Blog d'un Directeur des Affaires Culturelles consacré aux problématiques de la mise en oeuvre de l'action culturelle territoriale.
Dans ces temps instables, il est toujours souhaitable de ne pas trop participer à l’ambiance ordinaire qui a tendance à conduire à la l’acrimonie générale.
Une fois que l’on a pris la température ambiante, il est nécessaire de se construire, avec un peu de recul, une bulle d’attente.
Cette bulle à l’avantage de protéger de la contagion et surtout de ne pas aggraver le mouvement qui n’a que trop tendance à s’autogérer dans le mauvais sens.
Notre monde culturel est en mutation. Il est bon qu’une structure soit en mouvement car sans cette évolution permanente il n’y a plus de vie.
Mais en ce moment cette évolution - du service public en général et du secteur culturel en particulier - ressemble davantage à une révolution.
Une révolution qui ne donne pas son nom, qui se prépare doucement avec sans cesse des hésitations comme si elle n’était pas sûre d’elle-même.
C’est de ce sentiment d'incertitude diffus que peuvent éclore nos crises identitaires liées au devenir de notre profession de Dac.
Dans la territoriale les esprits sont chagrins.
Nous recueillons sans cesse des critiques sans pour autant avoir une proposition de rechange.
Les nombreuses crises que la France traverse en ce moment, ne font qu’accentuer ces troubles, ces ambigüités.
Sans doute de telles périodes sont-elles nécessaires pour faire avancer notre société.
Il faut dire que dans notre pays, ces « avancées » se font, parfois, par bonds, voir par de féroces révolutions ….
Il faut composer avec la mentalité qui est la notre et rechercher, si possible, d’en atténuer les mauvais cotés.
Reste que les cadres territoriaux ont en ce moment, bien du mal à faire face.
Quand ils ne sont pas eux-mêmes dans le tourbillon, ils n’aspirent qu’au calme et à la sérénité, facteurs indispensables d’une qualité du service public qui semble bien compromise actuellement.
Bref, pour comprendre ce que la sphère politique attend de nous, nous avons besoin de points de repère clairs.
Comment en somme, emprunter des nouvelles voies, indispensables au changement, sans se résoudre à quitter les anciennes certitudes qu’aujourd’hui nous immobilisent ?
Ce travail doit être facilité par une nouvelle conception du service public spécifique à l’offre culturelle dans le territoire.
Une conception renouvelée de notre métier qui ne mette pas nos valeurs en cause par de simples recommandations qui n’indiquent que des procédures à suivre sans s'abstenir d'expliquer clairement leur intérêt dans notre transformation professionnelle.
Nous devons pouvoir repenser notre métier avec ceux qui ont la charge aujourd'hui de produire des réformes et pouvoir dire ce que nous pensons et ce dont nous avons besoin en ayant, enfin, l’impression que quelque chose peut en être retenu.
Pour conceptualiser une nouvelle offre culturelle intrinsèque à un service public de qualité et assurément adossée à nos pratiques d’aujourd’hui, il faut que nous puissions entrevoir clairement le gain ainsi que nos réelles aptitudes face à l’épreuve demandée pour avoir le choix entre le futur et le passé et choisir le futur.
Pour le moment nous oublions le passé, nous ne savons rien du futur et nous avons un avis sur tout ...
On sera beaucoup plus riches à plusieurs et les solutions acceptées dans le consensus seront bien plus faciles, pour nous et pour nos équipes, à mettre en œuvre demain.