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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 09:32

manager-par-l-ethique.jpgLa situation économique tendue, vécue aujourd’hui, exige que nous accordions davantage de discernement à notre activité. A notre rôle de cadres.

Cet étrange paradoxe nous incite principalement à raisonner aux contraintes que nous subissons, en tant que professionnels de la culture et sur les valeurs que nous devons mobiliser, pour réaliser au mieux nos missions de service public.

L’unique « valeur ajoutée » inhérente de l’offre culturelle, suffit-elle à donner sens à notre action ?

Sur quelles  valeurs éthiques mais également matérielles devons nous particulièrement  nous appuyer pour réaliser au mieux nos missions ?

 

Le « projet » parait la seule réponse pertinente pour chacun d’entre nous, de même qu’il parait indispensable pour enthousiasmer le « collectif » de nos équipes.

Toutefois suffit-il, à lui seul, à redonner du sens à notre travail ?

Contribue-t-il à contenir ce sentiment si diffus de perte de sens qui nous tenaille, parfois, dans le cadre de nos actions ?

Les nouveaux préceptes émergeants et l’intrinsèque corollaire de nouveaux vocables qu’ils colportent – et qui parfois font « mode » -  tels que : « co-construction » et « analyse » (pour appréciation), semblent aujourd’hui se substituer aux notions traditionnelles et parfois galvaudées de : collaboration, coopération et évaluation.

Réalité ou miroir des mots ?

Truismes ou bien-fondés des expressions ?

Quelle est donc, en nous, l’authentique place de l’analyse dans cette recherche effrénée de sens qui nous tenaille, et où « agir » demeure perpétuellement un procédé chancelant entre créativité, gestion et éthique ?

 

La reconnaissance par l’élu et/ou par « les publics » parvient-elle à conférer un sens à notre  activité ? 

Quelle empreinte donner enfin, à cette action dont nous traquons si infatigablement, si inlassablement et si férocement  le sens comme s’il s’agissait d’une valeur perdue ou simplement ignorée ?

 

La dégradation de plus en plus accrue des « matérialités » sociales et culturelles que vit notre société aujourd’hui, représente autant de phénomènes aggravants qui favorisent la perte de sens du cadre territorial, qui est parfois réduit à n’être qu’un élémentaire gestionnaire de son travail.

Il semble à ne plus parvenir à engendrer des valeurs universelles de substitution à forte valeur ajoutée en matière de qualité, aptes à redonner sens aux questionnements actuels relatifs à la complémentarité – ou non – des deux fonctions principales de son action : agir et chiffrer.

 

Ainsi et nonobstant la solide capacité de recul que nous éprouvons journellement au sujet de nos pratiques, des situations absurdes parviennent parfois à s’ancrer durablement dans nos agissements lorsque, notamment, l’incohérence et le non-sens des situations vécues sur le terrain s’insinuent dans notre raisonnement, contribuant à accroître le délabrement de notre motivation à la prise du risque et à l’innovation…


Agir sur la seule « poussée » du tant décrié : « mode projet » désormais ne suffit pas, plus.

Tout schéma de mise en œuvre des « politiques culturelles » aussi structuré soit-il, s’il est carencé en « sens », parait voué à l’échec.

A moins que le sens de notre action ne se révèle par l’intermédiaire du projet … de l’usager.

 

Mais ce dernier, en matière de « culture », qu’ambitionne-t-il réellement ?

 

C’est dans ce contexte paritairement fragile, mutant,  autant qu’instable que le rôle du « manager » culturel est aujourd’hui entièrement  à  redéfinir.

 

Par un questionnement à la fois durable et éthique sur nos propres compétences, sur le rôle des élus, sur la manière dont les territoires aujourd'hui mènent, ou aspirent à conduire une action de service public efficace, qualitative autant que durable.

Sans oublier, de manière plus globale, notre propre vision du management et de la gestion qui nous régente.

Savons-nous tout simplement … faire ?

Plus que nulle part ailleurs, dans le secteur culturel  le directeur doit gérer au quotidien l’ensemble de ces injonctions paradoxales.

Paradoxales car elles requièrent à la fois des savoirs-faire et des savoirs-être complexes.

Des ressorts techniques garantis et … des « dynamismes »  éthiques renouvelés.

 

C’est aux pilotes que nous sommes, que revient désormais la mission aussi difficile qu’enthousiasmante de (nous) redonner « sens au travail ».


Notamment si nous ambitionnons  de fédérer avec succès nos équipes en les associant à un projet avantageux pour tous car,  principalement, recentré sur la mutation de l’ensemble des  « publics » existants et sur ceux en devenir.

 

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30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 23:12

Tristes-territoires.-Service-public-brise.jpgDepuis an et demi, à peu près, Claude Lévi-Strauss n’est plus.

Ses idées nous manquent. Comme nous manquent effroyablement ses analyses, si belles, si justes, si indispensables sur la société contemporaine, ses rouages, ses mythes.

Son éthique aussi.

S’il avait vécu plus longtemps, j’en suis certain, il n’aurait dédaigné l’étude du service public. Il aurait pu poser ses analyses ethnologiques reliées à la représentation de l’intérêt général, au sens de l’Etat, l’éthique - éventuelle -  de ses émissaires, ou encore des institutions publiques telles que les collectivités territoriales.

Il aurait su déceler une approche théorique et anthropologique pour ces nouveaux terrains - presque vierges - d’étude, où ses conceptions innovantes auraient permis d’éclairer bon nombre de décideurs et, par extension, leurs politiques territoriales.

Sur ces nouveaux sujets, ses recherches auraient bénéficié, comme les antérieures,  de cette capacité admirable de mettre en parallèle la croyance - si caractéristique - de l’employé public et les dynamismes inouïs de son travail désormais confronté aux tempos de l'entreprise commerciale.

Pertinentes, justes, congrues et inventives, ses observations seraient à même d’énoncer exactement ce qui motive l’ordinaire de l’agent public, à savoir : l’offre et la contre-offre.

Un peu à l’instar des feues sociétés primitives dans lesquelles subsistaient des équilibres sociétaux essentiels basés sur le don et le contre-don entre les individus.

Des échanges généreux, désintéressés et paritaires structurant les principes mêmes de l’action publique.

Il s’étonnerait peut-être aussi de la préservation et de l’héritage de ces drôles de "tribus" qui se perpétuent encore de nos jours malgré les chétifs traitements (salaires) et des surprenantes circonstances qu’encore aujourd’hui poussent tant de postulants à vouloir entreprendre une carrière professionnelle dans le service public.

De leur probité élémentaire mais indispensable à la qualité et au bon fonctionnement du service rendu aux usagers.

De ce goût pour des professions qui reposent, naturellement, sur la volonté implicite de donner pour échanger afin de principalement exister au sein de l’institution qui les emploie.

De cet ahurissant besoin de procurer un sens à leurs existences en agençant qualitativement chaque action au service de leurs concitoyens.

L’auteur disparu de : « L’Anthropologie structurale »  nous parlerait subséquemment du sens énigmatique de ces motivations à vouloir à tout prix donner pour recevoir en retour.

Une sorte de singulière et laïque vocation - si inhabituelle dans nos temps modernes - à servir, à secourir, à aider et à soutenir là où, partout, la prédisposition de bon nombre d’individus est à la domination, à la dévastation, à la nuisance, à l’abus, à l’outrance  ….

Il décrirait dans les plus fins détails ces curieux sentiments d’importance tels que la sympathie, la reconnaissance, la fierté et la générosité qui s’expriment  dans le travail de l’agent public lorsqu’il garantit les prérogatives adéquates et égalitaires, car républicaines, qui émanent de ses agissements au service de l’intérêt général.

Il nous indiquerait distinctement aussi à quel point, ces formes bien précises de coopération des êtres entre eux et fondées sur l’offre et la contre-offre, ne peuvent être réduites à un élémentaire dispositif de gestion.

Car dans le don - aussi ambigu soit-il - interviennent les mécanismes complexes de la réciprocité qui régentent la stabilité, l’équilibre et l’équité dans les rapports sociaux.

Claude Lévi-Strauss, dans la « Pensée sauvages » ou encore dans « Tristes Tropiques » savait si bien retracer cela chez les populations primitives.

Dans nos sociétés vraisemblablement modernes, il ne pourrait que déplorer cette lente et inéluctable détérioration des « liants ».

S’il était encore parmi nous, Claude Lévi-Strauss, sonderait ce, pour le moins baroque, trajet entrepris par les institutions publiques qui ambitionnent aujourd’hui à cheminer similairement aux entreprises marchandes qu’elles ne sont pas.

Il nous alerterait alors sur les conséquences que ces  bouleversements occasionnent dans les permutations sociales et des risques que ces accointances  managériales encourangent. Des troubles qui ébranlent, en profondeur, notre propension à  donner, à concéder, à transmettre.

Il nous avertirait encore que ces désordres jaillissent, précisément, lorsque les institutions publiques, préfèrent que les employés soient quittes, plutôt qu’être mutuellement  redevables.

Au sujet de toutes ces expériences managériales saugrenues et agréées actuellement dans les établissements publics, le génie de l’anthropologue saurait établir la méprise  de nos décideurs lorsqu'ils cherchent, pour faire moderne,  à "mobiliser les R.H.", au lieu d’exploiter simplement leur volonté innée de donner, d’offrir.

Car exercer une activité de service public implique de posséder une éthique du partage et de la participation. Mal identifiée, peut-être, mais indiscutable.

Bref, nous aurions tant besoin aujourd’hui de la pensée d’un Claude Lévi-Strauss et de ses si inestimables « instruments théoriques » tant appropriés à l’étude de ce que nous sommes devenus, de ce que l’on a fait de nos territoires, des politiques afférentes, de la coopération, de la solidarité et de l’appel enthousiasmant à la citoyenneté indissociable de la fraternité des individus entre eux ...

Nous serions alors à même d’analyser, de comprendre et, qui sait alors,  de contenir toute la souffrance due à cette perte de sens dans nos activités.


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30 avril 2010 5 30 /04 /avril /2010 15:14

ethnographie cadres territoriaux 3 bisBien plus que rendre des comptes le cadre territorial doit avant tout aujourd'hui se rendre compte du rôle singulier de passeur qu’il revêt.

 

Il est particulièrement bien placé pour dire ce qui se déroule réellement au niveau des services.

 

Repérer avec précision l’activité des cadres devrait aider ceux qui prennent les décisions pour le développement du territoire.

 

De son coté le cadre fournit quotidiennement un travail de lien invisible. Souterrain, méconnu, caché.

 

Pour nous il s’agit avant tout de comprendre ce que nous faisons au quotidien dans notre travail. Ce que nous devons faire réellement pour que le service fonctionne.

 

En quelque sorte avancer un peu comme le ferait l’enquête d’un ethnographe : observer, écouter et prendre de notes, car l’amnésie du travail réalisé et des approches méthodologiques privilégiées pour y parvenir, est si vite arrivée.

 

Se rendre compte et rendre compte ensuite c’est avant tout une affaire de mémoire.

 

De toutes ces luttes incessantes contre l’oubli qui guettent notre action.

 

Il y a aujourd’hui de plus en plus un écart entre la tâche prescrite et le travail réel et ce n’est qu’en regardant ce qui se passe sur le terrain qu’il est encore possible d’analyser et de comprendre l’activité des cadres territoriaux.

 

Un accomplissement qui ne peut se réaliser qu’au prix d’une contribution de la personne et qui va bien au-delà de la simple exécution des procédures.

 

Des procédures que nous devons, avant tout, engendrer.

 

Les cadres cristallisent aujourd’hui toutes les tensions : celles du territoire où nous exerçons, celles des usagers, des élus sans oublier, bien sur, les appréhensions de nos équipes.

 

Nous nous sommes pendant trop longtemps volontairement exposés une logique excessive de « mise en visibilité » de l’offre publique et pendant ce temps nous avons peu parlé de notre propre travail au quotidien, devenant ainsi la cible des mécontentements et des lassitudes, y compris les nôtres.

 

Dans des équipes fréquemment débordées par les cadences de travail mal planifiées, on dit souvent que les directeurs ne sont jamais là, qu’ils sont toujours en réunion …

 

En fait, nous sommes partout.

 

Nous faisons ce fameux travail de lien invisible et de rattrapage des incohérences.

 

Une articulation permanente entre des logiques disparates et des mondes éclatés.

 

Un travail de reconfiguration permanente des rouages qui permettent à la collectivité de fonctionner, de cheminer sans sursauts désordonnés.

 

Inutile d’attendre – ou de craindre – les grandes réformes qui viendront, à terme, ébrouer nos logiques ou nos habitudes de fonctionnement.

 

Nous avons déjà connu des micro changements cumulés qui ont modifié en profondeur nos clivages de cadres territoriaux : les nouvelles règles de sécurité, les changements des procédures, les bons vieux désirs de transversalité provenant de différentes directions et sécrétés parfois à la va-vite et sans réelle concertation ni administrative ni, encor moins, politique.

 

Ces quelques exemples disparates ont contribué, bon an, mal an, à nous préparer au changement car une part importante du travail du cadre consiste aujourd’hui à amortir les rigidités, tout en préservant un minimum de règles pour permettre, sur le terrain, le travail des agents.

 

Dans des conditions de travail dégradées, nous sommes nous-mêmes mis sous tension car d’un coté nous devons soutenir et accompagner le personnel et de l’autre, contribuer à l’augmentation des cadences de travail avec de moins en moins de moyens à la clé.

 

Bien plus qu’évaluer, nous devons analyser le travail réel.

 

Décrire au quotidien les problèmes rencontrés sur le terrain.

 

Nous devons en parler sans forcement être dans la plainte ou encore dans la démobilisation. Acquérir une approche plus partagée des difficultés permettrait ainsi de mettre en œuvre des démarches idoines pour réduire les difficultés. De donner enfin à comprendre aux autres notre travail de cadre territorial et de parvenir, somme toute, à en réaffirmer le sens.

 

Occulter la réalité de ce qui se passe à la « production » de l’offre de service public ne peut être une solution.

Nous devons trouver un espace pour parler de nos difficultés, penser collectivement les impasses pour construire ensemble des réponses à des situations inédites.

 

Pour mieux faire connaître et reconnaître aussi notre travail de cadre, bien sur, mais également pour impulser une analyse collective de notre poste.

 

Or les enquêtes socio-ethnologiques de notre métier, manquent si cruellement dans la territoriale.

 

Ce sont autant de bouées de sauvetage qui manquent à la sûreté de notre fragile vaisseau s’apprêtant à un périple où les écueils, les rochers, les obstacles et les hauts-fonds ne manqueront pas.

 

Filins fragiles de sécurité ou alors solides amarres qui sécurisent et rassurent les équipages face aux bourrasques qui nous font face, nous sommes tous invités à réfléchir aujourd’hui à d’autres formes de conduite du changement qui prendraient en compte les situations de travail réelles que nous rencontrons aujourd'hui et qui mieux consentiraient de prôner ensuite l'agencement et le renouveau du service public. A évoluer vers plus de justice, d'équité, de partage, de générosité.

 

Bref : singulièrement plus d'humanité.

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6 janvier 2010 3 06 /01 /janvier /2010 11:39

Réminiscence de mes « humanités » de jadis, il me vient aujourd’hui à l’esprit la célèbre pensée d'Hegel et de sa lumineuse : « Phénoménologie de l’Esprit ».


Dans cet essai Hegel y développait toute une esthétique affolante, car révolutionnaire  et qui sera reprise, plus tard, par Lacan :  "le soulèvement de l’esclave" …

 

La frustration du désir aussi car, selon Lacan,  le désir ne serait-ce que l’attrait de l’autre.

 

Aujourd’hui encore l’œuvre d’Hegel paraît d’une actualité inhabituelle.

 

En effet, ce qu’implique la dialectique du maître et de l’esclave ne peut se comprendre qu’à travers l’idée de la reconnaissance de l’un vers l’autre. Réciproquement.

 

Une reconnaissance qui ne serait rien d’autre que l’expression de la gratitude jouant un rôle central dans le développement de la médiation.

 

Mais que passe-il lorsque la conciliation (ou le compromis) vient à manquer ? … Il en va des machines comme - certains - de nos partenaires. On se demande bien - parfois - comment progresser avec… Car le conflit semble si inséparable de la condition humaine.

 

Manager (ou régir) dans ces circonstances, peut alors nous paraître… effrayant …



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21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 11:52

entreprise socialeCa y est, nous y sommes.


Dernière ligne droite avant les réjouissances des traditionnelles et parfois même épuisantes,  fêtes de fin d’année...

 

Durant ce week-end, en me promenant dans les principales artères de la capitale, j’ai pu observer la grande agitation convulsive qui  assaillait les adeptes de la dernière vague des chalands pris au piège des  indispensables  obligations relatives aux étrennes de  Noël.

 

Soyons francs : honnêtement,  j’en faisais partie aussi ...

 

Il n'empêche. Je sais cependant que l’économie ne peut pas se résumer à cette folie consumériste. A cette mondialisation et aux batailles boursières amplement responsables de la récession planétaire dans laquelle nous nous engluons chaque jour un peu plus.

 

Je suis persuadé qu’il existe un modèle économique authentiquement dissemblable de l’actuel. Une voie alternative capable de progrès et d’innovation sociale.

 

Il existe en effet plusieurs milliers de salariés et tout autant de bénévoles qui, un peu partout dans notre pays et dans la planète, semblent avoir fait le choix de travailler dans des coopératives, des mutuelles, des fondations, des entreprises d’insertion ou encore dans des entreprises dites classiques mais pourvues d’une forte composante sociale.

 

Sans esbroufe et sans renfort de millions dédiés à des mégalomaniaques « plans de communication »,  des lumineux entrepreneurs sociaux, parviennent à bousculer les codes et imaginent des concepts audacieux et inédits favorisant une économie éthique et solidaire envers des personnes et des territoires en difficulté.

 

Indubitablement, en cette veille qui précède les traditionnelles agapes de Noël et les coutumières « bonnes » résolutions pour la nouvelle année, c’est bien à eux, à ces formidables femmes et hommes qui authentiquement indiquent les voies alternatives à emprunter afin de permettre l’éclosion d’un nouvelle communauté davantage solidaire, unie, égalitaire, fraternelle et généreuse, que je désire adresser mes vœux d’espérance et de succès pour les merveilleux projets qu’ils initient quotidiennement et dans l'anonymat afin que l'espoir puisse éclore. 


A dire vrai, l’authentique « esprit de Noël » nécessaire au  renouveau, semble s’exhaler par le nouveau souffle porté par cette humanité qui prône à la fois la générosité et  l’intérêt général.

 

Une humanité qui nous exhorte encore à l’ouverture sans délais de « chantiers » capables de préfigurer une nouvelle émancipation.


Des "laboratoires" économiques ingénieux qui nous inciteraient aussi à entreprendre des attitudes différentes et plus en mesure de reconsidérer les temps sociaux …

 

A vous toutes et à vous tous : Joyeuses Fêtes !

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20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 12:07

res-source-humaine.jpgCes jours-ci, je lisais dans la presse et avec immense tristesse cette  énième et tragique information relative au nouveau cas de  suicide constaté en France d’un salarié de l’opérateur historique de téléphonie.

Hélas,  et de 30 !

Je me demandais comment nous pouvons encore accepter  sans réagir et sans manifester notre indignation, toutes ces disparitions.
Sans éprouver du dégoût, de la révolte, de la colère et de l’exaspération face à cette « casse » humaine sans précédents.

Exprimer aussi notre écoeurement envers ce syndrome du « Soylent green » qui se diffuse insidieusement dans notre société grâce au trop facile prétexte  de concurrence mondiale, ou de cette  crise qui, forcement, doit nous piler, nous broyer.

Comment nous en sommes arrivés là ? 
A ce recul abject vers  une époque que l’on croyait à tout jamais révolue ?

A ce début consommé du XIXème siècle perpétré cependant jusqu’à nos jours ? 
A la survie  de ce modèle social déstructuré encore en deux grands « blocs » relativement hermétiques : la formation d’un coté et le monde du travail de l’autre ?

Jadis cette référence sociale semblait non seulement possible, mais également  performante et ce uniquement parce que notre société était stable et, les mutations industrielles, lentes.

Avec la mondialisation, les changements technologiques rapides et la complexité des savoirs, ce système incohérent, car clivé,  a éclaté. Il semble désormais à avoir du mal à fonctionner.

Les besoins de professionnalisation des salariés est immédiat.

Pourtant le monde de la formation et le monde du travail semblent encore faire bande à part.

Les mentalités n’ont pas changé de pair avec le monde.  

Bon nombre  d’entreprises semblent encore perpétrer le concassement de l’humain, pourvu qu'il y ait de la rentabilité,  comme cela s'opérait déjà à l’avènement de l’ère industrielle.

Les droits sociaux et les avancés acquises  dans le monde du travail depuis, paraissent aujourd’hui reculer et il n’est pas rare  que, monstrueusement,  dans bon nombre de lieux de travail, on y perde  encore sa vie en essayant seulement de la gagner.

Le monde du travail recrute encore les salariés et ses cadres en fonctions de leurs diplômes plus que sur ce qu’ils savent faire,  sans miser aucunement sur leurs atouts d'individus.

Mais pour quelle raison obscure l'entreprise semble être incapable d’investir sur les « potentiels » de chaque collaborateur ?

Notre société tend à survaloriser les diplômes à sélection homogène des grandes écoles au lieu de miser sur la diversité des parcours.

Un système pyramidal, réducteur et périmé qui se révèle, in fine,  être une faiblesse, car il exclut des nombreux jeunes et prive le monde du travail de  richesses certaines.

De diversité aussi.

Avec la pénurie constatée des talents liée aux chocs démographiques et qui, de toute manière s’exposera nouvellement et avec encore plus de vigueur lorsque la crise sera derrière nous, le monde du travail devra forcement, et le plus tôt sera le mieux, revoir avec urgence ses critères de recrutement et, aussi,  de management.

Des  « patrons » hors du temps, vestiges indignes d’un autre âge, se payent aujourd’hui encore le luxe de broyer de l’humain.

Une conduite non seulement criminelle mais identiquement irresponsable car elle encourage à termes la même entreprise, face aux changements qui l’attendent, à se propulser d'elle-même dans sa propre annihilation, poussée qu’elle sera  dans une suicidaire fuite en avant en recherchant des dérisoires prérogatives à court terme.
Mais quelle croissance peut-on espérer ainsi d’une organisation qui aurait systématiquement démoli, abîmé, annihilé irrémédiablement et de la sorte, ses plus précieuses ressources et vecteurs pricipaux d'expansion, à savoir : ses propres salariés ?
Il y a encore trop aujourd'hui d’improbables et scélérats  « généraux Nivelle » au commandement de nos entreprises.

Trop encore de  patrons  criminels - car voyous - qui montrent trop peu de respect pour la vie humaine.

Ils ne savent ou ne peuvent pas concevoir l’entreprise autrement qu'une tranchée.
Or il y a des « offensives Nivelle » que l’on ne doit plus accepter au nom du libre marché ou de cette prétendue déréglementation mondiale.

Vivre et évoluer dans l’entreprise aujourd'hui ne doit plus signifier d'y périr, dans les galerie boueuses  et sous la mitraille du profit.

Les voies qui doivent conduire au travail ne doivent pas se transformer pour les salariés en « Chemin des Dames ».

Mondialisation, peut-être. Mais assurément pas conflagration mondiale.

Plus jamais d’assassinats, car ce sont des assassinats, qui se perpètrent aujourd’hui sur nos lieux de travail sous prétexte d’un management  - faussement - concurrentiel.

Comme si l’obtention et  le gain  de tout nouveau marché, ou l’attrait pour des neuves exutoires économiques, devaient signifier l’immolation de tant de travailleurs.

D'autant de sacrifiés.

Oui, plus jamais de ces généraux Nivelle qui déciment sanguinairement, dans l'entreprise, leurs rangs, uniquement pour satisfaire leur orgueil ou masquer leur incompétence.

J'en ai assez de tout ce cynisme et de ce trop plein d’irresponsabilité qui gangrène aujourd’hui le monde du travail.

C’est pour quand, enfin, l’avènement, d’une entreprise qui ambitionnerait, comme instrument principal de croissance, une bonne et juste gestion des hommes ?

Personnellement je reste persuadé que le progrès économique et social d'une  société moderne s'obtiendrait seulement lorsque  chaque entreprise qui souhaiterait durablement et sincèrement muter vers la prospérité, adopterait un seul et unique projet, simple et ambitieux à la fois et  visant de rompre à  jamais,  avec cette logique de carnage.

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14 septembre 2009 1 14 /09 /septembre /2009 12:38

Monde-culturel.jpgBien se conduire a deux sens : un sens technique et un sens éthique.

En effet, au-delà de ce qu’il faut faire (ou s’abstenir de faire), il y a ce qu’il est convenable, honorable, respectable, voir admirable de faire.

Une notion nouvelle s’offre à nous.

A nos pratiques professionnelles qui, jusqu’à présent se contentaient d’indiquer un trop mail vieilli système binaire de : « savoir-faire » et de « savoir-être », il convient désormais d’y associer le « savoir-vivre » professionnel.

Une forme nouvelle d’approche éthique qui impliquerait de bien se construire dans un cadre déontologique, c’est à dire selon les principes éthiques partagés par la profession.

Evidemment comme dans chaque milieu, voir dans chaque famille professionnelle, ce "savoir-vivre" évolue et se discute.
Il s’agit en tout cas pour nos métiers rattachés à l’intérêt collectif, à la fois d’une culture et d’un langage.
D’une histoire aussi et d’un lien de groupe.

En un mot, il s’agit de ce qui constitue la communauté au sens « ethnologique ».

Toute situation de culture dans le service public relève d’un système complexe qui rend impossible la généralité.

L’intérêt général que nous ambitionnons dans le cadre de notre activité d’agents territoriaux est situé entre une éthique personnelle parfois complaisante et une déontologie générale manquant de règles très normées.

Cela nous pousse parfois à vivre comme dans un clan, dans une tribu, c'est-à-dire à évoluer exclusivement avec ceux qui partagent le même langage, les mêmes évènements, la même vie professionnelle… En en mot : nos pairs.

C’est un particularisme - trop ? - fréquent des métiers artistiques et culturels.

Comment donc dans ce contexte identitaire extrême, où le « tout » absorbe la somme des « parties », la qualité de l’évaluation professionnelle pourrait traverser plusieurs domaines de compétences alors que nos pratiques professionnelles sont confrontées à notre seul « savoir-faire » et à notre unique « savoir-être » ?

Comment donc réussir notre évaluation de notre « savoir-vivre » si, distincts, nous nous disséminons dans l'agglomérat ambiant ?

Si on laisse tomber un vase au sol, il nous reste la somme des parties.

Ce seraient-ils donc ces fragments brisés qui nous permettraient-ils d’évaluer avec précision le vase  fracassé ?

L’évaluation des « savoir-être » et des « savoir-faire » tient d’un système complexe.

La seule évaluation qui soit à la fois transversale de ces deux propriétés réside dans notre capacité de raconter et de percevoir clairement notre « savoir-vivre » le métier.

Loin de toute tribu ou de clans qui pratiqueraient  le repli sur soi, nous voici en explorateurs curieux d’aptitudes professionnelles nouvelles qui nous responsabiliseraient  et qui nous ouvriraient  davantage dans notre relation à nous-mêmes et aux autres dans une positon d’allégeance et de partage de valeurs éthiques exaltants car  toujours en mouvement et perpétuellement susceptibles d’évoluer.

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26 mai 2009 2 26 /05 /mai /2009 23:42

Funambule--valuer.jpgL’évaluation de l’action culturelle, ne consiste pas seulement à mesurer, à auditionner ou bien encore à confier pendant trois mois à un cabinet d’études le soin de rassembler quelques chiffres.

L’évaluation, c’est avant tout réfléchir à des indicateurs de réussite. A des indicateurs de satisfaction.
C’est produire des critères clairs d'observation, mais plus fondamentalement encore, c’est s’interroger sur ce qui donne sens.

Evaluer signifie aussi  s’inscrire dans une véritable démarche didactique par objectifs.
Mais pourquoi une évaluation des politiques culturelles ?
Ceci n’est pas neutre car ces décisions correspondent au désir que nous avons de mesurer les choix d’investissement dans l’humain de toute une société.
Faire le choix d’évaluation d'une pratique culturelle, c’est faire le choix emblématique d’inscrire durablement la politique de développement d’un territoire donné.
Quelles sont donc aujourd’hui les exigences d’équité, d'éthique, d’égalité, de qualité ?

Comment apprécier avec précision et objectivité cela ?
Il est évident que les évaluations de l'action culturelle sensibilisent à terme l'émergence de requêtes exigeantes pour une politique qualitative locale.
Il faut passer d’une réflexion centrée sur l’aide aux communes, sur l’aide aux compagnies ou encore sur l’aide aux institutions,  à une réflexion désormais centrée sur les publics.
A l'action de territoires structurés autour de projets qualifiants.
Ce "déplacement" demande d'une part, assurément un peu, voir beaucoup, d’audace politique et, d'autre part,   pour nous :  pilotes culturels, un authentique savoir-faire méthodologique.
Analyser la culture n’est pas un exercice facile.
Cela peut  se révéler même périlleux.
Considérer le domaine culturel doit permette d’identifier le cadre exact de la représentation qui l’agite pour en être conscient et mieux, ensuite, pouvoir construire plus facilement le cadre urbain dans lequel on souhaite vivre. 
Car le but final d’une étude d’évaluation est la mise à plat d’une réalité ou d’un système sans jugement aucun autre que la réalité des faits.

Cependant est-ce la meilleure manière que de s’extraire de la réalité pour l’étudier ?
Se vouloir extérieur aux éléments et pour autant les expliquer ?
“Pratiquez-vous l’introspection ? Vous connaissez-vous vous-même assez pour parler des autres ?”.
Pas facile en effet.
Garder l’équilibre, n’est pas chose aisée lorsqu’on évalue ...

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29 avril 2009 3 29 /04 /avril /2009 12:20

 

 

Pas trop envie de produire aujourd'hui.
Cela arrive parfois, lorsqu'on oeuvre en direction de l'art et de la culture, de toiser les abymes.
La mienne aujourd’hui est assurément juste une torpeur passagère.
Sans gravité aucune.

Toutefois  que se passe-t-il vraiment lorsque l’apathie, ou la panne, effleure  l’artiste, le créateur ?

Une société ayant abrogés, annihilé, effacé  toute production artistique survivrait-elle aux mutations du monde ?

Si une dévastation massive parvenait aujourd’hui à se produire en direction de  l'art à l’instar, par exemple,  de l’anéantissement que nous connaissons aujourd’hui du monde économique et de l’emploi, un  chaos encore plus considérable apparaîtrait-il alors ?

Mesurons-nous seulement à quel point la créativité, la culture et l’art représentent la fortune du monde ?

Hors des arts et de la création  pourrions nous,  avec succès, faire mouvement vers le  renouvellement  et à la transformation ?

Dans la mémoire de chaque œuvre,  de tout  artiste et tout créateur, s’entrecroise le travail d’abondantes expériences et d’infinies expressions.

Les protagonistes ainsi que les  techniciens de la communauté artistique se révèlent et se racontent exclusivement dans les voies de la création et de l’innovation.  

Des espaces illimités qui œuvrent  à la métamorphose du monde.

Qui indiquent aussi les chemins à emprunter.

Des territoires  réservés aux expériences personnelles et dont l’art témoigne organiquement des transmutations auxquelles il assiste.

C’est en cela que réside  l’authentique et idoine réponse de la culture aux bouleversements  du monde comme, aussi, à notre désir de changement.
L’œuvre d’art questionne le réel. Il le façonne.
Dans cette appétence  de renouveau se  construit  la mémoire collective.

L’empreinte culturelle du monde et la représentation authentique de sa conversion.

Distante de l’art, de la culture et de la création,  notre société ne parviendra plus à rythmer ses mutations.
Et comme ma productivité aujorud'hui, elle connaîtra un bug dans sa transformation.

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22 avril 2009 3 22 /04 /avril /2009 10:00

 

Changer ou évoluerDans ces temps instables, il est toujours souhaitable de ne pas trop participer à l’ambiance ordinaire qui a tendance à conduire à la l’acrimonie générale.

Une fois que l’on a pris la température ambiante, il est nécessaire de se construire, avec un peu de recul, une bulle d’attente.

Cette bulle à l’avantage de protéger de la contagion et surtout de ne pas aggraver le mouvement qui n’a que trop tendance à s’autogérer dans le mauvais sens.

Notre monde culturel est en mutation. Il est bon qu’une structure soit en mouvement car sans cette évolution permanente il n’y a plus de vie.

Mais en ce moment cette évolution - du service public en général et du secteur culturel en particulier - ressemble davantage à une révolution.
Une révolution qui ne donne pas son nom, qui se prépare doucement avec sans cesse des hésitations comme si elle n’était pas sûre d’elle-même.

C’est de ce sentiment d'incertitude diffus que peuvent éclore nos crises identitaires liées au devenir de notre profession de Dac.

Dans la territoriale les esprits sont chagrins. 

Nous recueillons sans cesse des critiques sans pour autant avoir une proposition de rechange.

Les nombreuses crises que la France traverse en ce moment, ne font qu’accentuer ces troubles, ces ambigüités.

Sans doute de telles périodes sont-elles nécessaires pour faire avancer notre société.

Il faut dire que dans notre pays, ces « avancées » se font, parfois, par bonds, voir par de féroces révolutions ….

Il faut composer avec la mentalité qui est la notre et rechercher, si possible, d’en atténuer les mauvais cotés.

Reste que les cadres territoriaux ont en ce moment, bien du mal à faire face.

Quand ils ne sont pas eux-mêmes dans le tourbillon, ils n’aspirent qu’au calme et à la sérénité, facteurs indispensables d’une qualité du service public qui semble bien compromise actuellement.

Bref, pour comprendre ce que la sphère politique attend de nous, nous avons besoin de points de repère clairs.

Comment en somme, emprunter des nouvelles voies, indispensables au changement, sans se résoudre à quitter les anciennes certitudes qu’aujourd’hui  nous immobilisent ?

Ce travail doit être facilité par une nouvelle conception du service public spécifique à l’offre culturelle dans le territoire.

Une conception renouvelée de notre métier qui ne mette pas nos valeurs en cause par de simples recommandations qui n’indiquent que des procédures à suivre sans s'abstenir d'expliquer clairement leur intérêt dans notre transformation professionnelle.

Nous devons pouvoir repenser notre métier avec ceux qui ont la charge aujourd'hui de produire des réformes et pouvoir dire ce que nous pensons et ce dont nous avons besoin en ayant, enfin, l’impression que quelque chose peut en être retenu.

Pour conceptualiser une nouvelle offre culturelle intrinsèque à un service public de qualité et assurément adossée à nos pratiques d’aujourd’hui, il faut que nous puissions entrevoir clairement le gain ainsi que nos réelles aptitudes face  à  l’épreuve demandée pour avoir le choix entre le futur et le passé et choisir le futur.

Pour le moment nous oublions le passé, nous ne savons rien du futur et nous avons un avis sur tout ...

On sera beaucoup plus riches à plusieurs et les solutions acceptées dans le consensus seront bien plus faciles, pour nous et pour nos équipes,  à mettre en œuvre demain.

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