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8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 16:12

 

Bib.-Numeriques.jpgAujourd’hui les bibliothèques numériques doivent faire face à un contexte législatif extrêmement mouvant et subtil car les « droits » ne sont plus limités par des frontières géographiques déterminées. Grâce à Internet, ces frontières sont à présent planétaires.

En outre, les bibliothèques numériques doivent gérer la complexité due à la typologie d’abondants «objets numériques» existants, tels que : logiciels, bases de données, supports multimédia, données intégrées… et chacun de ces nombreux supports numériques appelle, en matière de droit, un espace législatif distinct.

Durant ces dernières années, en raison de la multiplication de ces supports informationnels et de la prolifération des réseaux de diffusion, la législation sur le droit d’auteur a été caractérisée par un nombre croissant de réglementations en tout genre.

Le législateur, sollicité sans arrêt par les propriétaires de l’œuvre intellectuelle et par son industrie, ne paraît pas toujours bien maîtriser l’équilibre entre, d’un coté les attentes des professionnels et, d’autre part, les expectatives des publics en matière d’accès aux œuvres et à l’information.

Comment protéger convenablement la propriété intellectuelle sans pour autant entraver l’accès universel au savoir ? Comment construire une règlementation efficace sachant, qu’aujourd’hui, la technologie offre une grande facilité en matière de copie, accès, transmission et utilisation des œuvres protégées ?

Difficile dans ces conditions de parvenir à une harmonisation du droit communautaire entre les différents Etats, lesquels évoluent surtout dans des logiques économiques, culturelles et identitaires bien distinctives.

Ainsi la somme de tous ces différents mille-feuilles réglementaires - générés par l’insuffisance de coordination entre les divers pays souverains contribue à complexifier le travail des bibliothèques, chargées de la conservation et de l’accès aux œuvres numériques, culturelles, éducatives, ou encore, patrimoniales.

L'accentuation du phénomène d'auto-publication, de l'accès libre à l’information et à ses ressources a, par exemple, induit l’utilisation du « géant » Google pour des millions de personnes. Ce moteur de recherche, gratuit et performant, symbolise au niveau planétaire une entrée à un grand nombre de services sans limites et une large ouverture, apparemment pour tous, aux ressources publiées sur le web.

La complexité de cet environnement infiniment changeant, aux évolutions technologiques rapides et en mutation permanente, pose aujourd’hui le double problème de la garantie et de la fiabilité de l’accès aux ressources numériques … de qualité. Cela doit, identiquement, nous faire réfléchir à quel modèle de protection efficace nous ambitionnons en matière de lois pour la propriété intellectuelle.

Aujourd’hui le droit à l’information, à la culture, à l’éducation, au savoir et … au numérique, doit être considéré par le législateur comme un facteur sociétal de progrès. La règlementation doit réunir les conditions qui améliorent l’accès libre et universel de tous à l’information, le choix éclairé des supports disponibles qui en permettent les entrées et, enfin, la juste protection des droits pour les auteurs.

Les offensives déclenchées actuellement par les géants de type Google (désireux de numériser massivement les biens patrimoniaux mondiaux), supplantent les moyens indigents accordés aux bibliothèques patrimoniales, lancées à leur tour - avec un brin de retard et très peu de moyens - dans la course à la numérisation des fonds locaux.

Finalement le numérique gagnerait aujourd’hui à être considéré, par nos décideurs, comme un enjeu majeur du service public de demain au lieu d’être, parfois, admis comme un banal embarras bibliothéconomique parmi tant d’autres.


 

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25 septembre 2009 5 25 /09 /septembre /2009 10:07

bnf.jpgAlors qu’en France les controverses  autour la loi Hadopi font toujours débat, un nouveau dossier « digital » vient rajouter une couche de pixels empoisonnés à la polémique. Il nimbe le dessein de Google  et  son projet visant à numériser, « Orbi et Urbi »,  les imprimés du monde entier.

Ce projet planétaire et la kyrielle de controverses  qu'il provoque, touche également la France et plus particulièrement aujourd'hui, le fonds de la BNF.

Les nombreuses critiques qui s’élèvent un peu de partout dans le pays intéressent la nouvelle direction de l’institution française car elle serait actuellement en négociation avec le géant américain pour lui confier la numérisation - d'une partie (?) - de son fonds.

Souvenons nous déjà que sous la présidence de Jean-Noël Jeanneney, la BNF avait naguère pourtant fortement résisté au géant américain et plébiscité son propre programme, pourtant couteux, de numérisation : Gallica.

En effet, alors qu'elle ne reçoit de l'Etat, au titre de la numérisation, que 5 millions d'euros par an, versés par le Centre national du livre, la BNF estime qu'il faudrait entre 50 et 80 millions d'euros pour numériser le seul fonds de la troisième République, avec ses propres moyens. Selon les formats et la qualité de numérisation souhaitée, l'informatisation d'un livre coûterait à la BNF entre 0,12  et 0,74 euro par page.
Un prix probablement sans commune mesure avec ceux de Google, d'autant que ce dernier  disposerait  d'outils à la technicité ... confidentielle pour numériser dans une vitesse record ...
Aujourd'hui, avec plus de 25.000 partenariats signés avec des éditeurs dans le monde, Google compte plus de 10 millions d'ouvrages numérisés.

Sans surprise, Google  se prépare aujourd'hui, à ouvrir un service d'achat de livres en ligne pour les ouvrages sous droits découlant d'un catalogue de plus de 1,5 million de livres numérisés et qui déjà proviennent d'accords avec les éditeurs.

En France, seuls 150.000 livres d'auteurs français auraient été numérisés par Google et l'entreprise américaine souhaiterait, on s’en doute, aller beaucoup plus vite.

Bref, après avoir fermement bataillé contre la numérisation des ouvrages européens par le géant américain Google, la Bibliothèque Nationale de France (BNF) serait maintenant sur le point de céder au moteur de recherche, imbattable sur les coûts et les délais, la  numérisation de ses ouvrages.
Au Ministère on essaye, tant bien que mal,  de calmer le jeu.

Mais ... l’ascaride est déjà dans le fruit …

Car si la numérisation est un formidable outil d'accès aux collections, elle est devenue de nos jours, également le complément naturel de toute base des fonds.
Difficile donc faire marche arrière.
La numérisation est aussi un formidable outil de préservation des collections, cependant cette opération devrait toujours s’insérer dans un processus exigeant de traitement « archivistique » patrimonial non seulement souhaité mais également maîtrisé.
La numérisation ne devrait pas  en être le substitut.

L’inventaire, le catalogage et, surtout,  la réflexion sur la conservation physique des documents devrait ainsi se situer en amont de tout projet d’archivage électronique, pas en aval. 
Tout projet de numérisation  nécessiterait également  de s’articuler toujours autour d’une volonté éthique forte relative au droit de reproduction de l'oeuvre et à l’analyse du fond patrimonial.
La bataille numérique, en France, ne fait que commencer.

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27 avril 2007 5 27 /04 /avril /2007 23:50

NTIC---Bibliotheques-publiques.jpgMettre Internet à la disposition du public constitue une mission primordiale pour chaque bibliothèque publique qui se

doit de sensibiliser les usagers, autre qu’à la lecture, aux NTIC.

Cette mission est à la fois documentaire et sociale.
Chaque bibliothèque considère désormais aujourd’hui les NTIC comme des outils qu’il convient de socialiser, de banaliser par l’apprentissage de l’accès à une information de choix, sélectionnée et validée.
Ce travail de banalisation de l’outil et de formation à la recherche documentaire doit viser plus encore les catégories qui n’ont pas encore accès aux réseaux informatisés, ni chez eux, ni sur leurs lieux de travail.
 
Développer les accès publics gratuits à Internet
Des bornes gratuites à Internet, dans la plupart de bibliothèques de la Région Parisienne et en France, sont ouvertes aux publics.
Les écoles ont un rôle important à jouer. Elles doivent familiariser les jeunes générations à l’utilisation du matériel informatique.
La formation des jeunes au multimédia doit se mettre en place dans de nombreux établissements, culturels, sociaux et éducatifs, de la ville.
Mais l’introduction massive de la technologie dans l’éducation doit impérativement être accompagnée d’un travail en profondeur de réflexion. C’est dans cette réflexion et dans cet accompagnement que la bibliothèque publique a un rôle très important à jouer.
 
Initier le public à l’utilisation Internet
Les réseaux sont chers tout comme l’équipement informatique. Mais l’accès ne consiste pas uniquement dans la connexion. Sans formation, que peuvent faire les usagers ? Internet il faut savoir l’utiliser. Mener à bien une recherche documentaire s’apprend. Et c’est le rôle des bibliothécaires que d’initier et de former son public aux outils de recherche, donc à l’usage de l’Internet.
Au programme :
  • moteurs de recherche ;
  • formation de requêtes ;
  • utilisation des opérateurs booléens ;
  • etc.
Trier les informations qui sont pertinentes et celles qui ne le sont pas.
La bibliothèque publique peut inciter les internautes à la prudence, développer leur esprit critique par rapport au contenu d’Internet.
La bibliothèque doit aussi sensibiliser les publics (tout public) aux risques liés aux NTIC, notamment pour ce qui est du traitement des données nominatives, des contenus illégaux …
La bibliothèque doit jouer un rôle d’intermédiaire entre l’usager et l’information. Elle organise les contenus, conçoit des outils de navigation, facilite l’accès à l’information, stimule le processus de l’enseignement, de la formation et de la recherche.
Le bibliothécaire doit s’efforcer de la sorte de tirer parti de ses compétences pour guider  et initier les néophytes.
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