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24 septembre 2010 5 24 /09 /septembre /2010 16:57

offre culturelle personnes âgéesLes crispations sociales autour des propositions gouvernementales de repousser l’âge du départ à la retraite, ou encore, celles relatives aux réformes des enjeux économiques visant à promouvoir la santé dans le contexte de l’avancée en âge : plan Alzheimer, cinquième risque, soins à domicile, plan cancer, et tant d’autres posent toutes le même problème : les moyens à mobiliser pour faire face au lent et inexorable vieillissement de la population et à la santé de nos aînés.

Devant le progrès de l’espérance de vie, la question du vieillissement de la population est devenue aujourd’hui un enjeu social et économique majeur, puis, on l’oublie – trop – souvent : culturel aussi.

Le développement des villes, de leurs infrastructures et de leurs offres sociales et culturelles doit passer par une mise en place nécessaire de  services de qualité pour ceux qui y vivent avec bien entendu, la prise en compte des nouveaux  besoins distinctifs des personnes âgées. Lesquelles nécessitent « des aménagements »  essentiels pour que la ville leur soit plus accessible et plus adaptée dans le domaine des transports, de l’urbanisme et de la participation citoyenne ; plus acceptable, plus humaine et plus généreuse aussi en prestations culturelles et sociales.

Il est de plus urgent, compte tenu de ces constats démographiques, de rechercher à mettre en place les conditions favorables non seulement à la santé mais également à la valeur et à la qualité de vie pour l’ensemble de la population, y compris pour les personnes âgées.

Or, pour la plupart des municipalités de notre pays, le volet culturel est le plus souvent le grand oublié de ces programmes (social et prévention), de ces initiatives ou encore de ces projets qui ambitionnent à promouvoir la place des seniors dans la cité.

D’une manière simple, adaptée, agissante et surtout efficace, le projet d’une offre artistique et culturelle pour les personnes âgées, lorsqu’il existe, favorise l’intégration à part entière des seniors dans les espaces de la vie quotidienne. De même que l’action culturelle favorise la prise de parole, l’expression et la communication intergénérationnelle des citoyens entre eux.

Nous bénéficions - et c’est très bien ainsi - dans nos institutions d’une surreprésentation  de services et d’offres amplement dédiées à la jeunesse.

A quand un service « vieillesse » qui se généraliserait dans nos municipalités ?

A quels problèmes se heurtent les personnes âgées dans nos villes ?

Que manque-t-il à la ville et à ses quartiers pour améliorer leur participation sociale ?

Dans quel autre domaine que l’art et la culture le contact avec les autres classes d’âge est rendu possible ?

Favoriser la mobilité de l’esprit, de l’échange et les rencontres  des personnes âgées avec toutes les catégories de la population présentes dans une ville favoriserait la prévention de la dépendance, de l’isolement et de toute autre pathologie liée au grand âge, dont la vulnérabilité et l’impression de solitude, que ressentent les personnes âgées.

 

Ne pas prendre en compte ces réalités sociales et démographiques en dit long sur ce progressif glissement vers l’incivilité que ressentent, au quotidien, les aînés.

Un sentiment qui les renvoie à leur degré d’insertion trop altéré dans le tissu social de l’environnement dans lequel ils vivent.

Or en prenant le parti d’approcher qualitativement aussi les besoins culturels complexes d’une population hétérogène, cela permettrait de repérer les dysfonctionnements et de formuler, enfin,  des nouvelles propositions.

De passer aussi en quelque sorte d’une logique de service à une logique de « service rendu » pour l’ensemble de la population, y compris les personnes âgées.

Pour ce faire, il faudrait peut-être que l’ensemble des acteurs locaux apprennent à mieux mutualiser leurs expériences en systématisant des allers-retours entre théorie et terrain.

Ceci permettrait d’apporter un retour fructueux et favoriserait l’émergence des orientations et des systèmes à mettre en œuvre ainsi que toute autre proposition efficace d’amélioration ; mais aussi de mesurer l’impact des mesures prises en direction des personnes âgées aptes à favoriser l’éradication  de cette inconsciente,  incompréhensible et irréfléchie « discrimination » que les seniors subissent encore aujourd’hui en matière d’offre culturelle.

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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 14:04

Connexions politiques culturellesLes deuxièmes Assises Nationales des Dac auront lieu les 6 et 7 mai prochain à Toulouse. Dans ce nouveau millésime du raout professionnel consacré à la culture et au métier de Dac, on s'iimpatiente déjà de recueillir les contributions des débats autour des enjeux si importants et des articulations symptomatiques des politiques publiques territoriales en matière de culture.


On ressent déjà, un peu partout, un certain bouillonnement attaché à ces rencontres. Une effervescence incontestablement motivée aussi par les prochaines « régionales » de mars prochain

 

Quoi qu’il en soit, cette deuxième rencontre professionnelle permettra encore d’évoquer les mutations - ou les réformes - attendues dans la territoriale. Des changements qui agiront certainement sur les implications et les rôles des métiers de la filière culturelle en général  et du Dac, en particulier.

 

Pourtant le désir de phosphorer collégialement en matière de(s) culture(s) et de(s) territoire(s), ne date pourtant pas d’hier.

 

Tant bien que mal, on n’a pas cessé d’agiter le « bocal » des terres culturelles depuis - au moins : 1992 - date à laquelle, souvenons-nous, il y eut l’avènement  du bien célèbre :   Traité de Maastricht car, dans les soubassements de ce texte, se profilait en filigrane déjà, pour chaque état signataire, le débat des identités culturelles et des territoires. 

 

Plus tard en 2004, la Charte des Droits Fondamentaux, (notamment dans son article 22 relatif à la « diversité culturelle … » et de son : programme Culture), a autorisé un « aggiornamento » aux pressants impératifs de rénovation des politiques culturelles et tout particulièrement dans leurs corrélations aux publics.

 

Ces deux dates ont démontré, si besoin est, à quel point il était à la fois important et urgent de promouvoir et de renforcer les mouvements et les circulations culturelles dans le(s) territoire(s). 

 

De permettre aussi un meilleur développement du patrimoine culturel en tant que fondement de l’identité et de l’unité des citoyens partout en ...  Europe.

 

Il était temps que les débats puissent, après cette trop longue interruption, se poursuivre à Toulouse car, aujourd’hui,  il y a urgence.

 

Ces discussions concerneront pourtant, les seules préoccupations hexagonales.

 

C’est déjà bien, pérorerez-vous.

 

Certes ! Mais d'avoir eu la capacité d'envisager l'élargissement de ces échanges à l'échelle européenne, ça aurait été encore mieux.

 

Discourir en "vase clos" sur les seuls enjeux franco-français peut comporter, à la longue, la menace de se révéler infécond.

 

Quel dommage ainsi de ne pas avoir, encore une fois, l’occasion de mesurer nos expériences avec celles de certains de nos homologues européens. Cela aurait pu nous apprendre, enfin, à regarder plus loin de nos frontières hexagonales.

 

Des rencontres à l’ambition européenne auraient pu aussi, peut-être,  encourager davantage, l’éclosion  de principes autrement plus fondateurs d’identité et d’unité des peuples entre eux.

 

Accélérer pareillement  aussi notre capacité de progresser.

 

De rattraper tout ce temps perdu depuis 1992.

 

De tourner, enfin,  définitivement la page de notre faible capacité de mutualiser nos expériences. De notre penchant de la bricole pour une « cuisine » culturelle mijotée dans un ahurissant isolement professionnel.

 

L’imminence des rendez-vous nationaux de Toulouse, nous révèle peut-être qu’il serait temps de faire émerger aujourd’hui des scénarii dans lesquels le projet culturel cheminerait progressivement vers une dimension plus multidisciplinaire et davantage communautaire.

 

Que nous serions capables enfin, de favoriser efficacement l’émergence de nouveaux cadres réglementaires davantage plus adaptés et plus spécifiques aux changements de notre métier.

 

D’interagir avec des « appuis » avérés dans un environnement sans cesse en mouvement et changeant.

 

De mieux comprendre les frontières dans lesquelles la planification culturelle s’accomplira demain et quelles seront les aptitudes nouvelles nécessaires pour l’accomplir.

 

Appréhender aussi un espace administratif rénové  nous permettant de participer davantage à « l’à propos » de la réglementation aujourd’hui en vigueur dans la territoriale.

 

Indubitablement notre fonction de Dac doit être apte à se projeter dans la représentation concrète des territoires neufs qui se dessineront demain.

 

A révéler des méthodologies nouvelles qui parviendront à mouvoir qualitativement, dans chaque territoire distinct - urbain ou rural - des volets économiques et sociaux d’une audace et d’une détermination sans faille et  jusqu’alors inédits.

 

C’est pour cela que nous devons nous intéresser à ce qui se passe bien au-delà de nos frontières.

 

Réfléchir à la manière de renforcer la coopération et la mutualisation des ressources en dépassant les clivages, ou les limites, qui stoppent notre action aux pourtours géographiques de notre pays.  

 

Désormais l’élu et le Dac doivent apprendre à cheminer ensemble et à regarder loin.

 

Proposer conjointement l’émergence de nouvelles réalités politiques et de nouveaux savoir-faire techniques capables de faire face aux nouvelles problématiques globales qui s’entrechoquent aujourd’hui dans nos pratiques.

Les territoires ont changé.

 

Les acteurs culturels et les usagers d’aujourd’hui ne sont plus ceux d’il y 20 ou 30 ans...

 

Des méthodes et des procédures nouvelles doivent émerger afin de faciliter la construction de nouvelles interconnexions entre les réseaux culturels, sociaux, économiques et de formation  locaux.

 

À l’avenir la planification culturelle sera analysée et définie dans une plus fine corrélation avec un monde qui bouge et qui se déplace de plus en plus vite et d’une manière de plus en plus vaste, étendue, bref : globale.   

 

Désormais administrer, régir, gérer, préserver et  mettre en valeur les patrimoines - tous les patrimoines – culturels,  requière des moyens et des capacités nouveaux.

 

Façonner notre authentique identité nouvelle de citoyens de demain constitue déjà un projet politique ambitieux en soi.

 

L’accès à l’offre culturelle réclame davantage de volontarisme, d’appui, de protection, de préservation, de généralisation et des moyens.

 

La diffusion culturelle se fera demain dans une société de plus en plus communicante, de plus  en plus  en mouvement. Une communication plus distinctive à la culture, dépassera forcement les clivages culturels et les frontières géographiques que l’on connait aujourd’hui.  

 

Programmer demain signifiera plus prévoir que prédire…

 

Quelle méthodologie devrons-nous proposer pour cet avenir qui nous attend ?

 

Espérons qu’à Toulouse les débats de mai prochain, pourront également s'articuler autour ces quelques hypothèses subsidiaires aux transformations attendues du métier de Dac et à la préfiguration des territoires nouveaux où s’exercera notre savoir-faire de demain.

 

L’avenir de la planification culturelle exigera l’avènement de dynamiques sociales, culturelles et éducatives négociées avec l’ensemble des composantes politiques qui structurent et qui façonnent notre besoin et notre capacité de vivre ensemble.

 

C’est ça, au fond, l'authentique sens du développement local.

 

Une  prédisposition sincère de créer harmonieusement et concrètement des critères de convergence multiples permettant de vivre conjointement avec autrui autour un projet partagé de société.

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4 septembre 2009 5 04 /09 /septembre /2009 12:00

pendule_foucault.jpgUne bonne compréhension du territoire doit être capable non seulement de mobiliser mais également d’engendrer des formes de promotion et de déploiement de l’ensemble des ressources culturelles localement disponibles.

Ces moyens  doivent permettre d’augmenter la valorisation  du patrimoine historique et environnemental commun tout en étant conformes à une éthique sociétale dont le principal objectif serait de sensibiliser les individus aux nécessités immatérielles, mais indispensables, occasionnées par la : culture, l’art et l’éducation.

C’est en recherchant et en offrant des nouveaux et plus spécifiques choix éducatifs et culturels fondés sur le partage et de vie ensemble, que l’on pourrait parvenir  à amorcer, avec succès, un renouveau culturel à l’échelle de toute une société.

En effet, il ne semble plus possible aujourd’hui, comme on l’a fait jusque dans un passé récent, de définir de manière unique les voies de la production et de la diffusion,  à grande échelle « industrielle », d’une offre culturelle standardisée.

Aujourd’hui, face aux changements qui nous attendent en matière d’aménagement du territoire, il est urgent de reconfigurer des  nouvelles idées de service public.

Elles impliqueraient  la convergence de formes  différentes de ressources éducatives et culturelles innovantes qui accepteraient de prendre définitivement leurs distances avec les « biens » matériels.

Il s’agirait en somme de redynamiser, par une nouvelle éthique, l’ensemble des ressources culturelles opérant dans un territoire.

Car, par définition, une société qui choisirait  de privilégier  des valeurs généreuses de partage, ambitionnerait durablement d’alimenter et de soutenir la pratique et l’expérience citoyenne de chaque individu.

Cela favoriserait aussi le développement  de la conscience citoyenne œuvrant dans un projet de société moderne capable de créer d’autres sens que l’unique attrait ou  désir pour la possession de la matérialité des choses.

 

Qu’elle est donc de nos jours l’importance des biens immatériels tels que la culture, l’éducation, la conscience et l’identité de soi et des autres ?

Ces biens constituent-ils vraiment l’unique patrimoine culturel pouvant fonder les valeurs civiques essentielles d’une communauté en marche vers l’avenir ?

Nous paraissons avoir si vite oublié que renforcer durablement et dans la qualité  les atouts  sociaux, éducatifs et culturels d’un territoire donné, cela équivaut à favoriser d’une manière pérenne le développement économique tout court.

C’est en cette éthique de partage que résident les authentiques chances de  « richesse » d’une société.

Le développement des ressources culturelles disponibles sur un territoire peuvent également permettre de sélectionner et de promouvoir celles qui peuvent répondre aux besoins de toute une population hétérogène qui agirait autrement qu’à travers les différentes dimensions sociétales de la « globalisation ».

C’est dans l’altérité culturelle qu’il est encore possible l’émergence des différences, de la création individuelle, de l’identité propre.

La prise en compte de chaque distinction ne parait pas constituer un obstacle à l’affirmation des projets collectifs. Au contraire elle souligne et favorise la richesse  patrimoniale d’un territoire composé principalement d’individualités.

Une culture commune mais issue des particularismes de chacun et qui serait érigée en prérogative principale pour un  territoire  accepterait, incontestablement, de réconcilier les nouvelles valeurs post-matérielles d’aujourd’hui, avec celles de la société industrielle et de consommation d’hier.  

C’est en créant, par la culture,  des nouveaux espaces de confrontation et d’expérimentation de la citoyenneté que les usagers d’une ville, d’un territoire,  inciteraient davantage les décideurs à redonner plus d’attractivité et plus de  participation  à l’accès collectif de l’offre publique.

Développer un territoire grâce à la culture sous entend de se fixer une méthodologie visant à sensibiliser chacun aux spécificités du territoire lui-même.

Il s’agirait ainsi de révéler un projet innovant permettant d’émanciper les populations de leur vision focalisée uniquement sur l’amoncellement des ressources matérielles disponibles.

A contrario, il n’y à pas qu’en promouvant les uniques traditions représentant les particularités d’un territoire, qu’on parviendra, néanmoins,  le développer.

Car, si l’on observe la multiplicité des territoires qui constituent une société, il nous est plus facile de cueillir la richesse et l’expression de ces différences qui permettent et qui facilitent la progression d’une communauté non seulement vers la réappropriation du simple folklore local,  mais  dans l’amélioration d’une nouvelle éthique de vie et de partage en commun.

C’est en cela aussi que réside le sens des mots : agir et innover.

Il s’agit, pour nos décideurs locaux, de favoriser la  construction d’une plus authentique et plus gratifiante  appréciation de la réalité territoriale et de sa culture distinctive. Pour ce faire l’action a une importance particulière.

Cette action doit favoriser une compréhension globale de la culture symptomatique locale et permettre également  la mobilisation de tous.

L’action souligne aussi l’identification claire des particularismes entre les modèles extérieurs avec ceux,  endogènes, d’un territoire précis.

Savoir discerner, comprendre et accepter ces différences comme étant une force, cela signifie ne pas céder pas aux tentations d’exclusion pour les individus avec les dangers,  puissants,  de dislocation de toute une société.

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19 août 2009 3 19 /08 /août /2009 10:12

culture développement.jpgLa culture produit un effet toujours positif sur les habitants des territoires.

Ceux-ci en tirent souvent un motif de fierté, d'identification indubitable, qu'ils fréquentent ou non les institutions ou les manifestations et qu'ils participent ou non aux actions.

Tout usager est susceptible de bénéficier des conséquences réelles, notamment lorsqu'il entend parler de sa ville en termes valorisants.

Les exemples en France ne manquent pas.

Le dynamisme culturel d'un territoire participe ainsi au dynamisme général de celui-ci et à la mise en mouvement de sa population.

L'activité culturelle d’une ville découle d'un projet collectif, pour lequel l'ensemble des services d'une commune : service scolaire, jeunesse, police municipale, service culturel, espaces verts, service technique, petite enfance, etc., se doivent d’être  concernés et, surtout,  mobilisés autour le projet culturel.

Les projets contribuent au vivre ensemble et au renforcement du sentiment de bien-être collectif.

Ils créent de la cohésion et du partage entre les usagers.  

L'action culturelle peut également être un élément de réparation et de revalorisation symbolique d'un territoire.

Quoi qu'il en soit, l'enjeu qui se présente pour les villes consiste à engager une dynamique entre le patrimoine et la création.
Ces aspects ne sauraient être opposés.
C’est ainsi qu'en matière de politiques culturelles, disposer aujourd'hui d'équipements de qualité, constitue de plus en plus une véritable priorité et un authentique atout pour le développement de tout un territoire.
Tous les équipements de proximité - école de musique, bibliothèques, cinéma, théâtre, école d’arts etc., sont incontournables en matière d'aménagement du territoire.

Ces principes, en cette rentrée imminente et qui sera assurément consacrée, en bonne partie, à la préparation des budgets primitifs pour la saison à venir, méritent non seulement d’être rappelés, mais également qu’ils soient acceptés et inclus, par les élus locaux,  dans une stratégie politique subtile de développement territorial.

Les villes doivent consentir à investir dans la culture.

La priorité politique consiste aussi à veiller à ce que la décentralisation culturelle soit mieux organisée.

Qu’elle soit agencée également de manière à éviter les dispersions et superpositions.
Le foisonnement d'actions culturelles ne doit pas constituer un frein contribuant à réduire tout effort financier en direction de la culture.

Bien au contraire, cela doit être incité.

Bon nombre d’élus locaux attendent que l'Etat soit en mesure de mieux les accompagner dans l'aménagement de leur territoire.
L’Etat doit également s’affirmer davantage dans sa stratégie de mise en œuvre en matière de schéma culturel.

Bon nombre d’élus attendent également que l’Etat soit à même d’accompagner dans la durée certaines spécificités culturelles locales.
Des identités territoriales qui permettraient de pouvoir compter sur davantage de complémentarité de l'offre et de prévenir que des politiques culturelles standardisées se reproduisent, à l’identique, sur un territoire spécifique.

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31 mai 2009 7 31 /05 /mai /2009 01:56

d-veloppement-culturel.jpgDans les dernières décennies, la culture et ses ressources économiques se sont placées au cœur des débats autour les politiques locales.

Ces discussions passionnées se poursuivent abondamment autant aujourd’hui et parviennent encore à considérer l'enjeu culturel comme une occasion et un facteur considérable de développement économique et de cohésion territoriale.

Reste que parfois on ne sait pas trop comment s’y prendre.

Les années quatre-vingt ont particulièrement créé des attentes élevées notamment en direction du rôle du processus de renforcement du patrimoine culturel et ce que cela pouvait offrir à la croissance et au développement économique local.

Aujourd'hui la culture participe intensément dans les régions à la création de recours de développement socio-économiques très complexes  en raison notamment des  liens qui se nuent entre économie et patrimoine et qui s’avèrent intrinsèquement liés entre eux.         
Cependant ces ressources patrimoniales/culturelles ont été constamment affectées localement par des politiques non homogènes et faiblement innovantes.

Cela a eu  comme effet de susciter constamment des tensions, voire des obstacles, qui ont participé à l’insuffisance chronique des financements – publics et privés – et ce malgré la constante augmentation, enregistrée depuis les années quatre-vingt-dix,  de la demande des publics  en direction de l'offre culturelle.
Ces amples et vigoureux besoins exprimés par les usagers, tel qu'un  effet boomerang, ont eu comme conséquence d’augmenter exponentiellement les dépenses, sans que nulle intrépidité, ni innovation économique aucune,  soient parvenues à équilibrer, par des recettes renouvelées, les coûts endurés.

Les échecs de ces politiques successives conduisent progressivement aujourd’hui les élus locaux à la nécessité de repenser la perception et l’approche de chaque stratégie culturelle visant à promouvoir, avec efficacité,  le patrimoine local.

Cela les oblige à définir et à mettre en œuvre des politiques plus intégrées au territoire, plus adaptées voire : plus réactives.     
Une nécessité motivée aussi par la dévolution par l'État des prérogatives culturelles aux collectivités territoriales.

Une réalité encouragée  notamment par les lois successives relatives à  la décentralisation et qui a  abouti à un authentique désir de reconnaissance de l'identité distinctive du patrimoine ainsi que de l’importance que revêt la  culture  au niveau local.

Une conscience nouvelle qui a autorisé les élus à déclencher, un peu partout, des processus de valorisation, de conservation et d’exploitation de leurs atouts patrimoniaux.        
Il est à parier que la prochaine décennie prônera non seulement le maintien mais aussi le renforcement  et la durabilité de ces procédés   en direction de la promotion  plus rationnelle de chaque système distinctif  patrimoniale tel, par exemple,  qu’un partenariat plus appuyé et mieux valorisé avec le monde économique.

Ces mutations indispensables des mentalités vont permettre certainement d'assurer encore plus l'unité d'action au sein du développement culturel territorial, conformément à des principes transversaux de subsidiarité entre la réalité sociale, économique et culturelle de l’ensemble  du territoire.   
Le renouveau des politiques locales devra assurément s’appuyer davantage sur des déterminations capables d’impulser efficacement, sur l’ensemble des  régions, un développement harmonieux car  global.        
La culture se doit d'être de ces débats.         
Telles sont les thématiques qui s'ouvrent aujourd’hui aux débats attendus afin de bien définir la nature, les stratégies et les processus d’évaluation capables d'encore plus promouvoir les territoires par le biais d'un volet culturel modifiant la notion économique des territoires via l'élaboration d'une approche stratégique de « marketing culturel » visant encore plus à valoriser avantageusement le patrimoine comme un moyen incontournable de soutien et de renforcement   du dynamisme et de la compétitivité économique de chaque  « pays ».

Le développement culturel doit s'intégrer pleinement dans ces politiques innovantes promues  par les autorités locales.       
Les municipalités en tête.

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7 avril 2009 2 07 /04 /avril /2009 15:21

culture-durable- Agenda 3.jpgSi d’une manière générale, le secteur culturel est globalement sensible à la notion d’économie sociale et solidaire, rapprocher  réellement  la culture à ces enjeux, cela ne va pas toujours de soi.

Qu’il s’agisse d’une manifestation valorisant un site historique, ou encore de faire appel à des fournisseurs locaux, ou de rassembler autour l’événement des acteurs culturels du territoire, ou de contribuer authentiquement au développement social, économique et culturel  local, cela demande une certaine créativité et une bonne dose d’opiniâtreté.

Lors, par exemple, d’une manifestation de type festival  de spectacle vivant (se déroulant en plein air ou pas), le ramassage des déchets demeure relativement difficile pendant ce type de manifestation.

Comment gérer efficacement l’environnement dans le cadre de l’Agenda 21 lorsque par exemple une manifestation se déroule sur un site protégé.

Malgré les difficultés, cela présente l’occasion pour la commune qui promeut l’événement de travailler, bien en amont,  avec l’ensemble des partenaires : institutions publiques et entreprises privées : campings, hôtels, services techniques,  entreprises de ramassages des déchets, etc.

Il n’est pas exclu d’envisager, par exemple, des  manifestations additionnelles et à caractère ludique qui puissent souligner, tout en le centralisant, l’importance du tri sélectif de ces déchets.

Organiser des concours de la plus grande « montagne » de canettes, de bouteilles en plastiques, d’emballages recyclables divers, va pouvoir mobiliser la participation active des festivaliers, jeunes et adultes.

En complément à des informations permanentes sur le tri, comme la mise en place des stands spécifiques, le « recrutement »  de volontaires durant toute la durée de l’événement et diffusant des informations pertinentes sur la problématique du recyclage des déchets,   peut se révéler efficace afin d’intervenir auprès du public et à l’informer correctement sur les questions liées à l’environnement.

Des cendriers de poche peuvent également être distribués afin d’éviter la dispersion sauvage de mégots. Cela présente l’avantage, surtout pour les régions méridionales qui souffrent, surtout en période estivale,  de trop faibles précipitations, de prévenir tout risque éventuel d’incendie des zones boisées environnantes.

Quant à la présence de commerçants ambulants, ils peuvent également être inclus efficacement dans le projet global, à condition cependant que leur participation, à la marge de l’événement culturel, puisse faire l’objet d’un stricte cahier des charges définissant avec précision leur coopération, qui clarifie leur démarche et leur indispensable contribution environnementale au projet.

 

Vivre concrètement  l’économie sociale et solidaire

 

L’idée qui consisterait à généraliser dans l’ensemble du site concerné l’installation de fontaines d’eau gracieusement mises à disposition des festivaliers, pourrait  favoriser une prévoyance substantielle concernant bon nombre de bouteilles d’eau et donc des déchets, générés par ces récipients en plastique usagés.

Une manière assez concrète d’établir des actions stimulantes et économiques permettant de réduire l’impact polluant et de recommander l’adoption de comportements responsables et qui permettraient, à l’ensemble des publics,  de faiblement impacter l’environnement.

Egalement des efforts pourront être portés en direction de la récupération de gobelets usagés vers les bars, buvettes, points de collecte, etc.

Par exemple, en demandant aux publics, de les rapporter dans des endroits spécifiques de collecte en échange, en echange de petites « récompenses », comme les porte-pass, des compilations musicales, des tickets « boisson » free, (non alcoolisées si l’on souhaite) … etc.

Bien sur, le tri des déchets ne fait pas tout. Un important volet pourrait être consacré à l’économie des énergies.

Ici les comportements responsables devront être non seulement adaptés aux enjeux énergétiques mais également capables d’évaluer les efforts produits dans ce sens.

Nombre de tonnes de déchets ayant été produits, pourcentage relatif au recyclage, les kW's  nécessaires aux manifestations et les volumes énergétiques économisés ….

Adhérer à des labels de type : Green’N Clean, décerné par l’association : Yourope (association des festivals européens), pourrait être un premier pas vers l’adoption de mesures responsables dans le cadre, par exemple, d’une activité festivalière.

Ces normes, ou plutôt ces labels environnementaux, permettent de guider et de crédibiliser les organisateurs des manifestations culturelles en matière de prévention et de protection des sites naturels et de les prémunir contre les fausses bonnes idées…

Pour prétendre au  label en objet, les organisateurs doivent répondre à un questionnaire qui correspond à la notation de ses actions renouvelées annuellement.

Un dispositif peut-être un brin contraignant et qui s’adresse plutôt à des dispositifs événementiels – ou festivals – d’envergure.

Plus proche de nous, l’Ademe travaille actuellement sur une charte « éco-festival » ayant vocation à être étendue le plus largement possible à l’encontre de la plupart des manifestations, grandes ou petites, qui rassemblent un public, plus ou moins important, sur un site donné.

Pour revenir à la consommation d’énergie, il est très important aussi de bien sensibiliser les équipes techniques : permanents ou intermittents, pour qu’ils  produisent un authentique effort pour diminuer la consommation énergétique partout où cela est possible.

De plus en plus les collectivités pensent aujourd’hui à se doter d’un parc photovoltaïque additionnel aux dispositifs classiques d’alimentation électrique.

Certes cela présente des difficultés de stockage de l’électricité, mais les économies semblent récompenser ces investissements, par ailleurs, aidés.

Faire appel à des techniciens spécialisés à ce type de problématique peut se révéler intéressant, notamment pour réduire considérablement les couts liés à la consommation en énergie nécessaire aux besoins pantagruéliques d’un éclairage en mode spectacle et indispensable à chaque événement distinct.

Les services techniques de la commune peuvent se joindre au  travail de la direction de la culture autour la réalisation d’un bilan prévisionnel et définissant avec précisions les économies d’énergie ambitionnées.

Cela nécessite l’intégration dans le projet de gens extrêmement compétents et qui maîtrisant réellement les différents paramètres techniques et économiques liés à l’enjeu.

Ainsi, l’organisation d’une manifestation culturelle placée sous l’égide de l’Agenda 21, comprend d’avoir une vision globale de la chaîne des flux, des déchets et des énergies nécessaires à la réussite de toute manifestation.

Cela doit mobiliser tous les membres de la collectivité et nécessite une réflexion globale afin de comprendre l’ensemble des processus.

Analyser en somme chaque service rendu et l’impact de ses conséquences, via une compréhension et une anticipation complète de chaque  enjeu environnemental  spécifique.

Il est important de prôner le décloisonnement de chaque service partenaire de l’opération et de tout mettre en œuvre pour que les uns soient au service des autres.

En somme, qu’il s’agisse d’accroître  la réduction des gaspillages,  comme de la collecte des déchets, ou alors de favoriser la production d’éco électricité, ou encore de favoriser la prévention sanitaire et la diffusion du commerce équitable,  cela appelle aujourd’hui à un partenariat avec  toute une nouvelle gamme de nouveaux métiers.

Des nouvelles écoles des métiers liés à l’environnement  forment aujourd’hui de plus en plus de techniciens sensibilisés à la fois au développement durable qu’à l’offre culturelle.

Ce seront ces nouveaux profils qui demain apporteront un bonus additionnel aux organisateurs culturels soucieux du territoire et de sa défense.

Indiscutablement  tout cela se révélera indispensable, même en moindre manière,  à la protection et à la préservation de notre Planète pour les générations futures.

Une authentique révolution culturelle est en marche.

Cela voit maintenant un repositionnement fort de l’intervention de l’autorité publique.

Les instances de tutelle interpellent avec force aujourd’hui chaque collectivité sur la nécessité d’adopter une vision globale en matière d’environnement.

Cela doit conduire les élus  à une prise de conscience singulièrement transversale de cette problématique environnementale.

Une problématique qui doit également nous alerter et nous sensibiliser quant à l’ensemble des enjeux qui en résultent et qui façonneront, à jamais, les individus évoluant dans la société qui sera, demain, la notre.

Cela doit nous autoriser d’ailleurs  à nous poser les véritables questions relatives à la gestion  de ces nouveaux modes de production et de diffusion de l’offre culturelle à venir.

Anticiper et maîtriser efficacement  la chaîne de l’ensemble de ces nouvelles pratiques responsables, signifie aussi de sortir de l’impasse économique et sociale dans laquelle se trouve non seulement l’offre culturelle aujourd’hui, mais l’ensemble de notre société, confrontée, d’une manière si aigüe, à une forte crise identitaire et éthique.

Une prise de conscience  qui doit également permettre à chaque responsable culturel, comme  à chaque élu chargé de la mise en œuvre d’un projet culturel, de réfléchir en profondeur  à toute mesure indispensable utile  au développement d'un territoire donné. Des mesures exigibles en matière de croissance durable pour la culture ainsi que pour le social. 

Sur les formations professionnelles qui vont dans ce sens et sur la conduite responsable que les  publics doivent désormais savoir exprimer.

Les élus disposent dans ce riche contexte d’innovation de leur pensée politique, un certain nombre de leviers qui peuvent authentiquement stimuler la transformation  de leurs choix politiques en matière de culture.

L’Agenda 21 permet  de réunir ensemble et autour d'une même problématique, ces  responsables politiques et ces techniciens "citoyens".

De favoriser aussi le dialogue autour les nombreuses initiatives créatives existantes et qui ambitionnent une démarche plus transversale, plus collective, plus plurielle.

En en mot : plus responsable.

Une manière aussi de « réoxygéner », par une  pensée politique  innovante, tout projet culturel novateur et responsable en devenir.

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6 avril 2009 1 06 /04 /avril /2009 15:16

Agenda-21-Culture.jpgAvec l’arrivée de la belle saison, l’animation culturelle dans l’ensemble du pays va pouvoir, enfin, se faire la malle.

Sortir, en quelque sorte, des lieux conventionnels qui abritent, d’ordinaire, les manifestations : théâtres, salles de concerts, bibliothèques, conservatoires, cinémas, etc., 

Sortir « hors les murs » signifie aussi  de repenser une autre manière  d’aller à la rencontre d’un plus vaste public et renforcer la volonté de mieux se déployer  sur un plus large territoire en bénéficiant ainsi d’une meilleure visibilité auprès d’usagers qui habituellement ne fréquentent pas les lieux institutionnels vecteurs et diffuseurs de l’offre culturelle.

Et si cette nouvelle saison culturelle : printemps – été, se déroulait dans une démarche de développement durable ?

Sortir signifie aussi s’ouvrir.

Rechercher une autre forme de dialogue, d’échange, de rendez-vous, de débat, de rencontre avec le public.

Le toucher de plus pré : l’impliquer.   

C’est, pour faire bref, tout l’esprit intrinsèque de la démarche : Agenda 21.

Comment cependant aujourd’hui un programmateur d’événements culturels sait  s’engager, définir et réussir son projet culturel dans le cadre spécifique de l’Agenda 21 ?

Comment régenter chaque action culturelle dans ce cadre à la fois ambitieux et exigeant ?

Mais c’est quoi au juste, rapporté à la culture,   l'Agenda 21 ?

Il est utile de rappeler que l’Agenda 21 est, à l’origine,  un programme d'actions pour le XXIe siècle et  énoncé en 1992 lors du Sommet International de la Terre sur l'environnement à Rio afin de s'engager dans un processus de développement durable.

Dix sept ans déjà ….

Durable, ça veut dire : ensemble

 

Si à sa genèse ce programme ne visait pas vraiment le milieu culturel, avec le temps chacun des acteurs concernés : collectivités territoriales, élus, responsables culturels, associations, entreprises culturelles ont pu progressivement et avec patience, essayer une application spécifique au champ culturel.

De nos jours nombreux sont celles et ceux qui  s’efforcer de définir une application claire et concrète permettant aux choix culturels de s'engager au sein d’un Agenda 21 spécifique et reflétant l’identité d’un territoire qui serait soucieux d'inscrire, enfin, concrètement et fermement, l’offre culturelle,  dans une démarche de développement durable.

Pour permettre cela, il est important que cette notion de durabilité puisse se définir à l'intersection des problématiques indubitablement culturelles, mais également : écologiques, économiques et sociales.

Lorsque ces principes généraux parviennent à être clairement définis, ils savent ultérieurement faire localement l’objet d’une adaptation spécifique à la fois  politique  et technique.

Ils autorisent ainsi  la production de chaque manifestation culturelle distincte, dans un contexte philosophique et au sein d’un cadre d’orientation culturel bien défini.

Mais comment ?

Pour ce faire il n’est pas inutile  de se pencher sur les nouvelles problématiques posées par l’émergence de nouveaux modes de production si spécifiques aux manifestations culturelles (festivalières ou pas),  confrontées  de plus en plus aujourd’hui aux mutations, par exemple, du spectacle vivant.

Comment ne pas être conscient, soit en qualité d’élu local, soit en qualité de programmateur, de l’extrême fragilité de chaque projet culturel ?

Comment feindre l’indifférence face aux  nombreuses entraves résultant de la réalité qui nous obligent de batailler contre les difficultés croissantes qui se heurtent de plein fouet avec le secteur culturel et dans lequel les budgets de production sont de plus en plus érodés  par des charges de gestion de chaque lieu  (intra muros ou hors les murs), de plus en plus importantes au détriment du domaine artistique ?

Les missions artistiques et culturelles de chaque manifestation semblent aujourd’hui, un peu partout,  menacées par l'accroissement de ces nouvelles gênes financières, notamment en matière de sécurité, de gestion des publics, de l’évolution, et donc de l’application, des nouvelles  réglementations…

Prenons l’exemple de la plupart des festivals de musique, grands ou petits, et qui animent, un peu partout en France, les saisons culturelles d’été.

Les changements du secteur qui se sont produits ces dernières années mais surtout la chute du marché du disque ont entraîné des impacts lourds de conséquences  dans le spectacle vivant, notamment  par le déséquilibre constaté du budget de charges et provocant une hausse exponentielle des coûts (contrats) de certains artistes (vedettes ?),  cherchant à combler cette baisse des recettes des royalties,  par l'augmentation de leurs cachets.

C’est ainsi que paradoxalement, alors que la part consacrée à l'artistique dans les budgets des festivals se réduit, on assiste à une véritable surenchère au niveau des ces « têtes d'affiches »  avec un effet inflationniste impactant instantanément les cachets de ce type d'artistes.

On est de ce fait mesurés à une absurdité économique qui requiert, dans la plupart des cas,  d’atteindre un taux de remplissage avoisinant le 100% de la jauge disponible, pour espérer d’atteindre un improbable budget équilibré, car il est devenu désormais impossible de répercuter l’ensemble de ces surcoûts  sur les seuls prix des entrées, alors que les  subventions publiques stagnent.

Cela a comme effet de faire peser sur des nombreuses petites/moyennes manifestations locales, souffrant malheureusement d’une trop chétive notoriété, des sérieuses menaces qui mettent à mal leur pérennité.

De plus, le monde du spectacle vivant est désormais en concurrence avec d'autres activités "culturelles" de divertissement qui induisent de profondes mutations sur les conditions d'exercice du métier : attitude consumériste, industrialisation, dépréciation des propositions du spectacle vivant, surenchère à l'événementiel, développement du numérique et qui va générer à terme,  de nouveaux rapports à la pratique et à la consommation musicale.

Il semble décidément nécessaire ainsi de réfléchir en profondeur aux moyens de sortir de cette impasse pour assurer à chaque festival et à chaque manifestation culturelle, un développement authentiquement durable et de qualité.

Comment donc, dans ce contexte extrêmement dégradé, l’Agenda 21 pour la culture peut-il offrir une solution acceptable permettant distinctivement  aussi bien le déploiement solidaire des moyens tout en assurant également un développement durable distinctif à chaque manifestation  culturelle ?

Est-il possible de réaliser, pourquoi pas, grâce à l’élaboration d’une Charte, un véritable développement durable qui consentirait  la pérennisation des contenus culturels, dans l’élaboration et la  mise en œuvre de chaque action ?

Un peu partout en France aujourd’hui, des premières démarches ont déjà été entreprises dans le champ écologique à travers notamment, des actions environnementales.

Un constat à partager communément s’impose donc à nous : le spectacle vivant est imprégné de dynamiques qui impactent notre environnement.

Cela aujourd’hui, personne ne saura le contester.

De même que, tout aussi tangiblement, subsistent encore des problèmes de gestion des sites qui  demandent un positionnement clair pour chaque acteur culturel concerné et qui dépasse largement  la simple dimension écologique.

Pour s’assurer du succès, toute manifestation culturelle se déroulant sur des « sites », doit de « s’ouvrir » davantage aux  publics, aux  artistes, à un territoire et  à un environnement au sens large.

Cette démarche « d’ouverture » exige l'affirmation indéniable de valeurs et de finalités partagées. 

Une conception de l'action artistique et culturelle où l'être humain et son environnement seraient définies comme préoccupations centrales, indépendamment  du  respect de la liberté des formats, de la diversité culturelle et de la pluralité artistique.

Cela nécessite ainsi une vision globale des actions, des projets et de l'environnement où chaque projet culturel a lieu.

Cela doit  impliquer aussi la maîtrise globale de tout projet. Un projet qui doit faciliter le changement du regard que l’on porte sur les contenus proposés et sur le monde qui nous entoure.

De plus en plus d’acteurs culturels, de responsables politiques et administratifs éprouvent maintenant la nécessité de se rencontrer le plus largement possible afin d’échanger leurs propres expériences et mutualiser leurs efforts.

Une volonté commune et largement partagée qui  illustre bien les changements qui sont en cours dans notre profession.

Cela doit nous pousser à mieux réfléchir conjointement  afin de trouver des moyens de réagir, de partager nos connaissances, de mutualiser nos expériences et de savoir faire face ensemble aux obstacles nouveaux.

Ca aussi c’est l’un des nombreux progrès que l’Agenda 21 sait proposer en termes de méthodologie de changement à toutes celles et à tous ceux d’entre nous désireux de l’expérimenter.

Une manière nouvelle pour chacun des acteurs culturels d’œuvrer et prôner efficacement  pour l’ouverture des mentalités, de rompre les clivages et les « limites » qui entravent, encore et si fort, notre action. 

De rechercher ensemble une volonté de plus en plus affichée de prospecter des solutions pratiques et concrètes ajustées aux problématiques actuelles et auxquelles notre société se heurte aujourd’hui. 

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8 janvier 2009 4 08 /01 /janvier /2009 10:26

Emploi-secteur-culturel.jpgSelon les données des enquêtes sur l’emploi de l’Insee datant d’il y a 6 ans déjà, près de 2% de la population active, exercent une profession culturelle, soit environ un peu moins de 500000 personnes.

Or, l’activité économique liée à l’emploi culturel a augmenté dix fois plus rapidement que l’ensemble de la population active au cours de la dernière décennie.

Cette hausse a été singulièrement plus sensible dans le secteur du spectacle vivant.

Ce constat positif ne doit pas cependant nous faire oublier la forte croissance des contrats à durée limitée.

Ce qui indique à la fois une incontestable vitalité de l’emploi culturel dans le pays nonobstant la consolidation, dans la durée, de contrats précaires.

Cette précarité du secteur culturel en France semble en effet s’authentifier du fait du doublement du nombre de techniciens intermittents dans la période comprise entre 1986 et 1991, soit en cinq ans à peine, ce qui est considérable.

Par ailleurs, la caisse des Congés spectacles a vu le nombre des intermittents (techniciens et artistes/interprètes) tripler, passant de 40000 en 1987 à  plus de 120000 en 2002.

Dans le domaine du spectacle vivant et des activités artistiques, l’Observatoire de l’emploi culturel a estimé en 2004 que 52% des contrats établis étaient des contrats  à durée limitée et concernaient tout particulièrement les intermittents du spectacle.

Cette hausse significative liée à l’emploi à durée limitée et concernant le secteur culturel coïncide avec la hausse distinctive  de la ligne « culture » qui se voit désormais confortée dans les budgets des collectivités territoriales.

La culture représente près de 10% du budget de fonctionnement des villes de plus de dix mille habitants et plus de 15% dans les villes de plus de 150000 habitants, hors Paris.

A cela il convient cependant de souligner, pour les communes,  l’érosion assidue des dépenses d’investissement dans le domaine culturel.

Il est vrai que les communes ont massivement investi dans la réalisation  d’équipements culturels (bibliothèques, théâtres, conservatoires, salles polyvalentes, etc.), essentiellement durant les deux dernières décennies et ce pas toujours avec un souci d’évolutivité architecturale des normes  techniques et de sécurité.

Des équipements à l’époque souvent édifiés, ou aménagés, dans l’urgence et pour la plupart démunis d’une palpable pensée structurelle liée à leur propre programmation.

Un constat  qui nous autorise aujourd’hui à présumer  qu’un bon nombre  d'édifices  culturels  existant aujourd'hui dans l'ensemble du territoire,  pourraient déjà, ou à très court terme, faire l’objet d’une évidente obsolescence structurelle. 

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16 septembre 2008 2 16 /09 /septembre /2008 16:35

Culture-et-Croissance.jpgLa croissance et la culture maintiennent depuis fort longtemps une proximité solidement liée, cette remarque ne date pas de nos jours. Elle n'est pas nouvelle.

Déjà dans le passé nulle civilisation, nul empire, nulle nation n’a pu se déployer d’une manière durable sans qu’une ample et profonde coopération ne contribue à un échange cohérent entre la politique des arts et de la culture.

Plus récemment l’Unesco a reconnu solennellement, depuis les années 70, l’aptitude que possède le développement de la culture pour chaque société.

Lors de la conférence de Stockholm de 1998, l’institution rappelle l’impact de : « l’intégration des politiques culturelles dans les stratégies de développement humain aux niveaux international et national ».

Quarante ans plus tôt, plus exactement en 1959, cette exigence avait trouvé sa concrétisation dans la création même du Ministère des Affaires Culturelles en France, dont le décret fondateur définissait l’axe principal de sa mission : « Rendre accessibles les œuvres capitales de l’humanité et d’abord de la France, au plus grand nombre possible de Français, assurer la plus vaste audience à notre patrimoine culturel et favoriser la création des œuvres de l’art français dans le libre dialogue des cultures du monde ».

 

Depuis André Malraux, les politiques culturelles se sont transposées,  en France, de la fonction d’animation au concept d’action culturelle et correspondent mieux désormais à la nécessité de développement qui aujourd’hui se veut durable.

Dans les années qui ont suivi l’Etat à été l’acteur unique de cette évolution.

La mise en œuvre de politiques volontaristes et stimulantes a autorisé l’organisation territoriale d’abondants réseaux d’équipements culturels. Cet élan a permis ainsi à diminuer les tergiversations abyssales existant en France par rapport à d’autres pays européens.

Cette politique a favorisé aussi la création et le maillage de réseaux vigoureux et épais comme ceux des bibliothèques, des écoles de musique, ou encore des lieux de diffusion artistique.

Conjointement la constitution de l’Union Européenne, même si elle ne se traduit pas distinctement par la proposition d’une politique culturelle européenne commune, a néanmoins légitimé la croissance de partenariats incontestables entre acteurs culturels locaux, notamment grâce à sa politique de cohésion économique et sociale.

Cependant force est de constater que, nonobstant l’existence parfois de ces synergies locales, le bilan du développement culturel en France subsiste mitigé.

En effet cette amplification et cette hétérogénéité de l’offre culturelle aujourd’hui, dissimulent la chétive progression des pratiques culturelles des Français, ce qui pose à nouveau la problématique relative à la sensibilisation culturelle et artistique dès le plus jeune âge.

A cela il convient d’ajouter l’accroissement, ordinairement mal planifié, du vertige ressenti par la progression des coûts de fonctionnement des équipements culturels.

Ces lieux publics sont souvent sous-exploités en raison de leur surdimensionnement par rapport aux besoins tangibles de la population locale.

Un autre problème d’envergure réside dans le fait que majoritairement cette politique est orientée par les élus sur la seule construction d’équipements culturels manquant cruellement de toute programmation homogène, cohérente et harmonieuse.

Des choix couramment utilisés à des seuls fins de visibilité politique, ce qui contribue à favorise principalement, les grands centres urbains où l’offre culturelle est déjà satisfaisante au préjudice de la majorité des territoires ruraux.

Encore de nos jours il existe en France trop de « jachères » culturelles et qu’aucun des abondants schémas directeurs existant - et qui ambitionnent pourtant  à pallier ces disparités - n’a pu malencontreusement rectifier.

C’est ainsi que maintenant la croissance culturelle repose dramatiquement, pour une bonne quotité, sur la opiniâtreté locale et peut se retrouver, dans ces conjonctures, fragilisée par l’absence de résolutions politiques cohérentes, par une carence d’engagements à long terme et, surtout, par les phénomènes et les aléas des balancements politiques.

Cette réalité se trouve identiquement épaissie par le fait que la culture se montre encore et toujours aujourd’hui comme étant négligeable pour le développement individuel et collectif, d’où un déficit de crédibilité qui maintient l’actuelle sous-représentation de décideurs culturels avertis dans les instances stratégiques et essentielles au développement du territoire.

La persévérance, la continuité et l’exigence des politiques déployées en matière de culture dans le territoire, sont cependant une nécessité  pour la réussite du développement.

Les collectivités territoriales doivent aujourd’hui se saisir efficacement de ces procédés afin d’assoir leur crédibilité et de pouvoir accéder, enfin, aux  résultats attendus en matière de développement.

Une nécessité d’autant plus pressante qu’elle est désormais spécifiquement garantie par les trois partenaires primordiaux et complémentaires du développement culturel en France : l’Etat, les collectivités locales, l’espace communautaire qui, à l'avenir, doivent se résoudre à admettre l’idée, au-delà de tout  clivage politique,  d’une complémentarité distinctement indiquée et non d’une compétition vainement stérile, voir politicienne,  trouvant essor dans des idéologies singulières et dépassées.

Une triple circulation qui, bien pilotée, doit accepter d’installer dans la durée le développement local dans un contexte désormais universel et qui ambitionne, en outre, une harmonisation et une simplification et une clarification des mécanismes et des règlementations portant sur le : contrôle, l’expertise et la continuité de l’Etat, la capacité d’initiative et de développement des collectivités territoriales, l’ouverture à la fois sur la ville et sur le monde ainsi que sur  la circulation accrue des œuvres et des idées portées par l’Europe.

Une volonté claire doit ainsi émerger afin de favoriser le franchissement des frontières des préjugés dogmatiques qui tant pénalisent, fragilisent et nuisent  aujourd’hui à l’expérimentation de nouveaux modes de gestion et de programmation du service public culturel dans notre pays.

Certes, soyons sincères,  cela générera  des coûts, mais il serait bon identiquement de rappeler à tous ceux qui s’effarouchent du montant de la culture, à combien s’élèverait celui de notre ignorance.

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22 avril 2007 7 22 /04 /avril /2007 01:38

Culture & EconomieLes enjeux des spécificités de l’action culturelle aujourd’hui ressentent l’urgence d'élargir cette l’analyse à l'ensemble

des institutions culturelles avec trois interrogations principales : quelle est la légitimité économique de l'intervention des institutions publiques et de l’Etat dans ce domaine, quelles sont les conséquences de l'intervention publique sur les modes de gestion des organismes subventionnés, quelles méthodes permettent de mener nécessairement, l'évaluation des projets culturels.

Lisibilité, pédagogie, prudence

Pour les non-économistes, qui s'intéressent aux politiques culturelles, existent trois entrées formelles d’analyse d’un projet à l’échelle d’une approche économique pertinente : sa lisibilité, son approche pédagogique et la prudence de sa conception et de sa mise en œuvre.

Lisible tout d'abord, en évitant tout écueil d’hermétisme et d’impénétrabilité. Pédagogique ensuite, en s’efforçant de concrétiser  les théories de la genèse créatrice des  l’œuvres artistiques mais aussi leurs limites et les critiques qui sont faites à ces mêmes oeuvre ou créations artistiques. Enfin, cet ensemble (ou offre)  doit d’être induit avec prudence car l’action culturelle ne doit pas s’exonérer des servitudes économiques et financières.

 

Limites et intérêt :

 

Ce triangle vertueux doit aboutir  à une réelle modestie et mesure. Sagesse aussi. Une réalité sans doute inévitable tant, dans le domaine culturel, l'analyse économique semble trouver vite ses limites dans la génération  de tout projet culturel.

L'Etat impulse des orientations : aide à la création, démocratisation culturelle, défense d'une culture nationale... Or ces enjeux  n’ont  pas nécessairement des justifications économiques. Quel est donc l’impact sur les conséquences des financements publics ?

La compréhension des modes de gestion des entreprises culturelles subventionnées ne se limite cependant pas à la seule analyse de la relation entre les institutions qui subventionnent  et les structures subventionnées.

L'absence de but lucratif influe sur les stratégies et les opportunités choisies indépendamment d'un éventuel financement public.

Enfin, en matière d'évaluation, il est utile de souligner  les limites de l'approche économique (analyse coûts/avantages et études d'impact) car  le secteur culturel  est un secteur complexe où les variables qualitatives et les effets intangibles ont beaucoup d'importance.

Cependant, les limites de l'approche économique ne doivent pas  masquer l'intérêt de leur analyse. Ainsi, cette approche,  inaccoutumé, peut nous aide à mieux comprendre ce que sont les effets d'encombrement, les valeurs d'existence ou les rendements inter-générationnels de l’offre culturelle d’aujourd’hui.

Le soutien à la création est de nos jours renouvelé sous les traits de prime à l'incertitude (et à la prise de risque) et de maintien de l'outil de production.

C’est de ce fait que les rapports entre l'économie et la culture se téléscopent et s'affrontent  notamment sur deux points : les relations entre l'offre et la demande et le déclin de la politique de démocratisation au bénéfice d'une politique de « mécénat ».

Sur le premier point, le cas de la création musicale et celui de l'art dramatique sont éclairants : dans l'un et l'autre cas, les financements publics ont accentué le divorce entre une offre qui n'est plus sanctionnée par la réponse du public et une demande jugée triviale par les créateurs.

Le théâtre subventionné bâtit son image sur les metteurs en scène, le théâtre privé sur les acteurs.

L’évolution, de la part de l'Etat, d'une politique de démocratisation vers une politique de subvention ou de mécénat s'éfforce de réconcilier l'économie et les beaux-arts, la culture savante et la culture ludique, au détriment peut-être des objectifs sociaux . Les résultats de cette politique de démocratisation culturelle paraissent aujourd’hui comme décevants car ils accroissent les effets pervers des financements publics. Une sorte de  « redistribution négative » en faveur des couches financièrement et culturellement les plus favorisées.

Des choix qui  ouvrent ainsi la porte à la fois à la réhabilitation des secteurs jusque là marginalisés et « illégitimes ». Des résolutions instaurant   une politique de mécénat à excessif qui ne  valorise que l'image (grands travaux, commandes publiques).

Comme quoi l'analyse économique peut mener fort loin, surtout lorsqu'elle fait l’impasse  de ses limites.

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