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17 septembre 2010 5 17 /09 /septembre /2010 10:40

chaine-brisee.jpgLes analystes nous ne l’ont que trop bien expliqué au cours de ces deux dernières années et à longueur de pages dans les quotidiens nationaux : crise économique et récession se sont solidement ancrées dans le pays.

Pis encore, la crise des finances publiques a pour sa part, des racines encore plus profondément ancrées dans le paysage institutionnel.

Frappant principalement l’Etat,  cette crise conditionne drastiquement l’évolution des politiques : taxe professionnelle, décentralisation de charges sans transfert équivalent des ressources, etc ...

Elle s’étend désormais aux collectivités territoriales.

Les Départements écrasés sous le poids de leurs compétences sociales, une situation par certains aggravée, par des boursicotages financiers contestables et irresponsables qui jamais n’auraient du être envisagés.

Les Régions qui sont sans marges de manœuvre tandis que les Communes se retrouvent aujourd'hui en première ligne face aux destructions massives d’emplois et défavorablement impactées par la suppression de la taxe professionnelle.

Fortement tributaire de la manne publique mais aussi dépendant des lois du marché, le secteur de la culture est doublement affecté par cette crise économique et financière.

Un peu partout l’on assiste, en cette rentrée traditionnellement promise aux annonces des nouvelles saisons culturelles, à des manifestations reportées ou encore annulées ; à une législation qui s’endurcit ; à des postes laissés vacants ; à des formations abandonnées faute de crédits nécessaires ; ou encore à des investissements, pourtant symboliquement inscrits dans les professions de foi des candidats aux municipales de 2008, différés ….

Il semble assez clair que les conséquences de cette conjoncture difficile affectent aujourd’hui de façon assez concrète l’économie de la culture locale.

La plupart des indicateurs qui, habituellement, expriment la vitalité d’un territoire en matière d’animation culturelle et éducative, sont sur point de passer de l’orange au rouge.

La vigilance et la prudence sont, partout, de rigueur et nombreux sont ceux qui appréhendent que, derrière ces arguments économiques, il puisse y avoir le prétexte « idéologique » prônant la reprise en main de la culture par l’élu municipal.

Oui. Et alors ?

Est-il vraiment si choquant qu’un élu sache recommander à ses agents une plus rigoureuse gestion en matière d’animation culturelle,  ou encore une généralisation de la culture de l’évaluation   doublée  d’une réelle prédisposition à rendre des comptes ?

 

Souvenons-nous de ces belles périodes d’abondance qui constituaient, entre autre, les  conséquences innovantes du maillage intercommunal, départemental et régional du territoire au cours de la dernière décennie.

Une période particulièrement significative en matière de dépenses, aussi bien en fonctionnement qu’en investissement et impactant favorablement les grands équilibres dans la répartition des dépenses du rayonnement culturel des territoires.

Entre 2002 et 2006 nous avons tous connu une euphorique période d’abondance. Las. Aujourd’hui cette période semble, pour combien de temps encore, révolue.

Que faire donc ? Trois postures semblent aujourd’hui envisageables : celle anxieuse et tourmentée qui consisterait à voir partout une menace et soupçonner les élus de vouloir à tout prix vouloir régler leurs comptes aux « cultureux », ou encore celle prescrivant l’agencement de l’action culturelle locale sans pensée structurée, juste pour donner l’impression de faire, d’une manière démagogique : populaire …

Ou bien, un comportement autrement plus responsable qui placerait l’agent au cœur de sa véritable et fondamentale mission de service public.

Un rôle en somme qui, à coté de l’élu,  consisterait principalement à mieux réussir le projet culturel quitte à le repenser entièrement.

De s'engager à  réussir nos engagements en matière de démocratisation culturelle, à rechercher de nouvelles et plus innovantes sources de financements, à mieux appréhender les nouveaux comportements des publics et à inciter la production et le développement concret du projet artistique et culturel d’un territoire.

D'être convaincus qu’à coté de tout gestionnaire accompli, devra émerger un animateur émancipé capable de penser, sélectionner, comparer et interpréter le territoire. 

Quelqu’un d’exercé, non seulement à agir, mais également en capacité de fédérer et de communiquer aux autres une plus personnelle mobilité et richesse de l’esprit.

Un agent sachant exprimer clairement un désir de transparence issu de sa volonté authentique et sincère.

De savoir engager sa propre sensibilité qui distinguerait efficacement et avec générosité les différences, les nuances et les similitudes qui interagissent paradoxalement entre la culture - comprise comme un espace de rassemblement - et l’art qui cultive les différences et les singularités, voire les oppositions.

Créer sans cesse des passerelles entre ces deux univers : voilà notre plus intime mission de service public.

Un devoir aussi, qui nécessite à la fois de la cohérence, de la clarté et, aussi, de l'effort. 

Des atouts qui se vérifient être, au fond,  notre plus surprenante pharmacopée contre la crise et la morosité ambiante.

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