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3 septembre 2010 5 03 /09 /septembre /2010 16:43

lancement saison culturelleAprès la grande parenthèse estivale les retrouvailles avec les publics ne sont pas toujours choses aisées. Quoi de mieux donc pour renouer les contacts avec les usagers que de présenter, d’une manière conviviale et festive, la prochaine saison culturelle qui nous attend.

Toutefois, bon nombre de responsables culturels appréhendent ce moment clé de la rentrée.

Ils sont nombreux à craindre les clichés habituels d’une longue et ennuyeuse soirée avec la menace de marquer défavorablement les contenus artistiques et culturels proposés dans l’année.

Pour éviter ce genre de pièges, élus, mais également les programmateurs envisagent cet important rendez-vous de la rentrée en totale rupture avec les antérieurs formats de type … grande messe solennelle.

Les idées créatives fusent aujourd’hui afin de mobiliser, dans chaque structure culturelle spécifique, un public peut-être moins nombreux, mais davantage actif.

Un public qui serait aussi acteur  dans une relation plus intime, plus personnelle et  plus puissante,  comme lors d’une assemblée et où le dialogue et les échanges seraient plus avantageux.

Ces retrouvailles sont aujourd'hui plus resserrées dans le temps et éloignées de tout long discours assommant.

Des entrevues exclusives qui sont souvent animées par des montages photos et vidéo ou encore occasionnellement entrecoupées d’interventions d’un ou de plusieurs artistes différents qui se mélangent, avec inspiration, à coté des acteurs associatifs locaux.

Il s’agit dans ces soirées de donner à la présentation de la nouvelle saison culturelle une  « touch » faite d’un savant mélange de professionnels et d’amateurs qui composent l’essentiel  d’une saison culturelle réussie.

Une saison dont les contenus sont perpétuellement en mesure de donner plus de « chair et de pulpe », donc plus de proximité, aux manifestations proposées.

Nombreuses communes envisagent  après de prolonger la rencontre grâce à un échange entre les artistes et le public qui peut avoir lieu, par exemple, lors d’un buffet et dans lequel les spectateurs ont souvent contribué personnellement d’une manière originale et inspirée comme lors de ces fêtes de quartier très conviviales et pendant lesquelles chacun apporte son ou ses plats préférés : sucrés ou salés.

Très appréciée, cette formule favorise toujours la venue et la participation de nouveaux publics tous séduits par l’idée de vivre et de partager simplement une fête entre amis.

Une manière de symboliser aussi par l’expression d’un fort moment collectif, la dynamique et l’ouverture d’esprit d’un lieu, de ses équipes qui l’animent et de son ancrage dans le territoire.

Les plus « engagés » peuvent apercevoir aussi dans ces instants communautaires,  le signe de la simplicité et de la manière professée par les élus - et par les programmateurs - de sortir d’une trop ostentatoire relation entre la culture et la consommation.

En ce sombres temps de récession, voici une opportune source d’inspiration pour ces inéluctables élus exagérément dispendieux, à l’approche des traditionnels vœux de fin d’année.

Bien entendu un lancement de saison n’est pas tout à fait réussi si l'on fait l’impasse sur une information claire et indispensable pour élucider aux publics les choix de la programmation.

Il ne faut donc pas hésiter à imaginer un spectacle (ou une animation) spécifiquement conçu pour cette soirée unique et durant lequel l’on agréera des courts intervalles afin d’expliquer distinctement le choix des contenus proposés.

D’autres expressions existent pour matérialiser la volonté de la commune de souligner la continuité d’une ligne « programmatique » et défendue d’une saison à l’autre.  

Présenter par exemple la saison suivante vers la mi-juin. Cela pourrait débuter par la projection d’un diaporama qui succinctement ferait revivre la saison écoulée.

Le public serait invité à une soirée dont il ignorerait tout. Il noterait ensuite librement, dans un petit carnet, comportant la date et les titres des spectacles à venir, toutes les informations diffusées, au cours de la soirée, au sujet de la nouvelle saison.

Un carnet dont ses propres notes vont l'accompagner tout au long de l’année et qui vont motiver ses choix.  

La manière pour les usagers, de symboliser efficacement  une démarche davantage plus volontaire et singulièrement plus participative.

Une initiative dans laquelle les choix de l’offre culturelle d’une commune rencontrent les désirs d’un public pleinement convié à y participer.

Par ailleurs le lancement de la nouvelle saison peut aussi voir le jour autour d’un « fil rouge » ou encore grâce à un évènement spécifique qui ferait, chaque année, voyager le public dans un univers chaque fois différent.

Une « mise en scène » collective qui se développerait entre l’information et la fête. Un moment festif capable d’illustrer les appontements qui existeraient entre les projets artistiques d’un équipement à l’autre.

A chaque organisateur de laisser libre cours à sa capacité créative et d’exprimer, entre une dégustation de friandises, un happening collectif improvisé, ou encore un lancer de confettis, sur les spectateurs, l'à propos de ses choix …

Le buffet qui s’en suivrait pourrait ensuite être inventé à partir de la thématique de la saison ou encore des spécialités culinaires d’un pays.

Bref, dans tous les cas l’accent se doit d'être mis sur la simplicité, la cohérence, la participation de tous et, principalement, sur le plaisir partagé d’être ensemble.

Des lumières du spectacle jusqu’à l’assortiment du buffet, tout devra incontestablement avoir une cohésion dramaturgique mettant la fête et le partage à l’honneur.

Il ne faudra pas non plus oublier de s’adresser aux « non habitués » des lieux culturels.

D’essayer de mélanger les gens entre eux.

De rechercher par exemple d’autres espaces, d’autres « trajets », voire une autre … temporalité.

Sans oublier, enfin, de sortir des quatre murs qui renferment la culture et de s’évader, pourquoi pas, dans les quartiers environnants.

Cela pourrait se dérouler par exemple, durant tout le mois de septembre avec des événements qui prendraient en compte les quartiers ainsi que le réel désir des l’équipes municipales de s’adresser à tous ceux qui ne sont pas forcement des habitués des infrastructures culturelles.

Une belle occasion pour les équipes de bien préparer en amont - avec anticipation - et  avec les artistes participant à la future saison, des ateliers artistiques et culturels en lien étroit avec les associations locales.

Certes, préparer le lancement d’une saison culturelle constitue un travail complexe.

Cela demande aussi beaucoup de préparation, de l’énergie et de la motivation à foison de la part de chacun.

Mais cet important rendez-vous annuel peut  contribuer  à  l’animation efficace de bon nombre de fêtes de quartier. 

Des scènes ambulantes peuvent voir le jour, ou encore des expositions itinérantes dans lesquelles tous les agents culturels seraient régulièrement présents et largement impliqués.

Cela va permettre d’offrir aux équipes l’occasion de resserrer les liens entre elles et aussi  de renouer avec une contigüité qualitative la proximité avec les publics.

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11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 15:27

Cultures intergenerationnellesEncore trop souvent de nos jours, le problème de l’âge ne semble se poser qu’à propos de l’enfance.

 

Pour ce qu’il en est de nos aînés, notre société paraît encore figée dans la représentation « sociale » de la vieillesse construite depuis la civilisation de la Grèce ancienne et si peu changée depuis.


D’Homère à Epicure en passant par Sophocle, Euripide et Platon, nous semblons toujours hésiter entre la crainte et le souhait d’appréhender la vieillesse.

 

Jadis, le vieillissement s’intégrait dans une représentation assez simple, avec le désir évident d’établir une correction constante entre les avantages et les inconvénients que l’avancer en âge procure.

 

Pour les "pertes" on se contentait de pointer l’inexorable déclin des forces physiques, la diminution de notre capacité de reproduction et, du point de vue social,  la perte du « pouvoir ». Pouvoir représenté  par le recul de la vie active et, in fine, le départ à la retraite.

 

Du coté des "profits",  on imaginait que le grand âge autoriserait le développement de la sagesse, l’augmentation de la capacité éducative et, enfin, l'obtention du respect que la société toute entière concéderait, de plein droit,  à tout aîné ...

 

Las. Il est frappant de constater à quel point notre  société a changé en quelque décennies à peine.

 

Avec l’explosion démographique et l’accroissement de la longévité, mais aussi avec les crises sociales et économiques qui n’ont cessé de heurter et de fragiliser notre société depuis environ une bonne quarantaine d'années, il convient de souligner à quel point la promotion sociale - et culturelle - de la vieillesse, n’a cessé de se dégrader.

 

Notre monde nous renvoie souvent une image désastreuse de la vieillesse avec la peur de mal vieillir, de finir seul, mal aimé et dépendant.

 

Faire le deuil de sa jeunesse dans une société de plus en plus endurcie à la solidartié entre les générations et qui prône le « jeunisme » à tout va, devient de plus en plus ardu.

 

Participer aujourd'hui à la lutte contre la mise à l’écart des personnes âgées et d'être capables de valoriser tout ce qu'elles nous apportent, celà signifie non seulement accomplir une certaine forme de résistance contre brutalité sociale ambiante, mais également faire barrage à aux multiples formes de l'exclusion et de la discrimination.


La prise en compte globale de la personne âgée ne repose pas uniquement sur la seule politique en matière de santé publique, mais également sur une plus sincère et plus altruiste prise en considération du facteur humain et de son environnement socioculturel.

 

Comment ne pas être surpris du fait que  dans bon nombre de villes dans l'hexagone trop rares encore sont les politiques de développement culturel qui détaillent avec précision des objectifs clairs et volontaires d'une offre culturelle tout à la fois tangible et pertinente pour la personne âgée.

 

Or les usagers âgés sont dans nos villes, bien plus que toute autre catégorie socio-professionnelle, ceux qui ont le plus besoin de partager des liens culturels et sociaux.


Fragilisés, isolés et ordinairement muets dans leur peine, ils échappent  aux indispensables politiques publiques  de … « prévention ».

 

Lutter contre les inégalités dues au grand âge, signifie de souligner à quel point il est important aujourd’hui de mettre en place des actions qui permettent une meilleure qualité de vie dans les situations difficiles que nos aînés rencontrent quotidiennement et qui, parfois, éludent notre vigilance ou "évitent" notre conscience.

 

C’est pour cela que des schémas - ou projets - de développement culturels doivent se déployer encor plus dans nos territoires afin de permettre, sans discriminer, non seulement la continuité du service public mais également l’exhaustivité de l’offre culturelle pour l’ensemble des publics, y compris pour ceux les plus âgés.

 

Comme c’est le cas pour la santé et pour le social, la culture aussi doit concourir aux temps « préventifs et éducatifs » qui se succèdent pour chaque segment des âges tout au long de la vie.

 

En complément à cette fonction préventive, l’offre culturelle devrait aussi transporter un deuxième volet qui, pour nos aînes,  pourrait se déployer en direction d'initiatives ou d'activités collectives additionnelles et subsidiaires des pratiques individuelles qui, proposées seules dans leurs particularismes, auraient trop tendance à se montrer sélectives, donc rédhibitoires, pour les usagers  en état de dépendance.

 

Troisièmement enfin, l’offre culturelle pour les personnes âgées, devrait avant tout contribuer  aussi à changer principalement le regard que la société porte sur les aînés...

 

La culture participe toujours à l'éclosion d'un changement profond dans les comportements de nous tous,  y compris vis-à-vis des plus anciens.


Elle favorise également, par la tolérance et la compréhension de l'autre,  la prévention des conduites qui peuvent se montrer, dans bon nombre de situations, des facteurs de maltraitance (directe ou indirecte) physique, psychologique ou sociale.

 

La lutte contre la précarité et l’exclusion doit passer encore par une attenuation de ce « jeunisme »  ambiant et dans lequel on voit mal comment on pourrait, aujourd’hui, "vieillir" dans des bonnes conditions.

 

Sans arrogance ni mérpis aucun, l’offre culturelle pour le troisième - voir pour le quatrième âge - devrait aussi s’accompagner d’une profonde réflexion sociologique menée sur la représentation de la vieillesse dans notre société.

 

Comment les plus âgés ont-ils vécu ? Quelle idée avons-nous d’eux en attendant le jour où nous serons, à notre tour, concernés ?

 

Il semble y avoir  là,  tout un champ d’investigations non seulement sociétales mais également culturelles très profitables pour initier des pédagogies, des préventions, des informations, des volets éducatifs, et des échanges intergénérationnels à la fois innovants et efficaces.

 

Enfin, pour qu’elles puissent réussir dans leur rôle de promotion culturelle pour tous, chaque prestation culturelle proposée, doivrait également coïncider avec « l’histoire » de chaque usager.

 

Une histoire composée de vie sociale, de savoir, d'acquis et de souvenirs qui entrecoupent et façonnent les liens que chaque aîné entretien avec sa propre mémoire et la notre et dans lesquels notre avenir se reflet.

 

Progresser ensemble et durablement dans une société en perpétuel mouvement comporte de bien prendre en considération les besoins sociaux de chaque individu.


Un épanuissement qui serait ambitionné avec forcepar nous et qui passerait par des offres culturelles incontestablement authentiques et qui viseraient a optimiser, pour chaque personne : jeune ou  âgées, sa « bonne santé » physique, sociale, psychologique et culturelle.


Une démarche solidaire et fraternelle qui autoriserait l’aîné - indépendamment de son état de santé et/ou de dépendance - de prendre une part active dans la communauté d’aujourd’hui, brisant ainsi toute fatalité liée à la discrimination due aux âges de la vie.

 

Pour participer à un plus vaste projet de société, à la fois novateur et responsable, il faudra aussi former les professionnels culturels de demain à ce type de prévention.


Leur donner  des réelles capacités d’évaluer avec précision les résultats de chaque prestation culturelle spécifique issue de ces priorités car, pour améliorer la qualité de vie des personnes âgées, il faudra indubitablement s’attaquer, en profondeur,  aux origines de chaque inégalité ayant un impact tangible tout au long de la vie.


Des spécialisations qui permettront de mieux lutter aussi contre les déséquilibres et les inéquations.


Cela nous aidera également, ainsi que les générations futures, à réfuter à jamais toute thèse répréhensible selon laquelle le grand âge gommerait les différences sociales et culturelles des individus.

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28 décembre 2009 1 28 /12 /décembre /2009 13:58

Cinéma hopitalQui l’eut cru et pourtant loin, bien loin de tout tumulte médiatique si caractéristique du showbizz et autres "pipoles" du  7ème Art on assiste depuis une longue décennie, à l’éclosion progressive d’un certain nombre d’actions culturelles qui, initiées par des spécialistes, semblent parvenir aujourd’hui, avec beaucoup de patience et d’opiniâtreté, à persuader les professionnels de la santé : médecins, équipes de soins, administrateurs d’hôpitaux, aux bienfaits innovants de la médiations culturelle conçue et mise en œuvre distinctement pour l’hôpital et pour ses plus jeunes (ou moins jeunes) patients.

 

Ce dialogue entre la culture et les hôpitaux, a pu cheminer aussi grâce aux impératifs que  ces derniers ont connus et connaissent actuellement,  en matière de réforme et de réorganisation hospitalière en France.

 

L’hôpital est un monde complexe par excellence. Il a été le premier a percevoir les besoins de réorienter ses propres  propositions en matière de santé publique et devoir faire face aux nombreuses reformes systémiques qui sont encore en cours aujourd’hui et qui créent de la complexité.

 

Ouvrir l’hôpital à la ville ne s'est pas fait sans mal. Cela a du signifier de ressentir l'urgence de faire pénétrer dans ses murs, les aspects authentiques la vie et de la culture qui façonnent et structurent les édifications mêmes de la société dans laquelle l’hôpital doit s’inscrire.

 

Pour faciliter la compréhension de ces enjeux, des projets culturels et éducatifs, animés par quelque rare pionnier éclairé, ont commencé progressivement  à pénétrer les institutions publiques de santé d'alors.

 

Ces projets, qui  possédaient une forte capacité de soutenir une part nouvelle d’humanité et qui  faisait si défaut à l’hôpital d'autrefois, ont ouvert les voies à d'autres.

 

On a compris alors que cette humanité était désormais indissociable du projet  thérapeutique distinctif de l’établissement de soins et de chaque malade qu'y séjournait.

 

Cela a introduit également  l’exigence d’une quête alternative indispensable à l’équité de l’accompagnement des malades et plus particulièrement des enfants lors de leur séjour, plus ou moins long, en établissement de soins.


En hôpital on s'est alors aperçus que la culture, l'art, le rire et la créativité pouvaient offrir des solutions et des alternatives thérapeutiques à la lutte contre la maladie.

 

Il semble désormais acquis que l'art et la culture offrent également au patient un répit et une évasion à la souffrance, à l'isolement et à la douleur.

 

Cela nécessite énormément d’inventivité, parfois un immense courage et aussi une générosité infinie pour pouvoir œuvrer avec optimisme et sérénité en hôpital…

 

Rares sont les associations culturelles pouvant le faire.

 

C’est le cas de l’association : « Les Toiles Enchantées » qui depuis 1997 propose aux hôpitaux pédiatriques et aux centres de rééducation et de réadaptation pour enfants et adolescents malades et handicapées, des séances de cinéma tout à fait comparables, par la qualité technique et par la propriété des contenus proposés, aux meilleures salles en ville.

 

Soutenue par des artistes cinématographiques de renom et animée par une équipe talentueuse, l’action de cette association a su offrir a ce jour, dans presque 130 établissement de santé en France mais aussi en Belgique et en Afrique, non seulement des séances de cinéma sur écran géant, mais également des pellicules au format  35mn. Des films dont, pour la plupart, sont  récents ou encore projetés en avant-première.

 

L’association parvient fréquemment à faire déplacer directement dans les hôpitaux,  l’équipe du film projeté. Les artistes, les techniciens, les metteurs en scène,  rencontrent les jeunes malades et, durant un bref instant lumineux, dialoguent et échangent avec eux.

 

Depuis sa création, qui remonte à plus de dix ans,  l’association est parvenue à rencontrer ainsi plus de quinze mille enfants hospitalisés…

 

De la simple projection pour les plus petits jusqu’à l’animation, pour les plus grands,  d’ateliers débats ou à des discussions autour  de l’œuvre projetée,  le travail de cette étonnante association autorise le projet culturel et ses opérations de médiation culturelle, de légitimer sa place permanente aux cotés de toute autre innovation technique ou médico-sociale dans cette organisation si complexe qu’est l’hôpital.

 

Une synergie de compétences et de savoir-faire riche car diversifiée et acceptant pleinement que les quatre principes fondamentaux du service publique : égalité, continuité, neutralité et adaptabilité, puissent s’appliquer, aussi naturellement que possible,  dans ces mêmes lieux.

 

Grâce à l’action de l’association : « Les Toiles Enchantées » et du bon nombre d’établissements publics de santé qui accueillent les prestations cinématographiques qu'elle propose, les risques  d’exposition à l’exclusion, à  l’injustice et à la disparité en matière d’accès aux soins, et à la culture semblent ainsi reculer.

 

Un bien modeste « coup de projecteur », si besoin en est,  doublé  d'un sincère « coup de chapeau »,  pour ces professionnels de la culture qui œuvrent au quotidien dans cette structure si discrète et, pourtant, si indispensable car elle contribue, dans les lieux qu’elle visite, à l’essaimage  d’une « culture interne » empeignée d’idéologie solidaire et fraternelle.

 

Une vraie « culture » de la qualité qui semble capable aussi d’une meilleure injonction éthique en matière de soins. Une action « culturelle » qui se voit désormais intimement adossée à la globalité du projet de soins pour chaque enfant hospitalisé.

 

Il parait incontestable que dans ces lieux étonnants et qui pourtant progressivement s'ouvrent à l’art et à la culture, on y observe des équipes médicales qui parviennent à travailler avec d'autres professionnels en parfaite synergie pour parvenir à l'aboutissement  d'un projet partagé. Un projet porteur aussi  d'un idéalisme lucide doublé d’un pragmatisme pédagogique sans failles et indispensable à la création de liens puissants, car humains, qui subsistent à la complexité de(s) maladie(s) et de leurs soins thérapeutiques inévitables. Un projet respectueux de l’individualité de chaque patient et conscient aussi de l'ensemble des phénomènes à maîtriser aujourd'hui en matière de santé publique et de culture.

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8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 16:17

Culture-en-prison3.jpgDans nos prisons, l’état d’acculturation des détenus est plus mauvais que celui de la population générale. Cela s’explique d’une part parce que, avant leur entrée en détention, la plupart des prisonniers cumulent les facteurs de risque, (sanitaire et social) et d’autre part parce que bon nombre d’entre eux, par leur système même de vie avant leur incarcération, présentent des principes récurrents de rupture avec - entre autre - le système éducatif. Une situation qui rend isolément inapte bon nombre de  détenus à l’élaboration d'un projet individuel capable d’activer efficacement des liens sociaux à la fois de qualité et durables.

 

Ces facteurs de dislocation sociale si caractéristiques à la plupart de la population incarcérée ont, pour la plupart, un lien direct avec l'histoire judiciaire de chaque individu.

 

La détention provoque la réactivation et l’aggravation à la fois de ces caractéristiques.

 

Cela accroît, par la suite, les causes de récidive et avec cela, la succession des réincarcérations.  

 

S’intéresser par la culture à la personne détenue, ça équivaut d’établir une conception divergente  en matière de prévention de la récidive.

 

Pour cela, il faut être capable de dépasser les faits qui ont conduit la personne à son incarcération.

 

Lui permettre aussi de se préoccuper autrement et avec plus d’autonomie, de son devenir. 

 

Agréer aussi qu’il puisse restaurer, par la valorisation de l'image de soi, la reconquête de son corps et de son intelligence.

 

C’est également souscrire, d’une manière inédite, à la lutte efficace contre toute souffrance supplémentaire.

 

C’est pour cela qu’il est indispensable d’accroître et d’intensifier encore plus les prestations éducatives et culturelles en milieu carcéral.  

 

S’efforcer d’enrichir et mutualiser sans cesse les expériences qui, spécifiques à ce milieu, doivent savoir présenter des critères d’innovation qui permettent avant tout, l’appropriation et l’adhésion du détenu au projet.

 

L’action culturelle dans les prisons doit tenir compte et participer, dans sa globalité, au pouvoir « curatif », préventif, éducatif et, bien entendu, relationnel du prisonnier non seulement avec ses homologues détenus, mais également prévoir la conduite qui sera la sienne au moment de sa sortie de prison. Le préparer en somme à tisser efficacement une relation qualitative/novatrice avec la société extérieure du monde carcéral.

 

Le rôle du médiateur culturel dans les prisons est aussi de cerner, avec le détenu, les causes majeures de son mal-être d’individu et de lui permettre d’exprimer positivement les sources de ces ruptures par le biais d’une approche créatrice, innovante et personnelle. De lui permette la valorisation de sa personne et, de ce fait, l'aider à briser son propre et inéluctable « cycle vicieux », l’ayant mis en échec avec la société.

 

Cultiver, instruire, créer, partager, éduquer, participer et communiquer avec autrui,  tels doivent être les buts recherchés dans tout projet culturel et artistique proposé en prison.

 

Pour ce faire, l’action de l’animateur culturel en milieu carcéral doit s’inscrire fermement dans un travail inter professionnel et aussi dans une éthique capable de respecter sa neutralité.

 

Son activité est exercée dans un contexte où la sécurité est toujours présente. La vie en prison est soumise à des règles strictes fixées par l’institution pénitentiaire et non transgressables.

 

Ces règles sont en lien direct avec la sécurité maintenue tout au long des actions qui se déroulent intra-muros, ce qui implique la nécessité d’instaurer un authentique partenariat et une vraie complémentarité avec l’administration pénitentiaire.

 

Il est toujours souhaitable que ce partenariat  puisse se concrétiser par la présence et la participation d’agents des services pénitentiaires.

 

D’où la nécessité de former et de sensibiliser convenablement les  agents de l’administration pénitentiaire aux particularismes des projet : éducatif,s créatifs et  documentaires conçus et mis en oeuvre en prison.

 

Faire de la culture en milieu carcéral demande l’acquisition de réflexes et de précautions qui développent un certain recul sur ce qui est vécu à l’intérieur de cet environnement si particulier.

 

Cela demande indubitablement aussi une écoute et une approche adaptées au caractère social extrêmement « très fragile » de bon nombre de détenus.

 

Il faut respecter et savoir s’adapter sans cesse aux impératifs liés à la structure carcérale et aux espaces d’activité, souvent limités, disponibles.

 

Pas facile dans ces conditions de dénuement extrême de favoriser chez le détenu, l’émergence d’un climat créatif propre à stimuler son imaginaire et son inventivité dans des lieux où tout indique la privation de la liberté, la souffrance, l’enfermement et le repli sur soi …

 

L’arrivée dans cet univers entraine toujours une déstabilisation incontestable. Une inquiétude aussi.

 

Dès la porte franchie, on perçoit que la prise de contact avec autrui n’est jamais facile ni, encore plus, facilitée…

 

Savoir se « mouvoir » et pouvoir évoluer en huis clos, demande non seulement une expérience authentique, mais également une « intelligence » de l’humain hors pairs.

 

  • Comment donc dans ces conditions de travail inouï les médiateurs culturels peuvent-ils  trouver leur "juste" place ?
  • Comment savent-ils aller à la rencontre de leurs semblables et leur faire partager un projet, un message d’espoir ?
  • Comment construire avec le détenu des expériences qui puissent réellement concéder une alternative à cet univers d’enfermement qu’est la vie en prison ?
  • Quelles formations se créent aujourd’hui pour préparer à ce difficile travail qui requiert beaucoup de courage et de générosité, les animateurs culturels capables d'intervenir en milieu carcéral ?

 

Rares sont les apprentissages qui forment à ces métiers dans les prisons.

 

L’administration cherche toujours quelle sera la manière la plus efficace d’accueillir et intégrer dans la prison tout nouveau « auxiliaire » (ponctuel ou permanent) culturel…

 

Quels statuts aussi leurs conférer ?

 

La contractualisation ponctuelle avec des compagnies artistiques ?  Le conventionnement avec une collectivité locale afin de permettre, d’une manière la plus adaptée possible, le suivi bibliothéconomique d’un fonds de lecture à destination des prisonniers par des bibliothécaires territoriaux ? Avec quels moyens financiers ?

 

Il est cependant urgent d'étendre et de systématiser des formations spécialisées s’adressant spécifiquement aux professionnels de la culture comme aux agents de l’administration pénitentiaire car les besoins dans les prisons sont infins.

 

Concevoir et mettre en œuvre en milieu carcéral des projets audacieux en matière de médiation culturelle, c’est bien.  

 

Savoir estimer avec précision la complexité qui règne dans le fonctionnement de l’organisation carcérale, c’est mieux.

Cela aide à prévenir les échecs, les incompréhensions  voir : les découragements.

 

Car le principal écueil à surmonter pour soi-même est peut-être ce sentiment diffus de "solitude" que l'on éprouve face à l'insurmontable tâche qui attend celui ou celle qui se risque à cette expérience.
Il faut aussi comprendre et accepter qu’il ne sera jamais aisé de « naviguer » en prison sans courir le risque de perdre « son cap ».


Le triangle « équilatéral » qui se forme entre le médiateur culturel, la prison et le détenu est aujourd’hui entièrement à composer.

 

Comment donc dans ces conditions ne pas se sentir déstabilisés par la dureté de l'environnement carcéral ?

 

La culture en milieu pénitencier doit avant tout être capable d'engendrer des projets collectifs permettant d’ouvrir le détenu à d’horizons aptes à l'espoir et capables de réinsertion.

 

L’art et la culture véhiculent des valeurs primordiales pour notre société.  Parmi les plus essentielles subsistent : le respect de la vie, la considération de la personne humaine et la conservation de sa dignité.

 

Quel autre lieu que la prison paraît plus idoine pour sensibiliser et éduquer, ou rééduquer, à une éthique aussi nécessaire pour notre société ?

 

J’ai pu comprendre sur place à quel point la « chose culturelle » ne s’exprime pas exclusivement par la seule voie de la connaissance, de l’érudition ou encore par les cognitions techniques ou savantes que nous possédons d’une science.

 

Faire de l’art ou de la culture ça s’exprime plus naturellement encore par une capacité authentique « d’être » généreusement dans le monde avec autrui.

 

Par une prédisposition aussi  d’incarner  et de partager concrètement des valeurs éthiques communes qui façonnent, dans une persévérante progression verticale,  notre capacité « d’être » harmonieusement  et sincèrement avec autrui.

 

Cela peut se matérialiser simplement à travers des gestes, des mots et des regards véhiculant l’espérance, la compréhension et de respect de soi-même qui commencerait, d’abord, par la considération, plutôt que par la négation,  que nous avons de l’autre.

 

Un quelque chose  d’omis parfois  pour nous aussi et, qu’identiquement, nous nous devons sans cesse de réapprendre.

 

Produire dans les prisons une médiation culturelle efficace demande la capacité et le don de cerner la douleur et la détresse de l’autre et d’y apporter une réponse adaptée qui … apaise.

 

De transporter aussi des alternatives  et des choix distinctifs, voir uniques.

 

Nul doute, qu’en prison aujourd'hui cette démarche soit attendue non seulement comme une nécessité, mais également comme une urgente priorité.

 

Réussir principalement dans ce sens à cibler des « indicateurs » et des objectifs comparables, nous permettra efficacement aussi de former les « baromètres » indispensables autorisant, ensuite, une évaluation pertinente aux activités accomplies.

 

Car, in fine, dans les prisons, en matière d’action culturelle, qu’est-ce qui est vraiment attendu en termes d’évaluation ?       

    
De ma part je suis sincèrement persuadé que l’ouverture à l’art et à la culture dans les lieux de détention encourage efficacement le prévenu à rompre assurément avec la fatalité de sa propre exclusion et l'aidera à transformer sa propre inéluctable trajectoire d’individu justiciable.

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4 décembre 2009 5 04 /12 /décembre /2009 10:38

Culture-en-prison-1.jpgLorsqu’on pénètre ou l’on plonge dans le cadre hors du commun qu’est le milieu carcéral, on découvre, même si ce n’est que pour un bref instant,  une réalité dans laquelle, pour tenir, les normes de notre capacité d’adaptation doivent se conformer, avant tout, aux puissantes contraintes liées à la sécurité.

 

Une expérience qui change à jamais le regard que l’on va porter sur le monde familier qu’est le notre. Un monde accoutumé aux acquis fondamentaux du "vivre-libre" dans la société.

 

Cela agrée aussi un aperçu, doublé d'un apprentissage, de ce monde carcéral qui pulvérise notre conscience confrontée, ne serait-ce que sommairement, à la représentation  de la souffrance et à cet étendu sentiment d’exclusion  que vivent bon nombre de nos semblables écroués.

 

Façonner une démarche culturelle dans un environnement si peu favorable à l’éclosion de l’esthétique et de l’intelligence créatrice : a-t-il un sens ?

 

Plus que partout ailleurs, dans le milieu pénitencier  la « chose culturelle »  n’est jamais quelque chose d’anodin.

 

Pour avoir pu disposer exceptionnellement du privilège de voir « cheminer » une visée culturelle dans ce lourd contexte d’enfermement, j’ai pu me rendre compte à quel point, en ces lieux,  la médiation culturelle doit bénéficier d’une préparation et d’un  accompagnement en amont très rigoureux.

 

Exprimer la culture en prison, c’est parler aussi d’un ensemble de situations et de réalités avant tout humaines et qui s’évertuent à évoluer anonymement, aux rebords des droits, des acquis et des prérogatives dont nous bénéficions.

 

Mais plus qu’en parler, il faut aller voir sur place comment ça se passe  et surtout de quelle manière l’action culturelle est pensée, façonnée et mise en œuvre par des remarquables - et encore trop rares - professionnels  de l’art et de la culture qui initient  souvent avec des moyens dérisoires, un travail titanesque capable d'accomplir des projets débordants d’espoir et de dignité, là où la plupart des personnes détenues, paraissent avoir renoncé à toute capacité manifeste d’exprimer des besoins culturels ou artistiques.


Et pour cause ...

 

Il faut dire qu’en matière de médiation culturelle,  rares sont encore les expériences conduites en milieu carcéral.
Les deux ministères concernés : la Justice et la Culture ont œuvré,  jusqu'à présent : « à minima » pour inciter et pour généraliser l’accès à la culture dans les prisons de l’hexagone.


Cependant la situation semble aujourd'hui, timidement, se transformer.  

 

Les principes de l’action culturelle en milieu pénitentiaire ont été définis par un premier protocole d’accord signé le 26 janvier 1986 entre le Ministère de la Culture et de la Communication et le Ministère de la Justice.

Un effort d’initier une  politique commune visant essentiellement l’essor quatre objectifs principaux :

  • favoriser la réinsertion des détenus ;
  • encourager les prestations culturelles de qualité ;
  • valoriser le rôle des personnels pénitentiaires ;
  • sensibiliser et associer, chaque fois que possible, les instances locales à ces actions.

 

 Le 15 janvier 1990, un second protocole entre ces deux ministères vint à affirmer quatre principes de fonctionnement :

  • partenariat avec des structures culturelles locales ;
  • recours à des professionnels ;
  • mise en œuvre d’une programmation annuelle de qualité ;
  • évaluation des actions réalisées.

Le 30 mars 2009 un troisième protocole interministériel est venu prolonger les portées de ceux  de 1985 et de 1990.

 

Deux circulaires furent ensuite élaborées conjointement par les deux ministères précisant les objectifs et les modalités d’application pour le fonctionnement des bibliothèques et le développement des pratiques de lecture dans les établissement pénitentiaires (14 décembre 1992), et pour la mise en œuvre de programmes culturels destinés aux personnes placées sous main de justice (30 mars 1995).

 

Egalement, le Ministère de la Culture et de la Communication ont consolidé cette politique à travers la signature de la Charte des missions de service public pour le spectacle  (22 octobre 1998), la circulaire relative aux pratiques artistiques des amateurs (15 juin 1999) et la circulaire  " Culture pour la ville – Cultures de la ville "   du  19 juin 2000.

 

Enfin, plus proche de nous, une Convention pluriannuelle d’objectifs pour la période 2007/2009, a été signée entre le Ministère de la Culture et de la Communication et l’ENAP (Ecole Nationale d’Administration Pénitentiaire)

 

Aujourd’hui, en ce qu’il en est du cadre qui fixe les conditions relatives à l’action culturelle s’exerçant en milieu carcéral, on en est là …

 

C’est beaucoup et peu à la fois.

 

Lorsqu’on sait que la majorité des centres pénitentiaires présentent aujourd’hui une surpopulation  et des problèmes humains infinis, les pouvoirs publics essayent, tant bien que mal, d’enrayer une situation désastreuse par la construction de bâtiments plus grands et au confort plus avéré...

 

A coté de cette filiforme et trop lente volonté d’améliorer les conditions d’hébergement (et avec elles le confort et  l’hygiène du détenu), l’administration pénitentiaire a donc réfléchi, depuis une vingtaine d’années à peine, à la manière d’assurer, autre que la peine pénale, également la protection sociale, éducative et culturelle du détenu afin de mieux lui permettre sa réinsertion lors de sa sortie du système carcéral.

 

Reste que l'existence des détenus dans les prisons se consume encore aujourd'hui dans un environnement essentiellement scandé autour de la discipline, la surveillance et la sécurité.

 

La perte de liberté ne se limite pas au simple fait que le détenu ne peut uniquement aller et venir comme il l’entend.


Condamnant un individu à l’aliénation de sa liberté,  le système judiciaire lui prohibe  indirectement aussi de jouir, durant une certaine durée plus ou moins longue, de son identité sociale, de son intimité, de ses repères, d’espace et de la notion de temps.

 

D’une manière générale la prison qui concentre des populations à la fois marginalisées et précarisées, accroît aussi par ses propres « règles » de vie, des considérables conditions d’exclusion.

 

Or, hormis la cellule de rétention dans laquelle le détenu passe dans l’enfermement et la promiscuité, une large partie de son temps, ou encore la salle de réfectoire où il consomme ses repas sous la vigilance d'un stricte cadre règlementaire, où finalement dans ses ponctuels, brefs et strictement encadrés intervalles « à l’air libre », rares sont, dans l'univers carcéral, les espaces où le prisonnier peut bénéficier d’un cadre  favorable à l’épanouissement et à l’élévation sociale de son identié  notamment par l’éducation, l'art  et la culture.

 

Ces lieux de vie confinée  "entre quatre murs", obligatoires, récursifs, et incontournables, aquiescent de surcroît la multiplication, le brassage et la proximité de personnes socialement et éthiquement différentes.


Or, la grande majorité de ces populations vit dans la précarité et présente, du point de vue éducatif et culturel, des terribles carences ...

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1 décembre 2009 2 01 /12 /décembre /2009 12:09

mesurer.-valuer.jpgPour peu que l’on se donne la peine d’initier des voyages et des échanges en terres allogènes, on est invariablement surpris par la bonne auréole dont l’hexagone jouit auprès de nos interlocuteurs extérieurs.

 

Partout, ou presque,  le modéle de notre société est considéré comme l’un des meilleurs au monde.

 

A proximité de l’enthousiasme plus avéré que suscitent les référentiels de notre système de santé, de l’éducation, de la solidarité sociale, etc., l'empreinte culturelle n’est pas en reste.

 

On peut être d’accord ou pas avec ces "affirmations" venues d’ailleurs, mais force est de constater que notre système « culturel » est souvent associé, à l'étranger, au substantif : qualité...

 

Un caractère qui s’exprime toutefois plus par notre capacité à préserver et/ou à  mettre en valeur l’héritage patrimonial du passé, que par la synergie créative et par l’aptitude avérée d’innover dans les disciplines artistiques contemporaines.

 

Si en ce qui concerne le « passé », ou le poids de l'histoire,  en France : "tout-est-bon", pour ce qu'il en est des voies de la recherche artistique actuelle, on nous conseille de laisser faire à d’autres capitales internationales qui, semble-t-il, occupent une visibilité autrement plus décisive, ou plus concurrentielle, que la France.


Etrange paradoxe ...

 

Pourtant dans notre pays, bien plus qu’ailleurs, les pouvoirs publics se sont préoccupés de favoriser, en un demi-siècle, l’accès pour tous à la culture, de promouvoir également une création artistique de pointe comme d’apporter aussi la généralisation de l’enseignement artistique à l’ensemble des usagers grands ou petits et quasiment partout dans le territoire.

 

Néanmoins, indépendamment de  la profusion des moyens mis-en-oeuvre : logistiques, humains et financiers et dont notre pays, a su si prodigieusement investir durant ces dernières cinquante années, aucune authentique « démarche qualité » n’est apparue en tant qu’exigence managériale  dans la gestion tâtonnante de nos établissements culturels publics. 


C'est peut-être cette impression d'absence de rigueur qui serait la notre et  qui peut donner, à l'observateur étranger, une impression d'un certain "dilettantisme" dans l'art et la manière de gérer, à la française, la "chose" culturelle/artistique.

 

Pas surprenant de constater ainsi, hors hexagone,  à quel point cet "exploit" en matière de gestion,  ait solidement favorisé l’ancrage, à tort ou à raison, d’une perception diffuse de prestations incontestablement abondantes, certes, mais dénuées de toute gérance efficiente car trop éloignées de toute démarche qualité - un peu partout - en vigueur ailleurs.

 

En somme, sur l’un des socles fondamentaux , l’art et la culture, qui contribuerait si fortement au lien solide de notre identité - et fierté - citoyenne, les observateurs étrangers semblent nous reprocher de ne pas avoir su mettre en place, identiquement qu'à l'effort réalisé de préservation muséologique des oeuvres concédés par notre héritage patrimonial, un plan ambitieux permettant parallèlement de former, d’instruire et de sensibiliser à la "culture" de gestion  nos administrateurs culturels du secteur public. 

 

De l’émergence de cette critique diffuse, il faut y voir deux leviers importants : le premier est législatif et repose sur la somme des diverses lois, ordonnances et décrets qui ont vu chaotiquement le jour ces vingt dernières années et fréquemment se substituant les uns aux autres, parfois même entrainant des effets contraires,  au lieu de prolonger, dans la cohérence d’un continuum ascendant, un cadre législatif capable d’amplifier et de favoriser l’impact et la diffusion de l’offre culturelle auprès non seulement du public amateur mais également auprès de nos créateurs et de nos artistes. Un cadre capable non seulement de se renouveler, mais également d'être évalué dans ses résultats.

 

Le second levier, plus déterminant encore, est humain.

 

Il représente l’absence endémique, profonde et durable de notre système éducatif à former les cadres et les dirigeants de la filière culturelle, capables d’accompagner, en qualité de managers aguerris,  les équipes dans ces changements  - ou réformes - ambitionnés par nos législateurs.

 

On peut se demander aujourd’hui qu'elle est la place de l’encadrement (et du cadre) des filières artistiques et culturelles dans l’amélioration de la qualité de la gestion en matière de prestations culturelles.

 

Et demain ?

 

En ces temps de forte incertitude et de grande instabilité quant au devenir de la filière culturelle face aux réformes territoriales qui vont bientôt apparaître, il est tout à fait d’actualité de bien sonder les perspectives et les contingences de ce qui nous attend.

 

Sans revenir en détail sur ces textes en projet, comme sur les conséquences de cette nouvelle réforme territoriale imminente, il n’est pas inimaginable de conjecturer que le passage de l’actuelle juxtaposition de services distincts structurés en filières, puisse se réaliser dans une organisation élargie dans des  « pôles » dédiés à la population, où le scolaire, le sport, l’animation, le social, les loisirs, l’enfance et le culturel, entre autre,  pourraient s'enchevêtrer et contribuer à l’arasement non seulement des actuelles filières, mais également de chaque métier distinct, avec comme effet de participer à la mobilité des cadres territoriaux et à l’accroissement de leurs responsabilités ...

 

N’apercevons-nous pas déjà, dans bon nombre de nos communes, certains de nos DGA, voir résolument aussi certains DAC  (mais au juste, s’agit-il encore de DAC ?), avec des  fonctions diluées, ou « multicartes » associant pêle-mêle, la culture, le sport, l’éducation, le social, l’animation associative, les loisirs,  quand ce n’est pas aussi la charge de la communication de toute une collectivité ?

 

Savons-nous seulement, "bien faire" tout cela à la fois ?

 

Possédons-nous vraiment toutes les "ficelles" pour guider efficacement les projets dont nous avons la charge ? Tant pour ces cadres A (attachés, bibliothécaire),  ou les A + (administrateurs, conservateurs), garants de la gestion de plusieurs professionnels et de plusieurs lieux à la fois, que pour les cadres de catégorie B (rédacteur, AC, AQC), chargés de missions transversales à l’échelle de chaque filière (ou pôle), ou encore plus classiquement  en charge de structures, ou services distincts accueillant le public, l’encadrement managerial, proprement dit, ne disparaîtra pas pour autant. Au contraire.


Mais sommes-nous toutefois préparés et convenablement formés pour relever et réussir l'ensemble des  défis liés à ces changements ? 


Rien ne semble aujourd'hui plus incertain.


Notre rôle qui trouve sa légitimité dans notre mission de service public,  est voué à se  complexifier davantage, avec le risque, de brouiller les messages, les compétences, les cibles, les valeurs.


Une menace qui risque de peser également sur notre capacité de discerner avec précision  et authénticité les  périmètres de notre démarche éthique capable d'être en adéquation avec les desseins des élus et les attentes des usagers. 

 

Demain, proposer la matérialité d'une offre culturelle et artistique en adhésion avec une démarche qualité prédéfinie, signifiera, pour les agents territoriaux que nous sommes,  d’exercer nos missions par la formulation claire d’un projet managérial transversal et par l’accompagnement des équipes dans la transformation radicale de l’organisation territoriale telle que nous la connaissons aujourd’hui et où le critère qualitatif de satisfaction des usagers sera toujours admis, encore plus je l’espère,  comme une priorité.

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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 10:13

diversite.jpgPour cerner la France d’aujourd’hui, il me semble nécessaire de revenir sur les transformations radicales qu’elle a  admis depuis environs 50 ans.

L’impact de la révolution individualiste de la fin des années ’70, les effets du triomphe de la vague libérale avec la fin du communisme et, ensuite, le choc de la mondialisation et des nouvelles technologies.

Mais pour comprendre et, peut-être, résoudre les problématiques sociétales d’aujourd’hui, il n’est pas de grande utilité de faire juste ce « retour sur image » sur les causes qui ont poussé le monde dans lequel nous vivons dans cette fuite en avant - détachée et insensible - de  notre individualisme exacerbé.

Face aux enjeux économiques, environnementaux, culturels et éthiques, qui nous interpellent aujourd’hui,  ces modèles obsolètes, égoïstes et dépassés, sont traversés de contradictions et d’antagonismes complexes.

Comment donc proposer la construction de notre avenir autour d’une nouvelle identité commune et de valeurs partagés ?

Comment vivre ensemble sans avoir résolu le brûlant problème des discriminations et de l’intégration, dont le refoulement engendre un sentiment de décomposition de l’identité nationale ?

Comment poursuivie des reformes indispensables sans les moyens nécessaires pour les mettre en œuvre ? ...
La culture et  l’éducation décentralisées ?
Certes, mais avec quels procédés?  Quelles méthodes? Quels financements ?
Quelle égalité aussi ?

Je crois ainsi que notre pays n’aura  d’avenir que lorsque tous les citoyens, malgré la diversité,  n’auront enfin,  vraiment et authentiquement,  les mêmes droits dans tout le territoire.

En mars 2010 les « Régionales » nous appellerons nouvellement à exprimer notre vision de l’aménagement du territoire.

D’où l’importance de mobiliser, dès maintenant, toute la société : élus et administrés,  autour de cet enjeu capital.

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2 août 2009 7 02 /08 /août /2009 19:28

theatre-jeune-1.jpgL’émergence de la création du spectacle vivant pour le jeune public est relativement récente dans le paysage artistique en France.

Cette survenue est encore plus inédite dans les paysages européens.

Le développement d’une création de qualité, la prise en compte croissante de cette dimension "jeune public" dans le projet des lieux de diffusion et les contraintes économiques de production, font aujourd’hui du spectacle vivant jeune public un terrain d’expérimentation et de recherche particulièrement actif.

La dimension internationale des projets est appelée à se développer au sein des réseaux plus ou moins structurés au niveau notamment de la coopération internationale.

L’enjeu culturel et social est donc de taille dans une Europe aujourd’hui en quête de sens en matière culturelle.

Tout reste donc à faire dans ce domaine.

L'effort est à porter sur la création de l’émergence des réseaux de coopération internationale dans le secteur du spectacle vivant à destination du jeune public.
Il importe aujourd'hui de mieux comprendre autour de quels objectifs ces réseaux pourraient se constituer, quels peuvent être les acteurs, les moyens et, surtout, comment peuvent se tisser les coopérations au sein d’un réseau international qui resteà créer de toute pièce.
L’analyse des politiques culturelles publiques françaises et européennes autorise aujourd’hui une meilleure compréhension du contexte dans lequel se nouent et se jouent, dans la complexité, la coopération culturelle dans le domaine du spectacle vivant jeune public.

Mais pourquoi les opérateurs culturels du secteur du spectacle vivant jeune public en France tardent tant à nouer efficacement des coopérations au sein de l’espace européen ?

Un problème de langue(s) ou juste un simple clivage « culturel » des programmateurs et des producteurs du spectacle jeune public ?

Quels sont aussi les enjeux politiques, économiques et culturels de cette coopération culturelle qui, sur ce format jeune public peinent à prendre leur décollage.

Quel dialogue interculturel pour réussir une promotion des identités nationales en Europe ?

Quelle médiation culturelle ?

Penser aujourd’hui des relations culturelles tissées autour le spectacle vivant pour le jeune public ça équivaut à penser les relations sociales qui se nouent dans le monde.
C’est aussi s’interroger sur les conditions d’émergence qui nécessitent de toute urgence un questionnement de l’action collective en direction de l’art au service de nos plus jeunes générations d'aujourd'hui et qui seront nos spectateurs adultes de demain.

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4 juillet 2009 6 04 /07 /juillet /2009 17:56

Culture-et-vertiges.jpgLa vision mondialiste, l’économie globale et  l’économie touristique, tous ces secteurs qui constituent, entre autre, le « marché de la culture », s’appuient aujourd’hui sur les moyens de production et de diffusion sans cesse améliorés sur le plan de la performance et de la technologie, pour assurer leur développement … économique.

A l’heure de la généralisation d’Internet (Web 2.0), de la conquête de l’espace, des hautes technologies, des transports, le paysage culturel est en constante mutation. Le concept de culture de masse a d’ores et déjà supplanté la notion de culture populaire et déjà acquis une dimension spatiale élargie au-delà des frontières nationales ou géopolitiques, soumises encore cependant à certains critères règlementaires et économiques.

Mais pour combien de temps encore ?
Le jeu concurrentiel, sur le plan économique, politique, culturel, artistique, personnel et industriel est un terrain privilégié pour le développement de la culture de masse.

Ce concept, ou plutôt ce phénomène qui s’articule aujourd’hui sous nos yeux, est d’une nouveauté inouïe.

Il semble donner une sensation de vertige lorsqu’on s’y penche. Une mise en abîme où le sol paraît se dérober sous nous pieds.

Il s’agit d’une sorte de mouvement social qui pourrait mieux nous aider, nous responsables de la culture publique que nous sommes,  à faire converger les publics vers des connaissances artistiques, culturelles inédites.  

Vers un système d’éducation, un mode de vie sociale et de pensée, d'un style de comportement  traduit par un acte de consommation qui se transformerait en médiation.

Des nouveaux codes de reconnaissance sociale aussi.

Une culture de globalisation qui n’intégrerait pas les critères de classement habituel des types de cultures par ailleurs existantes (politique, traditionnelle, des élites, …).
C’est en cela qu’elle est démocratique.

Dans le sens où elle concerne l’ensemble de la société, qu’elle est accessible globalement, au-delà des classes sociales.

La culture de masse peut aujourd’hui se définir par la production et les rendements qu’elle génère.

Pour atteindre ces objectifs, elle se diffuse et elle est promue par les supports média.

Cette culture globale n’existe cependant que par cet axe de possible diffusion médiatique.

Elle se fraye un chemin sinueux dans les  méandres de notre quête de plaisir et vit par le désir de la société, ce qui lui permet de se conceptualiser sur le plan commercial.

La culture de masse a aujourd’hui ses héros ou ses porte-parole, ses mythes, ses créateurs, derrière lesquels se reconnaissent un grand nombre de ses usagers qui revendiquent leur nouvelle identité de consommateurs.

Cette culture globale recouvre plusieurs courants culturels et d’expressions, auxquels chacun peut adhérer librement ou non et se manifeste sous diverses formes : artistiques, intellectuelles, vestimentaires, technologiques … lesquelles vont donner lieu à des rituels collectifs.

Animer des politiques culturelles dans nos banlieues ou dans les grandes agglomérations en direction notamment de nos plus jeunes générations de concitoyens, doit nous autoriser à alerter nos décideurs politiques de cette mutation qui s’opère aujourd’hui sous nos yeux.

La culture doit être intimement liée aux désirs et aux plaisirs du vivre ensemble.

Deux notions qui me paraissent incontournables pour sa propagation.

Mai 68 nous avait  enseigné que : « tout était politique ».

La crise planétaire que nous sommes en train de traverser en ce moment, et qui a fait disparaître dans le langage de la plupart de nos dirigeant tout raisonnement social,  nous aura appris que désormais : « tout est culture ».

C’est déjà ça.

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2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 12:39

Equilibre-copie-1.jpgLe renforcement des compétences managériales indispensables pour une saine gestion d’un service culturel paraît, de toute évidence aujourd’hui, une priorité.

Néanmoins, cela pose souvent un problème à la fois culturel, managérial  et politique.

Certes le manager doit être au service du professionnel de la création artistique notamment pour renforcer son action et  pour l’étayer par une pratique de cohérente gestion des équipements.

Comment concilier cependant qualitativement un impératif artistique avec la nécessité d’une bonne gestion administrative des biens publics ?

Comment permettre aussi l’impulsion d’un dialogue harmonieux entre l’artiste et le directeur culturel sans que, l’artiste puisse considérer la contrainte administrative trop lourde à son goût et ressentir sa collaboration avec la commune comme une contrainte ?

Certes, il est clair : sans une bonne connaissance du « milieu artistique », l’autorité du Dac ne peut-être acceptée par l’artiste.

Pourtant les modes des relations entre les artistes et les managers, constituent des éléments de réponse à cette question délicate.

 

La relation ambigüe entre  l’artiste et le  Dac  dans l’administration d’un espace culturel

 

La collaboration  efficace de la dualité : artiste/Dac, apparaît dans ce contexte difficile comme une nécessité incontournable et obligatoire au succès d’une offre culturelle.

Des nombreux élus semblent friands d’attirer dans leur territoire, pour des durées plus ou moins longues,  une  "vedette"  issue de la création artistique.

Un postulat qui présuppose que la création  artistique de cette personnalité de renom, puisse apporter de la notoriété et du prestige à l’offre culturelle locale.

Une renommée et une attraction pouvant valoriser l’image de la ville à l’échelle locale ou nationale. Voir plus.

Cela abouti à un saugrenu  bicéphalisme qui consiste, dans la plupart des cas,  à doubler le directeur des affaires culturelles en titre,  d’un artiste chargé de la coordination et de la production  artistique d’un espace ...

Du succès ou de l’échec de ce bicéphalisme organisationnel, dépend alors la bonne santé et la vitalité de l’offre culturelle locale.

Rares sont cependant les « mayonnaises » qui prennent.

Dans des dialectiques et dans des raisonnement (postures) souvent antinomiques, c’est  le contraire plutôt qui serait de nature à surprendre.

On connaît fort bien aujourd’hui les difficultés dont se heurtent ces dyarchies dans leur fonctionnement et dans leur action.

Des clivages entérinés par le fait que des logiques différentes peuvent s’imposer à chaque  "corpus" de ce couple  improbable.
Surgissent alors des tensions entre la création et la diffusion.  
Une réalité consécutive  aux tensions mûries par les oppositions engendrées entre le temps continu de la programmation d’un lieu et le temps discontinu de la production de l’œuvre.

Des tensions issues également entre la forte nécessité d’autonomie de la création et le tropisme exogène du rapport au public.
Entre la visibilité médiatique de l’artiste, source de légitimité dans une société de communication et la discrétion du travail local du directeur des affaires culturelles….

Pendant l’âge d’or de l’Etat-Providence et de la démocratisation culturelle où les ressources étaient stables et les missions claires, les problèmes de direction n’étaient pas considérés alors comme particulièrement aigus.

Le triptyque : un homme, un lieu et un budget, a longtemps servi de référence à la politique culturelle et à la prise de décision - politique et administrative - à l’échelon d’un territoire donné.

Le Dac jouait le plus souvent un rôle d’intendant au service des décisions artistiques de la "vedette".

Un âge d’or qui parait aujourd’hui bien révolu.

De nos jours,  où les financements publics se font rares, où les missions sont diluées et où l’on reconnaît l’importance économique des services culturels, le modèle d’antan semble bien battre de l’aile.

Car, c’est clair !  La plupart des  artistes propulsés  par les élus à la tête d’un espace culturel n’ont, encore de nos jours,  généralement ni la formation, ni même le goût pour exercer des responsabilités globales et efficientes de management.

D’autres modèles doivent être aujourd’hui rendus possibles.

Etant donné l’importance déterminante des personnalités individuelles dans le fonctionnement des organisations, il conviendra d’abandonner le déploiement  de recettes, ou de modes opératoires, générales.
Toute  fine réflexion  visant à bien cerner les enjeux relatifs à l'exacte et spécifique situation locale doit l’emporter sur les désirs immédiats de notoriété et d’audace, donc de risque pouvant mettre en péril  la mise en oeuvre d'une offre culturelle axée, sans autre souci de diversification, sur la seule création artistique.

La mise en œuvre d’un  dynamisme artistique ambitieux au sein de la collectivité, surtout si elle est de petite/moyenne taille,  n’est pas exempt de risques.

Nombreux sont les échecs qui jonchent les déconvenues des villes s’étant retrouvées, à la sortie de choix calamiteux, confrontées à des déficits abyssaux, à la contrariété des publics ne se retrouvant pas dans le décalage existant entre les contenus artistiques proposés et les leurs attentes.
Sans parler de la  frustration parfois ressentie du personnel administratif, s’apercevant  d'un certain écartement  de toute décision stratégique.

Quelles peuvent donc être les pistes de réflexion susceptibles, si pilotées convenablement,  d’atténuer les risques d’échecs dans la mise en œuvre d’une offre culturelle symptomatique à  la création artistique et culturelle d'une ville ?

La cohabitation : la séparation entre les responsabilités de la production et de la diffusion, conformément aux logiques de fonctionnement d’une commune, peut se traduire par une  efficacité accrue ainsi qu'une  meilleure utilisation des compétences qui seraient fondées sur une claire péréquation des tâches entre l’artiste et le Dac.

En somme un postulat professant l’adage suivant : que les créateurs créent et que les directeurs managent.

Dans cette répartition transparente et distincte des fonctions,  la proximité entre l'artiste et l'administrateur peut ainsi continuer à produire des synergies liées à un plus ample essor et à une plus large extension de l’offre culturelle locale grâce, par exemple, au concept "d’artiste implanté".
Celui-ci  exercerait son activité de façon autonome dans un lieu dont il n’a pas cependant la responsabilité globale.

Ce modèle a  bien été développé notamment dans le secteur de la danse (et, sur un tout autre et moindre registre, dans le domaine de la littérature, avec des résidences ponctuelles d’écrivains).

Un concept qui peut, à bien des égards, apparaître comme porteur de modernité, car il favoriserait l’enracinement à la fois d’une situation propice à l’essor de la création, à l’augmentation des fréquentations du public dans un espace culturel de diffusion artistique, à un bon taux d’autofinancement, à « l’internationalisation » de la création et aussi à un bon maillage local avec l’enseignement des disciplines artistiques.

L’hybridation : une solution mise en œuvre dans certains pays voisins. Un dispositif qui consiste à chapeauter le directeur artistique et le directeur administratif par un « manager général » ayant la responsabilité globale de l’espace culturel…

La difficulté de cette solution est qu’elle nécessite, évidemment, des personnalités exceptionnelles ayant une double compétence et une double légitimité : artistique et managériale.

Ce qui est rarissime dans ce domaine.

Ce choix constitue cependant une piste d’interaction intéressante, quoique complexe à mettre en œuvre.

Une solution permettant le franchissement avec succès de tout clivage rattaché à une vision stéréotypée  de la gestion de la « chose publique ».

Une obligation aussi, pour l’ensemble des acteurs culturels,  de se représenter toute création artistique s’inscrivant qualitativement dans une logique globale de gestion impactant durablement l’ensemble du territoire.

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