On a beau considérer l’extrême diversité des méthodes et des outils liés au « bon » management, force est de constater que nous nous confrontons toujours à la
singularité d’une situation et qui, par les individus qui la compose, nous semble à chaque fois tellement différente ou unique, qu’aucune généralité en matière de management paraît lui convenir.
D’où la question : mais c’est quoi, au juste, le management ?
Peut-on seulement imaginer de gérer une équipe par le seul fait d’organiser ou d’absorber les incertitudes qu’elle engendrait ? Ou encore par la capacité de réduire l’éventail des possibilités ? Ou par la seule prédisposition de synthétiser et d’interpréter les informations ? Ou encore par la bonne capacité d’établir un degré opérationnel des probabilités ?
Rien n’est moins sûr.
Instrumenté par certains afin de coordonner l’action ainsi que les objectifs que l’on fixe à d’autres, l’art de manager aboutit à la nécessité de maîtriser avant tout, bien plus que les hommes, certains domaines principalement plus subtils tels que : l’économie, l’histoire, la politique, la psychologie, ou encore la philosophie.
Manager avec succès ça comporterait ainsi une certaine capacité de prévoir, organiser, décider, analyser, motiver, évaluer …. Bref : une certaine intelligence de … la communication avec autrui.
Pouvons-nous dès lors construire - instinctivement - notre action de management au-delà des « modes », ou des penchants managériaux qui « font loi » aujourd’hui ?
Pouvons-nous aussi sans cesse réinventer l’avenir d’une organisation selon les « tendances » du mangement dans « l’air-du-temps » ?
Chaque mois, des ouvrages laudateurs sur les nouvelles techniques de manager les équipes, sur les coachs en management et le développement personnel, envahissent les rayonnages des librairies.
Des coachs indispensables ou … des primaires gourous surfant trivialement sur les modes sociétales du moment ?
Manager en somme, désignerait le choix qu’il nous est donné d’assumer afin de rechercher l’équilibre les plus adéquat entre les résultats escomptés et la capacité de partager des connaissances avec autrui.
Innover et donner aussi des latitudes à ceux qui nous entourent, autoriserait, semble-t-il, la construction et l’interprétation d’un environnement professionnel salubre et composé principalement d’objectifs communément admis.
Simple comme le bonjour, n’est ce pas ?
Et pourtant, au quotidien, les choses ne semblent pas toujours si sommaires que ça.
Comment alors ne pas être surpris face au constat de tant de complexités là où les principes sembleraient pourtant si faciles, si clairs, si … humains.
Je n’ai pas oublié mon professeur de philosophie qui jadis lança à la classe et sur un ton un brin provocateur :
« Manager les hommes est un jeu d’enfant ! »
« Pourquoi ? » Lui a-t-on demandé ?
« Parce que les hommes ont en principe tous deux bras, deux jambes, un cœur et un cerveau … au fond, ils sont tous les mêmes ».
Sacrée : « autorité » … naturelle !
Nous pouvons toujours nous appliquer, rechercher ou, pire encore : singer les tendances du moment, ou encore s’approprier de toute nouvelle approche à la mode ou encore très : « up to date »...
Dévorer inutilement aussi les théories les plus pointues, comme s'abreuver de chimères les plus extravagantes du management « high tech », alors que les hommes sont, à priori, toujours les mêmes …
Vos Echos