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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 17:54

Marsay_cover.jpgIsabelle Marsay n’est pas une auteure qui sait. C’est une femme qui cherche. Une mère, une femme, qui interroge les imposantes « figures » de la littérature enlisées dans les accointances de la thématique de la parentalité.

Dans son roman (mais en est-il un, vraiment ?), Isabelle Marsay nous propose une approche buissonnante et buissonnière de ce promoteur des Lumières que fut Jean-Jacques Rousseau. Il s’était pourtant démontré si peu lumineux en matière d’obligations parentales.

La romancière nous propose de sillonner ce roman construit avec  l’alternance d’extraits de l’œuvre du philosophe, avec son style narratif haut en couleurs, si distinctif. Un objet littéraire où s’articulent sa volonté puissante de transmettre et sa détermination d’informer et de distraire à la fois.

Isabelle Marsay préempte ce roman avec un  goût formulé pour l’anecdote et pour la représentation, sécrétant des portraits et des paysages qui interpellent et qui démembrent notre conscience.

L’histoire de l’humanité est intimement liée, dans notre société, au rôle de la parentalité et à l’image du père. Cette histoire sociétale s’est perpétuée et façonnée en subissant, depuis des siècles, les nombreux soubresauts de nos traditions éducatives. Aujourd’hui, tout comme hier, nous mesurons à quel point exister en tant que père ne va pas toujours de soi.

Voilà pourquoi « Le Fils de Jean-Jacques : ou la faute à Rousseau » se rapproche si bien de la réalité historique et sociale du XVIIIe siècle et, rétrospectivement,  il nous éclaire aussi  sur la représentation du père aujourd’hui : sa fonction, ses obligations, ses responsabilités …

L’œuvre d’Isabelle Marsay comporte aussi des successions et des temps considérablement divers.

Le récit littéraire tout d’abord. Un ouvrage qui dépeint le destin d’un jeune enfant, abandonné par son père et confié à l’assistance publique, au milieu du XVIIIe. De la fortune ou du hasard qui ont occasionné sa survie dans une société française en pleine mutation.

A partir de cette intention de départ,  Isabelle Marsay  va dépeindre  avec un réalisme à la fois poignant, singulier et très documenté,  le décor de toute  une époque. 

Baignant dans une « lumière naturelle »,  ses scènes nous apparaissent d’une véridicité incontestablement cinématographique. Des images confèrent à ce roman une esthétique inévitablement sombre et inédite. Une iconographie en portraits profonds, si ressemblants aux colorations des « peintures » de genre de l’époque.

Nous côtoyons les pastorales forestières que compose Boucher ; nous fréquentons ensuite les logis modestes de Chardin, sans oublier - bien sûr - de contempler les « drames domestiques » d’un Greuze …

Une inspiration esthétique qui nous provient directement des peintures de Watteau et de Gainsborough…

Le lecteur se trouve ainsi implanté dans l’halètement et dans l’intimité de ces portraits très achevés qu’Isabelle Marsay a créé selon sa représentation, si adroitement renseignée, d’un XVIIIe foisonnant et cruel. Un monde féodal où la monarchie vit ses dernières heures, ébranlée par une société en tumulte et agitée par des contestations sociales aux exhalaisons révolutionnaires.  

Car pour la romancière la littérature doit avoir l’air réaliste, puisque son intention est de nous faire croire à l’histoire qu’elle narre.

La représentation et son esthétisme ensuite. Nous ressentons, tout au long de ce  «Le Fils de Jean-Jacques », à quel point l’œuvre confère de la puissance aux paysages, aux villes et aux campagnes Picardes : Ailly-sur-Noye, Conty, Amiens ...

Isabelle Marsay nous émeut et nous enflamme, par la grâce et l’élégance de son écriture, aux apparences de peinture écrite, voire filmée.

Le récit hante des horizons d’écritures dont les lieux, internes ou externes,  nous apparaissent comme illuminés à la bougie, tremblants et hésitants dans ces éclats ambrés et diaphanes à la fois. Fragile aussi, similaire au sort qui semble accabler et contusionner l’existence même du jeune protagoniste du roman : Baptiste. Il y a du Barry Lindon dans « Le Fils de Jean-Jacques ».

Une esthétique mélodieuse et inspirée par les complaintes lyriques des virtuoses tels que Couperin ou Rameau. Partout la littérature ici, fait corps avec les arts.

Puis l’histoire de la société. La vie misérable des enfants des orphelinats de l’époque, leurs conditions indigentes de survie nous confondent et nous émeuvent tant l’infortune de ces gosses était étendue. Car dans cette France du XVIIIe siècle, semblablement à la vie même de Jean-Jacques Rousseau, l’existence des plus misérables semble faite d’improbabilités, de quête d’indépendance, de fêlures diffuses et même … d’instabilités.

De l’abandon de ses cinq fils à l’hospice des Enfants Trouvés de Paris, Isabelle Marsay nous relate avec une grande tempérance et sans jugement aucun, les pusillanimités du philosophe. Postures qui ont alors encouragé les indignations  et les exaspérations de ses contemporains : Diderot et Voltaire, en tête. Ils proférèrent à l’encontre de l’immense auteur du « Contrat Social » ou de « l’Emile ou de l’Education », des vives critiques qui le contraignirent  à écrire ses autobiographies pour se disculper ou pour démentir ses veuleries.  

Que penser alors de cette représentation Rousseauiste de la bonne « nature », susceptible de contribuer au bien-être des individus ?

Les idées particulières de Rousseau et la manière dont il entend les mettre en pratique, grâce à son plan général et les détails qu'il nous en livre dans l'Emile, ont été sujets à critique, et le sont toujours.  

Et pour cause. Rousseau n'a pas écrit son Emile afin de voir germer l’idée de l’école pour tous. Il ne songe pas aux écoles. Il ne s'adresse pas au peuple.

Car Emile est un enfant riche, noble, orphelin, confié à un gouverneur qui s'attache à lui depuis sa naissance, jusqu'à son mariage. Il le tient retiré à la campagne, sans livres, sans enseignement, sans maîtres, ni camarades. C’est une condition inexécutable, artificielle, qui ne correspond à rien de connu et qui, surtout, n’a rien d’attrayant pour un enfant.

Une sorte de Robinson Crusoé de l'éducation qui doit se former en dehors des conditions coutumières. Qui doit reconquérir ou plutôt engendrer par lui-même, tout ce qu'a produit - par accumulation - la tradition des siècles durant : les sciences, la morale, la religion…

Comment rester indifférents ou ne pas s’indigner lorsque nous approchons les recommandations de Rousseau, dans ses réflexions troublantes et modérément innovantes, corrélatives à une éducation s’adossant sur la conservation des aptitudes spontanées - ou naturelles - de l’enfant.

Rousseau est-il seulement conscient qu’exclure ainsi tout jeune de la société équivaut, semblablement à l’abandon dans les orphelinats d’alors,  à le vouer aux gémonies d’une consomption  certaine ?

Les grands fondements de la philosophie rousseauiste s’arrêtent là où l’homme se révèle faillible. Voire infect.

Isabelle Marsay nous livre ici, un texte qui nous apostrophe,  qui nous cabosse l’âme et nous déforme la conscience.  

Le Contrat Social - et l’idée du monde qui mènerait au triomphe le concept de la liberté et de l’égalité entre les êtres - nous dépeint, en filigrane, un philosophe narcissique et assoiffé de reconnaissance, s’engageant  dans les dénégations, dans l’injustice et l’inégalité.

Et si Rousseau, sous ses airs de théoricien de la citoyenneté « naturelle », n’était finalement qu’un hâbleur, un escroc et un frimeur ?

Et si  l’humanisation pythagoricienne contre laquelle Rousseau  s’insurge - car méfiant  des arts, de la musique, des sciences et de la philosophie - n’était qu’une vaste filouterie à l’image de son âme dysharmonique, indolente, lâche, pusillanime et veule ?

Le roman d’Isabelle Marsay nous donne finalement le goût de plonger dans nos classiques, afin de remettre les « rêveries » à leur juste place.

Elle nous invite à lire ou à relire l’œuvre de Hobbes, Locke, Voltaire, Diderot, d’Alembert, Rameau autant que Kant …

A bon entendeur …

Ici la romancière a réussi l’immense pari d’avoir imperceptiblement « corrigé » l’image majestueuse de  Rousseau en cette année toute vouée aux hagiographies enthousiastes amarrées  au 300e anniversaire de la naissance du philosophe.

Un roman donc que je ne saurai que ardemment conseiller à tout enseignant approchant, en classe,  le paradoxe Rousseau ; ainsi qu’à tout travailleur social.

Une œuvre qu’il faudrait impérieusement, aussi, mettre entre les mains de tout aspirant à la paternité afin de lui rappeler les devoirs, les obligations,  les tâches, les prescriptions, les principes, les lois et autres charges qui doivent l’accompagner dans ce périple, afin que cela ne se transforme en un naufrage.  

Faute de quoi, aujourd’hui comme hier, les signalements à la DDASS s’avèreront nécessaires.

Et vous pouvez bien compter sur moi pour « balancer » tout géniteur infâme.

N’est ce pas Jean-Jacques ?

 

Isabelle Marsay : « Le Fils de Jean-Jacques : ou la faute à Rousseau »

Ginkgo Editeur  -  15 €

ISBN : 978-2-84679-202-8

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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 13:49

livre-lacoche-couv-jpgIl y dans ce dernier roman de Philippe Lacoche une écriture qui opère sur la page comme une sorte de palimpseste. Une œuvre dure, désenchantée, grattée, qui ébranle les certitudes comme un repentir persévérant. C'est une œuvre mélancolique aussi, qui allie une fascination débordante pour le milieu « alternatif » et libertaire tel qu’il pouvait exister alors, dans les très lointaines années 70, chez nous.

Le récit évolue à l’intérieur d’une ère tournée vers la contestation générationnelle d’alors et la tentation pour un penchant indicible de la « spiritualité » chamanique et envoutante de l’époque où les personnages de Lacoche se heurtent et meurent inéluctablement.

L’oeuvre de Burroughs, Ginsberg et Kerouac, entre autres hantent ce roman qui a, pour toile de fond, non pas les lancinantes étendues de la province américaine, mais les départements Picards. La musique aussi.

Dans cette blafarde et provinciale Picardie des années 70, cheminent ensemble un improbable assortiment d’amis, d’aspirants artistes, arnaqueurs et toxicomanes en tout genre où les femmes prennent une place d’importance.

Il y a Katia bien sûr mais, surtout, il y a Clara, libertine et romantique à la fois qui incarne le style de vie désenchanté et égaré si symptomatique de l’époque.

Un mix de charme naturel, de simplicité enfantine et d’élégante sophistication féminine.

Ces deux femmes ne reviendront pas de ce voyage aux confins des abîmes.

Antoine, le personnage de Lacoche, non plus.

Tiens, Antoine justement, un héros remuant et stupéfiant de spontanéité, de liberté. De tristesse aussi.

Un Antoine qui nous fait penser à Antoine Doinel dans « Baisers volés » (1968 justement !) et qui vit le temps dans un cycle qui n’est pas linéaire.

Les personnages de Lacoche vivent comme dans un double principe fait d’accélération et d’étirement. Il y a dans les affres de leur existence des moments forts, attendus que Lacoche traite par ellipses en tenant son écriture hors-champ de l’histoire qu’il nous raconte.

La fin du récit sonne comme un glas. Un aboutissement qui résonne dans notre esprit comme une réconciliation marquée par les notes ineffables de la musique partout présente.

L’écriture de l’auteur semble être placée ainsi entre deux portes, celle du passé et celle de l’instant présent, entre le souvenir et l’oubli, entre la vie et la disparition.

Antoine, le personnage de Lacoche, semble vouloir nous accompagner jusqu’au bout de cet affaissement de l’existence, jusqu’au au seuil de ce languissant récit, de cette vie si adjacente à la nôtre et si abondante en tribulations ténues comme en tristesses ludiques. Une existence représentée comme une embrasure, qu’à jamais, Antoine renfermera inéluctablement à l’espérance et au bonheur.

Le style narratif que Philippe Lacoche utilise fréquemment dans ses écrits se retrouve magnifié dans « Des rires qui s’éteignent ». Son seing acquiesce les inhabituelles péripéties littéraires usitées pour produire une émotion à partir de la simple réalité.

Un aboutissement magnétique et fascinant à la fois.

Les grands auteurs sont ceux qui imposent aux lecteurs, leurs illusions particulières. Leurs fourvoiements aussi.

Nous retrouvons du Maupassant chez cet auteur Picard, une sobriété des faits et gestes plutôt que l’éclairage psychologique. Une psychologie qui se cache dans cette histoire comme les destinées émaillent les existences, semblables à des métempsycoses.

Pour vivre mélancolique, vivons dissimulés, semble nous dire Lacoche.

Sous le registre dominant de la maladie qui tout emporte et qui tout annihile jusqu’à la mémoire, dans « Des rires qui s’éteignent » le registre dramatique l’emporte souvent.

Emouvant et vénéneux, le roman décline à foison la déraisonnable présence de la menace ou de la disparition.

Un regard pessimiste et angoissé sur les hommes et sur la vie. Ici, c’est encore une vision noire et désenchantée que l’auteur nous livre des rapports sociaux et personnels à l'égard de la folie qui n’est jamais loin.

Une folie qui, semblablement à la mort, rode au cœur de ce récit : noir et vert à la fois…

La vision personnelle du monde qui se dégage dans "Des rires qui s'éteignent" et la maîtrise de son écriture, placent Philippe Lacoche aux premiers rangs des auteurs en Picardie et parmi les écrivains les plus marquants et novateurs ... d'ailleurs.


 

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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 23:27

contrat.jpgLa France s’est enrichie,  durant ces trente dernières années - et plus que tout autre pays de l’Union Européenne - d’un développement incontestable  du processus de décentralisation de ses politiques culturelles.

L’élan de ce nouveau « échiquier »  relatif à la culture locale,  a largement reposé sur une exigence de contractualisation entre l’Etat et les collectivités locales.

La territorialisation de l’ensemble de ces politiques a pareillement contribué à revigorer la qualité des corrélations et les échanges,  des collectivités entre elles.

 Aujourd’hui, l’action culturelle publique se trouve à une croisée des chemins.

- Quelles stratégies politiques faut-il imaginer, à l’orée de cette nouvelle décennie, pour consentir aux territoires un nouvel élan et davantage d’autonomie, en matière de culture ?

- Quel(s) accord(s) inédit(s)  conviendra-t-il de concevoir et mettre en œuvre,  entre l’Etat, les collectivités territoriales et les acteurs culturels locaux ?

- Avec quels moyens ?

- À l'égard de quelles compétences nouvelles ?

- Comment aussi l’amplification des enjeux européens et internationaux viendra-elle à s’insérer dans l’ensemble de ces problématiques nouvelles  liées  au renforcement de la culture dans nos territoires ?

- Dans cette ultime « tribune » de l’année, vous pouvez exprimer ici, si vous le désirez,  vos propres idées, vos impressions, vos attentes aussi en matière de renouveau, ainsi que vos propositions.

Bonnes fêtes de fin d’année à vous toutes et tous et un sincère remerciement  pour votre indéfectible assiduité à ces pages.  A l’année prochaine.

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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 11:06

reseaux-locaux-2.jpgL’action culturelle de demain devra indubitablement, pour réussir,  s’accomplir à la dimension des territoires. La volonté des acteurs locaux de construire un mouvement transversal engendre, aujourd’hui, des pratiques insoupçonnées dans le domaine social, artistique, culturel et éducatif certes, mais également, économique.

 

Ces influences inattendues marquent un désir de renouveau quant à la médiation et à l’intervention publique.

 

Aussi, les décideurs politiques locaux s’associent nettement à ces processus récents.

 

En nous détournant, même brièvement, de nos procédés usuels de moyennes ou grandes agglomérations, nous pouvons observer, avec intérêt, que bon nombre de petites collectivités (ainsi que le milieu rural) sont fréquemment en avance dans ces dynamiques originales, relatives à  la construction et à la mise en réseau d’actions favorables au développement de tout un territoire.

 

L’imagination, l’aptitude au dialogue, à l’échange et à la mutualisation des moyens de ces collaborations efficaces s’appuient sur la force structurante générée par le réseau.

Ces « mosaïques », petites par la taille, mais très puissantes par l’intelligence partenariale ont une influence croissante. Elles nous forcent - à bien des égards - à réviser certains préconçus nourris à leur encontre.

 

Ainsi si votre action culturelle se déploie dans le cadre de ce contexte innovant et relatif à l'élan de(s) réseau(x) en milieu rural ou dans de petites communes, vous êtes ici appelés, si vous le souhaitez,  à exprimer votre analyse et votre expérience sur les problématiques suivantes :

 

- Essor culturel local et attractivité des territoires ;

- Conversion de la culture à la jonction des régions rurales ;

- Innovations et  stratégies culturelles : impact sur la croissance locale ;

- Maillages efficients  des « acteurs » régionaux de la culture ;

- L’Intercommunalité et son déploiement culturel ;

- Contiguïtés entre l’élu de la culture et le développement local ;

- Les initiatives artistiques et leurs relations au concept de  « pays ».

 

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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 10:09

Innovation culturelle et créativitéLe discours des élus en termes de développement des connaissances culturelles et artistiques a aujourd’hui changé. Il semble singulièrement favoriser l’idée de l’accession, pour le plus grand nombre, à des offres très diversifiées, novatrices et inventives à la fois.

 

Cependant les projets des villes en la matière, à la fois généreux et volontaristes (où la thématique de l’accès de tous à la culture semble continuellement privilégiée), peuvent amener à une relecture plus fouillée dévoilant, quelquefois, une toute autre  visée.

 

Une intention beaucoup plus ambitieuse et stratégique consisterait à renforcer une propension à l’essor de chaque territoire distinct, grâce à ces nouveaux rôles - ou enjeux - attribués à l’art et à la culture.

 

La difficulté consiste donc à bien percevoir le rôle de la culture (par ses facultés créatives), dans l’invention efficace de nouvelles formes de croissance du territoire.

Il faut, de plus, considérer sa capacité à s’associer pleinement aux politiques spécifiques de médiation culturelle et artistique, et enfin évaluer sa cohérence avec le caractère économique, urbain, touristique, éducatif, et social du terrain.

 

Savoir déterminer aussi et avec exactitude, le rôle précis des populations locales dans ces  objectifs.

 

Etre capable de susciter durablement, en matière d’action culturelle, de réelles ambitions  inventives, incitant au développement et à la qualité du degré « participatif »  de chaque ville.

 

Si vous le souhaitez, réagissez à ces interrogations, en partageant ici votre propre expérience locale, votre analyse, voire vos réserves quant aux thématiques suivantes :

 

-       Le développement culturel peut-il contribuer au développement local et rendre ainsi une ville plus attrayante ?

-       Les innovations en matière  de politiques  culturelles, artistiques voire sociales,  concourent-elles à rendre une  ville plus créative ?

-      Quels  « contrats »  inédits doivent, selon vous,  être proposés à l’ensemble de la population pour soutenir et développer une meilleure participation ?

-       La recherche artistique a-t-elle un rôle à jouer ?

-       Lequel selon vous ?

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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 22:45

création et artiste dans la villeLa présence de l’art, de la recherche artistique et, conséquemment, celle de l’artiste au cœur du territoire, se coordonnent aujourd’hui autour d’une multitude d’orientations très diverses : actions permanentes ou limitées dans le temps (cas des « résidences ») ; tonitruantes par l’éclat tapageur - et parfois un brin bing-bling - de la « star » qui les impulse ; ou le plus souvent modérées, voire modestes par la simplicité anonyme de l'action d’un artiste local. Toutes ces initiatives, en pertinence avec les besoins du terrain, témoignent d’un authentique changement en matière d’offre culturelle ou artistique, à l’échelle locale.

Par ses intentions et ses créations, l’artiste participe activement à la structuration de notre sensibilité esthétique, à notre réceptivité inventive et au témoignage de notre propre expérience du monde dans lequel nous évoluons.

Inlassablement, l’artiste est celui qui favorise l’éveil et la qualité du lien social entre générations et classes sociales. Il participe, en outre, à une meilleure réflexion, au décloisonnement et au partage entre publics natifs d’horizons géographiques distincts.

Ses propositions artistiques favorisent d'ailleurs l’éclosion d’une mémoire collective qui unit les habitants.

Il encourage la compréhension et un meilleur partage d’une culture commune.

Abandonnant enfin les pratiques, par trop primaires et surannées, de « consommation de produits culturels » d’hier, les élus avec la complicité de leurs responsables culturels locaux, prescrivent aujourd’hui largement la participation de l’artiste dans des projets de création, de diffusion et de recherche artistique propices à rassembler les habitants, les médiateurs culturels, les travailleurs sociaux, les éducateurs, le monde associatif, sans oublier les enseignants…

Cependant, l'appétit grandissant pour ces « commandes ad hoc » exige principalement du créateur une capacité, plus prégnante encore, à travailler en synergie avec l’ensemble des acteurs de la vie locale, requérant de l’artiste une prédisposition (encore balbutiante) au dialogue et à l’ouverture.

Cela ne va pas toujours de soi.

Ainsi, comment l’artiste intègre-t-il ces nouvelles règles relationnelles dans son travail de création dans la ville ?

 

Exprimez librement ici, si vous le souhaitez, vos commentaires, vos avis, vos recommandations, vos éclaircissements ou encore vos expériences d’artistes, d’élus ou de programmateurs culturels, susceptibles de renforcer le débat et les échanges autour de cette problématique culturelle liée au service public.

 

-         En quoi le rapprochement avec le territoire modifie-t-il la pratique de l’artiste, la recherche et la création artistique ?

-          Quelles nouvelles relations se créent aujourd’hui entre artistes et public ?

-          Entre créateurs et élus locaux ?

-          Entre artistes et agents territoriaux chargés de la mise en œuvre de l'aménagement et du développement local de la culture ?

-         Aussi, comment mieux consolider, appuyer, soutenir et accompagner durablement les démarches artistiques, innovantes ou émergentes, dans le territoire ?

-          Avec quelle « contractualisation » ?

-          Avec quelles formations ?

-          Avec quels moyens ?

-          Avec quels outils d’évaluation ?

 

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6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 11:04

mobilité artistiqueLa mobilité artistique se compose d’enjeux différents : faire circuler le spectacle vivant dans un contexte concurrentiel tendu ; harmoniser la relation complexe entre œuvres et publics diversifiés ; contribuer, grâce à la multiplication de ces expériences d’échanges,  à un enrichissement pour les équipes artistiques et à la  stimulation de la mise en réseaux de leurs productions  …

Par conséquent, de nouvelles problématiques liées aux facteurs multiples de la mobilité se révèlent aujourd’hui : notamment comment envisager, à partir de leur lieu d’implantation, le déplacement des œuvres, des spectacles et des équipes de créateurs ; ou bien encore, l’urgence - ou non - de concevoir des passerelles de création et de diffusion à travers les différents territoires.


Par ailleurs, comment  considérer aujourd’hui l’évolution de la mobilité artistique à l’échelle locale, régionale, interrégionale, nationale, voire internationale ?

Quelles implications et quelles nouvelles responsabilités pour les élus et pour les directeurs des affaires culturelles ?

 

Exprimez ici, si vous le souhaitez, votre avis autour les problématiques suivantes :

 

-    La mobilité géographique constitue-t-elle un réel avantage à la création  artistique ?

-    Le nomadisme artistique représente-t-il réellement un enjeu culturel majeur, sinon une richesse,  pour l’ensemble du territoire ?

-  Comment élus et directeurs des affaires culturelles peuvent-ils favoriser le développement de ces pratiques d’ouverture artistique ?

-     Avec quels moyens ?

-     Quel type d’accompagnement prévoir, au sein des différents échelons territoriaux, pour les créateurs et pour les artistes ?

-    Quelles nouvelles formations faut-il concevoir et mettre en œuvre, aujourd’hui, pour favoriser ces nouvelles mobilités géographiques des œuvres et de leurs  interprètes ?

 

 


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29 novembre 2010 1 29 /11 /novembre /2010 11:24

culture-et-societe.jpgDe plus en plus denses sont aujourd’hui les reproches qui s’élèvent contre la violence d’une économie basée sur les uniques prérogatives, abusives  et égoïstes, du capitalisme et du matérialisme effrénés.

A ces croyances fondées exclusivement sur un individualisme exalté et rompu à  l’insensibilité pour les plus fragiles d’entre nous, semble se substituer une économie de la connaissance basée principalement sur la propagation et la transmission la plus étendue des savoirs conçus en tant que  biens immatériels.

Quel rôle la culture peut-elle jouer pour favoriser ainsi l’avènement  alternatif d’une société de la connaissance qui garantisse la transmission la plus diffuse, comme la diversité,  les savoirs ?

Si le développement de sociétés de la connaissance semble être l’indispensable vecteur d’avancées économiques et sociales innovantes et davantage équitables, le « commerce » des savoirs ne constitue-t-il pas une menace pour leur diversité ?

Ce « négoce » ne risque-t-il principalement de favoriser l’essor de connaissances techniques et scientifiques au détriment des cognitions ou plutôt, des savoir-faire populaires locaux ?

A l’ère de la tant exaltée - ou exécrée -  mondialisation, ces questionnements généraux créent beaucoup d’anxiété dans la plupart des  territoires restreints : ils redoutent que la « normalisation » des pratiques ne parvienne à araser leurs identités  cognitives  et culturelles  caractéristiques et, si spécifiquement,  patrimoniales.

 

 

Pour aborder ces problématiques et favoriser un débat élargi autours ces enjeux sociétaux qui nous guettent, vous pouvez exprimer ici, si vous le souhaitez, vos idées, vos aperçus ainsi que vos représentations personnelles et les enjeux, que la culture revêt dans la société aujourd’hui :

 

-     Quel rôle la culture peut-elle jouer pour exhorter l’avènement d’une société de l’éducation et de la connaissance préservant davantage le partage, comme la diversité, des savoirs ?

-     En quoi la culture peut-elle concourir à la détermination d’un nouveau modèle social plus généreux de l’économie ?

-     Comment comprendre le rôle de la culture dans l’explication des politiques éducatives de demain et de la gestion économique du savoir ?

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23 novembre 2010 2 23 /11 /novembre /2010 10:57

réseaux culturelsEntre décentralisation et réforme des collectivités territoriales, les acteurs culturels locaux restent très attentifs aux changements qui les attendent.

Une incertitude due également à l’éparpillement actuel du secteur culturel hexagonal.

Malgré cela, nombreux sont les professionnels de la culture et les élus locaux qui augurent que l’avenir est à une Europe des échanges culturels.

Une situation idoine à mieux favoriser les contributions réciproques, les coopérations et les mobilités artistiques et culturelles.

Par ailleurs, on enregistre actuellement un nombre grandissant de dispositifs dits de « jumelage » et portant sur : l’éducation, l’économie, la prévention, la formation professionnelle, la santé, le tourisme, les services, etc.

Des cadres d’action explicites et bien mieux organisés et plus exigeants que par le passé, dont les collectivités territoriales s’efforcent, aujourd’hui, de déployer durablement et en groupement avec d’autres communes européennes.

Toutefois, rares encore sont les partenariats internationaux qui disposent d’un volet culturel clairement identifié et s’inscrivant dans une logique structurée de « réseau ».

Et pour cause : l’éclectisme dissonant des intérêts des acteurs culturels interroge à ce jour quant à la capacité de représentation, de légitimité et d’influence des réseaux culturels et artistiques européens et de leur prédisposition à travailler conjointement.

Or pour gagner, ces pratiques doivent pouvoir non seulement se professionnaliser mais également être capables de se déployer à l’extérieur de leur élémentaire périmètre d’action.

Se révéler qualifiées aussi pour dialoguer avec des autorités locales de  plus en plus sensibles aux prérogatives, à l’importance et à l'intérêt de la mutualisation des pratiques artistiques et culturelles conçues et mises en œuvre dans une logique qualitative de service public, opérant dorénavant dans une efficace logique de « réseau ».

 

Ainsi l’éclosion significative de ces réseaux culturels sera-t-elle capable de dégager une vision stratégique capable de dépasser le repli actuel des territoires ?

Sera-t-elle en mesure d’apporter aux institutions une dimension communautaire capable d’encourager la richesse du dialogue interculturel et la construction d’une prochaine politique européenne de la culture qui peine, pour l’instant, à s’affirmer ?

En quoi l'avènement et la multiplication de ces réseaux constitueront-ils des relais congruents et appropriés pour les acteurs culturels locaux ?

La Commission Européenne sera-t-elle capable en définitive, d’outrepasser à terme les intentions annoncées par l’Agenda Culturel adopté en 2007 afin de donner, à l’Europe, l’ambition culturelle qui fait malheureusement aujourd’hui défaut à son projet ?

 

Exprimez ici, si vous le souhaitez, votre sentiment relatif à :

 

La mobilité artistique et culturelle en Europe ;

L’action culturelle de l’Union Européenne ;

Le dialogue interculturel communautaire ;

Les Echanges culturels internationaux ;

Les espaces culturels et artistiques européens ;

Quel mode de fonctionnement et quelle utilité des réseaux communautaires ?

       

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16 novembre 2010 2 16 /11 /novembre /2010 12:34

 Politiques-culturelles.-Reforme.jpgUne nouvelle réforme de la décentralisation, issue des travaux conduits par la  Commission Balladur, est prochainement attendue.

Cette annonce vient toutefois ajouter une appréhension supplémentaire.

En effet, à un moment où la crise financière mondiale et les lourdes gênes pèsent sur les collectivités, la pérennisation des politiques culturelles territoriales est davantage fragilisée.

Les collectivités ont présenté jusqu’à aujourd’hui leur capacité à bâtir de véritables et ambitieuses politiques culturelles incitant, notamment, au développement des territoires.

Une nouvelle étape de la décentralisation peut-elle, aujourd’hui, être reconnue comme une opportunité pour engendrer un nouveau partenariat entre l’Etat et les collectivités territoriales, mais aussi entre les collectivités territoriales elles-mêmes ?

 

-     Quelle nouvelle péréquation des compétences en matière de culture ?

-     Quels seront les financements à venir pour les politiques culturelles et quels seront leurs rôles dans l’inédit « échiquier » territorial qui nous attend ?

-     Comment envisager la coopération des territoires en matière de politiques culturelles ?

-      Quelles nouvelles corrélations se dessineront demain entre la finance et la culture ?

-     Quel partenariat sera à réinventer demain pour la coopération culturelle des territoires en Europe et à l’International ?

 

Vous pouvez exprimer librement ici vos réactions, vos aperçus, vos expectatives ou encore vos craintes, en la matière. 


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Published by Sisyphe - dans Voix Libre
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