontation à la fois exigeante et sensible avec la somme des contraintes que nous connaissons aujourd’hui, pourraient favorablement et durablement aussi façonner notre identité de professionnels de la culture en attendant, qui sait, que dans un futur proche cela ne puisse devenir une obligation légale ou réglementaire.

 

Une manière de pressentir et prévoir, plus que subir, les changements à venir. 

 

Pour bien anticiper ces changements, cela va de soi, il n’existe pas de recette miracle.

 

Seule l’expérience compte et l’audace d’initier un travail constant qui permette de comprendre à quel point il faut savoir désormais non seulement ouvrir les yeux, mais surtout s’ouvrir aux autres …

 

Admettre qu’en toute chose, il y a matière à apporter une amélioration.

 

Trouver des ressources inexploitées relève des défis et des obligations qui désormais nous attendent en tant que cadres territoriaux de la filière culturelle en pleine mutation.

 

S’approprier quotidiennement des outils de management sans cesse renouvelés  représente aussi une porte ouverte à de nouvelles pratiques de gestion de demain.

 

Cela mérite simplement que nous  puissions et avec confiance, oser franchir le pas.

 

Que sincèrement nous sachions aussi réfléchir et partager conjointement avec l’ensemble des partenaires territoriaux sur le modèle de l’organisation que nous ambitionnons pour la gérance de nos services  et dont la responsabilité de leur développement et de leur gestion durable nous incombe pleinement désormais.

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commentaires

Jérémy Rak 13/05/2013 16:57

En effet le secteur culture est en constante mutation et doit de plus en plus s'adapter à une réalité terne (manque de financement, soutien difficile des collectivités, pratiques et logiques de
financement à repenser...)
Votre analyse nous intéresse et nous aimerions entrer en contact avec vous. Nous sommes une association formant aux métiers de la culture. Vous pouvez trouver toutes nos informations sur notre
site: http://www.culture-ic.com/

Sisyphe 14/05/2013 11:02



En effet  peut-être plus que toutes les autres organisations économiques culturelles et sociales, l’administration doit s’interroger sur sa capacité à manager l’innovation. Les managers
publics se trouvent de plus en plus confrontés aujourd’hui à la nécessité d’innover et doivent savoir révéler de multiples défis.


Personnellement,  il me parait utilement riche et particulièrement enthousiasmant de contribuer ainsi à la réflexion collective autour l'ensemble de ces  sujets aux enjeux si essentiels