Blog d'un Directeur des Affaires Culturelles consacré aux problématiques de la mise en oeuvre de l'action culturelle territoriale.
Aujourd’hui, dans la plupart des échanges qui animent les débats des professionnels de la culture en France, une thématique tout particulièrement fait controverse.
Quelles sont les origines et les évolutions possibles des métiers culturels ?
Ces questions intérpellent avec force les enjeux stratégiques du devenir du secteur culturel et participent efficacement à impulser les mutations qui attendent notre profession.
Il s’agit ainsi de bien définir la véritable idée et le sens de cette évolution spécifique aux métiers culturels en les intégrant dans les notions des territoires, des réseaux et de la coopération.
Ce choix relève de deux constats complémentaires.
D’une part, la poursuite de la décentralisation qui, en donnant plus de poids aux collectivités territoriales, implique de relancer la réflexion sur l’orientation des politiques culturelles.
D’autre part, la transformation des modes d’intervention publique à partir de dispositifs comme, par exemple, celui de la politique de la ville, ou des différentes procédures administratives, comme la création des "pays", ou encore les déploiements des l’intercommunalités, articulés au renouvellement des problématiques du développement local (et durable), et qui conduisent, eux aussi, à reconsidérer les modes d’action. Dans ce contexte, les politiques publiques attendent de la culture qu’elle assume bien des missions et plus celles particulièrement dédiées à :
A ce titre, il devient nécessaire de lier la réflexion sur l’art, la culture et le territoire afin de donner du sens aux actions ainsi qu’une cohérence eu regard de tout un territoire.
Dans cette perspective de changement, il s’agit également de sortir d’une simple définition administrative du territoire, qui constitue aussi une limite des actions entreprises, pour re-penser non seulement les métiers culturels en termes de territoire « vécu », mais assurément aussi du territoire « du projet ».
La question des métiers secoue donc positivement l'ensemble de la communauté professionnelle.
Elle est non seulement bénéfique, mais également nécessaire.
Les besoins de médiation culturelle d'aujourd’hui sont déterminés par les contraintes de l’action sur un territoire et par la multiplicité des logiques que cette action amène à confronter.
Il convient donc de comprendre quels sont les différents métiers de la médiation culturelle liés au territoire (agent de développement local, animateur du patrimoine, porteur de projet dans le cadre associatif…) et quelles sont, ensuite, les compétences nécessaires pour agir.
Enfin, l’organisation politique définit des périmètres de l'action (communaux, intercommunaux, départementaux ou régionaux) et les acteurs culturels recrutés dans ce cadre doivent en tenir compte, même s'ils sont parfois contraints par cette limite administrative et politique.
Comment « l’opérateur culturel » parvient-il donc à concilier les logiques de réseau (professionnel) et de territoire (local) ?
Comment parvient-il à développer des coopérations régionales, interrégionales, voir euro-régionales… ?
Le dépassement des limites administratives fait apparaître actuellement de nouveaux besoins et de nouvelles compétences.
Le défi est lancé.
Il s’agira pour l’ensemble de la profession culturelle, non seulement de relever ce challenge, mais également de conforter solidement la durabilité et la qualité des services rendus à la population en matière de culture et d’éducation pour mieux les réussir ensuite.