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21 janvier 2010 4 21 /01 /janvier /2010 12:57

Barbeles 2Certes, à l’intérieur de notre l’hexagone et au sein de l’espace communautaire Européen, il semble encore tout à fait possible d’accepter l’échange des idées autour des libertés culturelles. Or, un tel débat, en principe consensuel à l’intérieur de nos frontières,  a une prédisposition à se crisper lorsque ces visées s’étendent aux cultures et aux artistes extra communautaires car la politique des visas paraît aujourd’hui, bien plus que dans le passé, de plus en plus restrictive.

 

Toutes celles et tous ceux ayant hasardé la conception et la mise en œuvre d’une manifestation de type : festival, congrès, assises, colloque, etc, avec des intervenants extérieurs à la zone Europe, peuvent l'attester.

 

L’octroi bien parcimonieux des visas,  semble être utilisé pour que  les gouvernements puissent garantir, à leurs ressortissants nationaux, d'être bien à « l’abri » des étrangers.

 

Ces principes, liés à certaines politiques des visas, présentent des risques d'édicter des lois non seulement  très restrictives, mais également xénophobes, en matière d’immigration.

 

Des tensions qui peuvent incrémenter aussi la réapparition d’une certaine logique nationaliste.

 

Pour les acteurs du milieu culturel, qui scrutent et ambitionnent le monde comme un lieu d’échange permanent, un tel protectionnisme apparaît toujours comme insensé, pour ne pas dire : irresponsable.

 

D’ailleurs les « appels » lancés, d’ici ou là, en faveur de la liberté de mouvement des acteurs culturels, ont été, de tout temps, nombreux.

 

Or, ils sont pléthore en ces temps-ci. C'est dire ...

 

Nous avons traversé des époques plus ou moins inclines à « l’ouverture ou à la fermeture ».

 

Force est de constater que la prédisposition de la société d’aujourd’hui est bien résolument à la fermeture non seulement de nos frontières, mais aussi des idées.

 

Là où les mesures en matière d’immigration apparaissent les plus contraignantes, la liberté d’expression régresse et l’accès à la culture fléchit.  

 

Le besoin pour un bon nombre d’acteurs culturels de se sentir solidaires face aux risques de voir apparaître encore plus d’inégalités et d'exclusions à l’accès au savoir et à l’universalité du patrimoine artistique et culturel, témoigne d’une vigoureuse volonté de s’ériger contre toute tentative de cadenasser et d’isoler la société à l’intérieur de ses distinctes, quoique restreintes,  frontières géographiques.

 

S'insurger à l'encontre de tout dessein de contraction du rayonnement culturel, de la création et de l’échange, signifie rayer toute insidieuse  propagation de la « peur de l’autre ».

 

La particularité du travail du créateur est d’engendrer « l’objet artistique » et non pas de questionner autrui au sujet de ses origines : « d’où viens-tu » ?

 

Les crises sociétales que nous vivons aujourd’hui, avec leurs kyrielles de récessions qu’elles comportent : financière, économique, sociale, éducative et culturelle, semblent encor plus accélérer l’érosion des représentations que nous avons de la  citoyenneté.


De l'image aussi que nous avons de l’ouverture à autrui et qui aide à rénover notre manière de vivre ensemble.

 

Chaque crise aggrave et fragilise aussi un peu plus le chétif avancement des concepts novateurs pouvant modéliser la société dans laquelle nous vivons.

 

Les idées, les valeurs, les cultures, les aspirations, les utopies, comme les représentations du monde dans lequel nous existerons demain, semblent malencontreusement ne plus irriguer, ni encore moins féconder, l'émergence  d'idéologies visionnaires de nos politiques d’aujourd’hui.

 

Les besoins que l’on exprime un peu partout dans la planète en matière de culture, de progrès, de partage et de liens sociaux durables entre les peuples, restent ignorés par bon nombre de nos décideurs politiques.

 

Or, l’art et la culture, par ce qu'elles expriment universellement,  peuvent nous indiquer quels cheminements emprunter pour, ensemble, réussir.

 

Le concept de « patrimoine culturel » n’est pas un sujet « personnel », ni encore moins : national.

 

C’est une richesse universelle et, en tant que telle, ne peut connaître des frontières.

 

C’est aussi un sujet qui importune et qui,  politiquement,  semble bien délicat à gérer.

 

L’évitement des débats correspondants à la société que nous ambitionnons pour demain, incite à un lent repli sur soi.

A l’indifférence. A l’assoupissement aussi de notre éthique.

 

Comment dans ce contexte morose parvenir encore à lutter activement et efficacement contre toutes les intolérances actives ou passives qui font, si singulièrement et si durablement, le lit du racisme, de l’exclusion et de la xénophobie ?

 

Comment réactiver le plus universellement possible le dialogue interculturel afin d’endiguer toute forme - ou tentation - de protectionnisme qui lorgne parmi un bon nombre - d’hasardeuses - « politiques culturelles »  d'aujourd'hui ?  

 

Pour quelle raison actuellement la défiance entre les instances politiques et les acteurs culturels semble progressivement et inéluctablement se renforcer ?

 

Et l’usager et le public dans tout ça ?

 

Ouvrir les frontières à l’échange, à la confrontation et à l’expérience avec autrui, implique bien plus qu'une simple définition d'imprécises correspondances nationales.

 

Cela devrait plutôt comporter une meilleure capacité de partager universellement des audaces atrement plus congrues à rassembler. 


Etre capables encore à nous enthousiasmer, à nous rendre plus compétents, plus visionnaires. 


Résolument motivés pour les changements avec sincérité.

 

Mieux défendre aussi, en tant qu’acteurs culturels, une cause qui ne semble pas encore clairement bien définie, contrairement à celle des groupes de défense de l’environnement ou des droits de l’homme.

 

Bref, nous inciter à renouer nouvellement avec une authentique forme de militantisme permettant de mieux caractériser le fond - et non seulement la forme - de nos actions et de nos idées en matière d’art et de culture.

Émettre et accueillir, au-delà de toute frontière, avec beaucoup d'altruisme et une ambition infinie, un incontestable et plein désir de transmutation des sociétés.

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